Saint-Joseph

34 000 hab. (Saint-Joséphois) dont 460 à part, 17 850 ha, commune du sud-est de la Réunion, divisée en deux cantons. La ville est sur la côte à l’embouchure de la rivière des Remparts et à la pointe de la Cayenne, 18 km à l’est de Saint-Pierre sur la N 2. Sa population croît: 25 800 hab. en 1990, 30 800 en 1999. Son nom, tardif comme le peuplement de cette partie de la Réunion, vient du prénom du gouverneur de Souville (1781-1785); le village a été créé en 1785 par un botaniste qui proposait aux agriculteurs victimes de la crise de la production du café de se tourner vers celle des épices. La commune est la plus méridionale de la Réunion, et donc… de France et d’Europe, si l’on met à part les Terres Australes, qui sont d’ailleurs dépourvues de commune.

Son territoire occupe 14 km de côte entre la ravine Manapany et la ravine Basse Vallée, dite aussi Vallée Heureuse. À l’ouest, l’anse de Manapany (nom malgache évoquant des chauves-souris) offre une belle plage fréquentée et bordée par les maisons de Manapany-les-Bains: on peut y voir un jardin tropical et des geckos verts, rares ailleurs. Vers l’est, l’urbanisation est dense tout le long de la N 2, et jalonnée par les petites agglomérations de Langevin, prolongée par la pointe de ce nom et qui reçoit les ravines Langevin et Jupiter, et de Vincendo, dont la pointe Marcellin s’avance en mer au débouché de la ravine Vincendo, à l’ombre des vacoas.

Le territoire communal s’étend sur plus de 20 km vers le nord. Il est profondément défoncé par ces ravines, qui viennent des pentes du Volcan et ne laissent entre elles que d’étroits lambeaux de plateaux inclinés vers la mer, ce qui explique les contours compliqués du parc national dans ce secteur des Remparts. Côté ouest, la profonde entaille de la rivière des Remparts, où un sentier de grande randonnée permet d’accéder au refuge de Roche Plate puis à la plaine des Cafres, est dominée en amont par la crête des Remparts, ancienne paroi d’un premier grand cratère du Volcan. Elle laisse au sud-ouest un plateau cultivé et bon producteur de lait et de volailles, d’où descend la D 3 (Plaine des Grègues, les Lianes) et où l’on produit du safran indien (curcuma).

Saint-Joseph accueille à Plaine des Grègues un «village créole», une Maison du Curcuma et une fête annuelle du safran en novembre, ainsi qu’une Paillotte à Parfums. Le curcuma, nommé safran des Indes ou safran Bourbon, est une épice volontiers confondue avec le safran et de même couleur mais, à l’opposé du safran, c’est la racine de Curcuma longa, une zingibéracée, qui est employée en cuisine et qui sert de base au curry; par l’intermédiaire du sanskrit, le mot vient du persan kurkum désignant le safran.

Entre rivière des Remparts et rivière Langevin, le plateau s’étrécit jusqu’à une simple crête au Serré (panorama), au nom évocateur, avant de s’élargir un peu dans le terroir peuplé de Grand Coude, autre «village créole» où sont entretenus un labyrinthe végétal parmi les théiers, ainsi qu’un sentier botanique; les cultures de géraniums et de théiers dominent. Au nord, cet étroit plateau mène au morne Langevin (2 315 m), qui domine le cirque du Grand Pays, puis au haut plateau dit «plaine» des Remparts, que traverse la petite route du Volcan; l’oratoire Sainte-Thérèse y est juché à 2 427 m.

La rivière Langevin offre de nombreux sites de cascades et de bassins et la marine Langevin est connue localement pour son petit port de pêche aux bichiques, petits alevins gris très appréciés et coûteux. Côté est, la planèze est plus large (5 km) entre la rivière Langevin et la Basse Vallée, et l’habitat a pu s’y étaler, avec des cultures de canne et de gingembre, mais il fait place à la forêt dès 700 m. La rivière Langevin alimente l’une des cinq centrales hydroélectriques de l’île, installée en 1961 sous conduites forcées mais dont la puissance n’est que de 3,6 MW et qui peut fournir 10 GWh/an; sa vallée permet d’accéder au Volcan par un sentier balisé. La limite nord-est de la commune atteint le grand cratère du Volcan et culmine à 2 435 m (piton Chisny).

Saint-Joseph fut un haut lieu de la culture du giroflier; on y soigne le vétiver, surtout à Manapany-les-Hauts où fonctionne une distillerie, tandis qu’un atelier de tressage et cannage du vétiver se voit à Bézaves (fête annuelle). La commune cultive aussi des arbres fruitiers (avocats, litchis) et propose un jardin des Orchidées. Elle a trois lycées et trois collèges publics, dont un collège et un lycée à Vincendo, un lycée professionnel agricole et horticole public; elle est dotée d’un établissement du centre hospitalier du Sud de la Réunion et d’une unité de soins de longue durée, une clinique privée, une maison de retraite. Saint-Joseph a aussi une école de musique et de danse, un Centre régional des arts du feu (travail du basalte, de la céramique et du verre) avec résidences d’artistes. Le nombre d’«actifs» sans emploi est élevé (6 400 contre 5 900 ayant un emploi, 5 200 emplois étant présents dans la commune). Le maire est Patrick Lebreton, socialiste, également député de la Réunion, ancien conseiller général, secrétaire d’administration. Riche site municipal http://www.ville-saintjoseph.fr.

Le vétiver

Vetiveria zizanioïdes, est une plante de l’Océan Indien et de Chine, qui s’est répandue dans de nombreux pays tropicaux. Elle est cultivée surtout sur les pentes du sud-est de la Réunion et spécialement à Saint-Joseph. Les racines fournissent une huile essentielle contenant du vétivène, utilisé pour la parfumerie et certaines thérapeutiques: il est recommandé pour les affections de la peau notamment l’acné et, réputé tranquillisant, il apporte relaxation et apaisement. On le retrouve souvent dans les savons et produits cosmétiques, ainsi que dans l’industrie alimentaire où il sert de conservateur (http://www.huiles-essentielles.tv/huiles_essentielles/vetiver.html).