Saint-Pol-sur-Ternoise

5 400 hab. (Saint-Polois) dont 220 à part, 824 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement d'Arras. C'est le centre traditionnel du Ternois. La vieille ville est au nord de la rivière, les extensions récentes et sportives sont au sud. Saint-Pol conserve des vestiges et fossés des château neuf et du vieux château dont un reste de donjon du 11e s., un hospice du 18e s., et offre un musée d'art et histoire dans une ancienne chapelle des Sœurs noires et le jardin des Carmes, ainsi qu'une petite brasserie-écomusée. Elle a une gare et une bifurcation ferroviaire; la D 939 (ex-N 39) et la D 816, plus la N 41 vers Béthune, s'y croisent. La ville est dotée d'un collège public et un privé, de deux lycées publics dont un professionnel, d'un hôpital local (230 lits dont 20 médicaux); institut médico-éducatif (55 places), polyclinique (180 sal., 100 lits), maison de retraite. Cependant, le tribunal d'instance figure sur la liste des établissements a été supprimé en 2010.

Les industries agro-alimentaires dominent l’activité, avec la grosse usine des viandes et charcuteries Herta (900 sal., groupe allemand) ; celle des produits laitiers Ingredia (230 sal.), issue d’une usine de la coopérative laitière d’Arras devenue La Prospérité fermière et qui, installée en 1964, fait du séchage et du crackage du lait pour en extraire des protéines (marque Lactium) ; celle des viandes du groupe Bigard-Coopérative agricole de l’Amiénois (170 sal.). Les autres productions sont de moindre taille : emballages Maquet (50 sal.), réseaux et canalisation Duffroy (70 sal.), maçonnerie Descamps Lombardo (90 sal.).

Saint-Pol a deux supermarchés, Intermarché (55 sal.) et Carrefour (30 sal.), et des agences des entreprises de travail temporaire Adecco (160 sal.) et Leader Intérim (70 sal.). La ville avait 3 500 hab. au début du 19e s., 4 000 en 1906, 5 000 en 1954 et a culminé à 5 800 hab. (sdc) en 1952. Elle a perdu des habitants ensuite, dont 150 depuis 1999. Elle est le siège de la communauté de communes du Saint-Polois, qui groupe 43 communes et 15 000 hab., soit presque exactement le canton.

Le canton a 15 500 hab., 42 communes, 22 216 ha dont 1 262 de bois. Saint-Michel-sur-Ternoise (960 Saint-Michellois, 597 ha), nommée Agnez-Grandcamp avant le 13e siècle, prolonge l'habitat de Saint-Pol en amont dans la vallée qui s'étrécit; elle accueille un négoce de quincaillerie (Ferragut, 45 sal.), une entreprise de forages (Coquart, 30 sal.) et deux centres d'aide par le travail. Le nom était simplement Saint-Michel jusqu'en 1905; la commune avait 400 hab. à cette date; sa population a crû de 1950 (500 hab.) à 1975 (950 hab.) puis s'est stabilisée.

Roëllecourt (620 Roëllecourtois, 942 ha) est encore en amont, à 5 km à l'est du chef-lieu et abrite un centre de vacances dans un ancien château; sa population augmente depuis 1962 (320 hab.). Ramecourt (330 Ramecourtois, 809 ha dont 158 de bois) est également une banlieue de Saint-Pol, dans un vallon très encaissé au sud-ouest, qui contient le hameau de Pronay et le bois de Belieul, un château du 18e s. avec parc et un jardin-pépinière A. Breuwart; coopérative agricole du groupe Unéal (60 sal.).

Vers l'aval, l'occupation de la vallée de la Ternoise est quasi continue, les maisons se succédant au pied des deux versants. Gauchin-Verloingt (910 Gauchinois, 592 ha) est jointive de Saint-Pol; elle se distingue par une métallerie Deligny (30 sal.), la vieille ferme de la Tétuse, et le centre psychothérapique du Ternois, unité extra-hospitalière de l'EPSM Val de Lys-Artois. La population communale progresse depuis les 380 hab. de 1962; elle s'est accrue de 60 hab. entre 1999 et 2010.

Puis on passe à Hernicourt (500 Hernicourtois, 985 ha), à 4 km au NO de Saint-Pol, à Wavrans-sur-Ternoise (220 Wavransois, 481 ha) à 5 km; mais le finage d'Hernicourt entoure presque celui de Wavrans car il a absorbé les hameaux de Sautrecourt et de Saint-Martin en aval de Wavrans, et de Béthonval dans un vallon affluent de rive droite. Hernicourt a un parc à l'anglaise Botanica sur 4 ha, rebaptisé la Maison aux Fleurs; sa population a augmenté de 70 hab. entre 1999 et 2010. Le finage de Wavrans se limite aux basses collines de rive gauche; la commune a une église du 16e s., la ferme de Curel (18e s.); son nom a été précisé en 1899.

Cinq autres communes sont sur le plateau au nord de la Ternoise. Troisvaux (300 Trivalois, 618 ha) est un petit village-rue à 3 km au nord de Saint-Pol, qui a pour annexe au nord la tête du vallon de Belval, où sont les restes de l'abbaye de Belval, en partie relevés et abritant des cisterciennes trappistines vendant leurs produits artisanaux et fromages à la bière. Brias (310 Briasois, 774 ha), dont le nom s'écrivait Bryas avant 1997, est à 5 km au NE du chef-lieu sur la route de Béthune et a une gare à l'intersection de la voie ferrée et de la N 41, ainsi qu'un château du 19e s. agrémenté d'un beau parc de 100 ha, qui abrita un temps le quartier du maréchal Foch, et lors de la Seconde Guerre le commandement de la Luftwaffe. La population de ces communes avait peu changé depuis un demi-siècle; mais Brias vient de gagner 70 hab. (1999-2010).

Un peu plus loin au nord-est sur la route de Béthune, à 6 km de Brias, Diéval (790 Diévalois, 1 200 ha) est une commune enclavée, presque séparée du reste du canton sauf par la N 41, et dont la population longtemps assez stable a tout de même gagné 120 hab. de 1999 à 2010; elle a une ferme apicole qui propose un jardin floral et un musée de l'abeille. Ostreville (280 Ostrevillois, 388 ha) est à 5 km ENE du chef-lieu, Marquay (170 Marquaysiens, 347 ha) à 8 km à l'est.

L'espace de plateau au sud de Saint-Pol est morcelé en un grand nombre de communes minuscules, toutes plus peuplées au 19e s. qu'aujourd'hui. Ligny-Saint-Flochel (250 Linéens, 523 ha) est la plus éloignée à l'est, à 8 km du chef-lieu; son clocher-porche est du 15e s.; la N 39 et la voie ferrée y suivent la vallée de la Ternoise, très étroite et peu encaissée près de sa source; menuiserie Debret Escaliers (45 sal.). Foufflin-Ricametz (130 Foufflinois, 300 ha) est à 7 km ESE de Saint-Pol, Ternas (140 Ternasiens, 251 ha) 1 km plus loin, à une ancienne source tarie de la Ternoise.

Maisnil (260 Maisnilois, 514 ha), Neuville-au-Cornet (70 Neuvillois, 228 ha), Monts-en-Ternois (50 Montois, 353 ha), Moncheaux-lès-Frévent (140 Montcellois, 392 ha) et Buneville (180 Bunevillois, 384 ha) se partagent le secteur sud-est. Moncheaux a deux manoirs du 17e s.

Herlin-le-Sec (180 Hellinois, 386 ha), Hautecloque (220 Hautecloquois, 684 ha), Framecourt (110 Framecourtois, 228 ha), Écoivres (110 Écoivrois, 222 ha) et Nuncq-Hautecôte (410 Nuncquois, 664 ha) s'échelonnent le long de la D 916 ou à ses abords, au SSO de Saint-Pol, à 3, 5, 7, 8 et 10 km respectivement. Herlin accueille un négoce de matériel agricole Centroc (Sica Artois-Ternois, 35 sal.). Écoivres a un château du 18e s. avec un beau parc. Hautecloque a un château du 19e s. et son finage comprend à l'est les hameaux de Sains (paroisse absorbée en 1790) et de Petit-Houvin.

La commune jouxte à l'ouest la petite Herlincourt (120 Herlincourtois, 295 ha), qui conserve un manoir du 18e s. Nuncq et Hautecôte sont deux villages distincts, qui ont fusionné en 1972; la commune a un arboretum. Un peu à l'est de Nuncq, les deux villages de Sibiville (100 Sibivillois, 735 ha) et Séricourt (60 Séricourtois, 245 ha) ne font qu'un dans un petit vallon qui descend vers la Canche à Frévent, mais conservent leur distinction de communes; Séricourt a un ensemble de jardins.

Trois communes bordent le canton au sud-ouest. Flers (190 Flersois, 530 ha) est un village-rue de plateau à 10 km au sud-ouest de Saint-Pol, qui a une église du 15e s. et un château de brique et pierre avec parc (18e et 19e s.). Juste à l'ouest, Blangerval-Blangermont (100 Blangervalois-Blangermontois, 461 ha) forme une rue de deux villages, l'un à la tête d'un vallon tributaire de la Canche, l'autre sur le plateau au-dessus; ils ont été réunis en 1972. Linzeux (170 Linzois, 471 ha), à 12 km OSO de Saint-Pol, est à la tête du vallon qui rejoint la Canche à Fillièvres.

Héricourt (110 Héricourtois, 495 ha) est en arrière des trois précédentes, à 8 km au sud-ouest du chef-lieu sur le plateau. Elle est très proche de Croisette (320 Croisettois, 764 ha), qui est à 8 km de Saint-Pol et dont le finage est un peu plus étendu; le jardin Marie-Ange y est proposé à la visite. Guinecourt (19 Guinecourtois, 224 ha), qui eut 80 hab. en 1836, est à 2 km à l'ouest de Croisette; manoir du 18e s. Œuf-en-Ternois (260 Eussiens, 875 ha), un peu plus à l'ouest, offre un jardin des Collines; le curieux nom pourrait venir d'un od germanique, désignant un domaine. Tous ces menus villages étaient nettement plus peuplés au milieu du 19e s.

Les communes du nord-ouest du canton ont des accès commodes aux villes par la N 39 (D 939) qui relie Saint-Pol à Hesdin et Montreuil. Siracourt (230 Siracourtois, 314 ha) et Croix-en-Ternois (320 Cruciens, 662 ha) sont les plus proches du chef-lieu, à 6 km, de part et d'autre de la route à quatre voies. Siracourt porte les traces d'un énorme blockhaus de la guerre, qui devait servir aux V2 et a été copieusement bombardé. Croix a un château du 18e s. avec parc, et un circuit d'essais d'automobiles de 1 900 m créé en 1973, qui est animé par une école de pilotage et admet des compétitions de formule 3; il appartient au patron de la brasserie Gayant de Douai (P. d'Aubreby); Autocars Artésiens (30 sal.). Le nom de la commune de Croix-en-Ternois a été précisé en 1936; la commune a gagné 60 hab. de 1999 à 2010.

Beauvois (120 Beauvoisains, 268 ha) est à 3 km à l'ouest de Siracourt. Humières (220 Humiérois, 681 ha) est également au sud de la route, mais tout près, à 11 km à l'ouest de Saint-Pol, et le hameau du Bout-Haut a servi de relais sur la route; château des 18e et 19e s. avec parc. Pierremont (280 Pierremontois, 614 ha) est à 8 km ONO du chef-lieu, et formée de deux rues distinctes, Pierremont au sud et Libessart au nord. Bermicourt (180 Bermicourtois, 553 ha) est à 2,5 km à l'ouest, et contient un château de Hautecloque, avec parc. Elle est suivie par Humerœuille (150 Humerœuillois, 323 ha), 1 km plus loin à l'angle NO du canton, qui a aussi un château du 17e s. avec parc et y ajoute un jardin botanique arboré et une fête horticole annuelle. Toutes ces communes ont perdu des habitants depuis 150 ans et sont à leur palier minimal, mais on note quelques regains: Croix-en-Ternois et Bermicourt ont progressé entre 1999 et 2007.