Sancerre

1 800 hab. (Sancerrois) dont 160 à part, 1 627 ha dont 243 de bois, chef-lieu de canton du Cher dans l'arrondissement de Bourges, 45 km au NE de la préfecture. La bourgade, jadis un oppidum gallo-romain, et dont le nom est le même que celui de sa voisine Saint-Satur, mais altéré, est juchée sur un piton au milieu des fortes collines qui bordent la Loire. Ce fut une place huguenote; elle a conservé de nombreuses maisons et ruelles anciennes, des restes de remparts et une esplanade, un beffroi et une tour des Fiefs (14e s.). Elle a un collège public et un hôpital local (5 lits médicaux, 280 en tout).

Elle est surtout connue pour son vignoble d'appellation, dont la solidité historique fut fortement redevable aux expéditions par la Loire, ainsi qu'aux moines de Saint-Satur; l'AOC sancerre blanc a été obtenue en 1936 pour 14 communes et 3 600 ha, dont 2 700 en production: près de 2 000 ha sont en sauvignon, produisant 132 000 hl par an (et un record de 21 millions de bouteilles en 1998); une AOC sancerre rouge et rosé a suivi en 1959, pour 500 ha de pinot noir (24 000 hl en rouge, 8 000 en rosé); cependant, le pinot noir est le plus ancien cépage, et le sauvignon n'a été introduit qu'après le phylloxéra. L'ensemble intéresse 400 déclarants et 600 salariés au total; les terroirs sont calcaires à l'ouest, de pierres calcaires (caillottes) et argilo-siliceux à l'est, ce qui introduit des nuances; les deux cinquièmes de la production sont exportés. La commune de Sancerre est la principale de son vignoble, avec 636 ha de vignes déclarées. La Maison des Sancerre a reçu 28 000 visiteurs pour la première année de son ouverture, en 2005. De l'ensemble des caves, émergent le domaine Henri Bourgeois (45 sal.), le domaine du Moulin Granger (Br0chard, 250 sal.), celui du château de Sancerre (groupe Grand-Marnier, 25 sal.), le domaine Fouassier (20 sal.).

Sancerre, par son hameau de Chavignol, un ancien village de vignerons un peu à l'ouest dans les collines, est également l'éponyme de l'AOC de fromage de chèvre dite crottin de Chavignol. Le nom n'a pas de rapport direct avec les chèvres: il vient du crot, ancienne petite lampe à huile ronde dont il rappelait la forme. L'appellation, obtenue en 1976, s'étend aux trois cinquièmes des communes du Cher et déborde dans la Nièvre et le Loiret; 300 producteurs (et 300 salariés) livrent annuellement 20 millions de fromages; la production enregistrée est de 1 250 t, ce qui en fait la première spécialité fromagère de la région. Le premier fournisseur local est la maison Dubois-Boulay (25 sal.).

Sancerre a une imprimerie d'étiquettes (20 sal.), un supermarché Carrefour (50 sal.). La population communale a culminé à plus de 3 800 hab. en 1891, avant de baisser jusqu'à moins de 2 100 en 1931; après une légère reprise, décline lentement depuis 1954.

Le canton a 9 900 hab. (9 800 en 1999), 18 communes et 29 678 ha dont 4 456 de bois. Il est riverain de la Loire et, de ce fait, limitrophe du département de la Nièvre entre Pouilly-sur-Loire et Cosne. Saint-Satur (1 700 Gordoniens, 786 ha dont 226 de bois), au pied de Sancerre, double presque la population de l'agglomération. Elle s'était établie à l'emplacement de Gordon, dont le nom d'origine gauloise évoquait des fortifications, ce qui explique le nom des habitants. On y voit des restes de l'abbaye originelle, une abbatiale gothique qui fut le premier monument historique officiel du Cher (1839). La commune est «station verte de vacances» et offre un golf, un port de plaisance, un ancien grand viaduc courbe de 1893 désaffecté en 1968. Elle a un pont sur la Loire menant à la gare nivernaise de Tracy-sur-Loire. Elle accueillait une fonderie Fass (Fonderies et Ateliers de Saint-Satur, 140 sal.), mais celle-ci a fermé en 2009. Restent un négoce de matériel agricole (Maréchal, 20 sal.); travaux publics Robineau (35 sal.), traitement des eaux de la Saur (25 sal.), un Intermarché (35 sal.), une maison de retraite. Elle n’a cependant que 68 ha de vignes. Parmi les viticulteurs, émerge le domaine Laporte (35 sal.). Saint-Satur a eu une population fluctuante, mais sans grands changements au cours des deux derniers siècles; elle a tendance à baisser depuis 1982.

Juste au sud, Ménétréol-sous-Sancerre (380 hab., 567 ha) est un village pittoresque à maisons anciennes et rues escarpées, avec 74 ha de vignoble; halte nautique sur le canal et, dans le lit de la Loire, l'île Bayard; la commune a dépassé 1 100 hab. au milieu du 19e s. mais sa population est stable depuis 1980. À 4 km au NO de Sancerre, Verdigny (290 hab., 499 ha) cultive 410 ha de vignes et a un musée de la vigne et du vin depuis 1986; sa principale entreprise est la viticulture Fournier (20 sal.). Un peu plus au nord, Sury-en-Vaux (730 Surycéens, 1 582 ha) est une commune viticole (407 ha de vignes) et un site de tourisme aérien (ULM); église du 13e s., matériel vinicole Alabeurthe (35 sal.), maison de retraite; la commune a eu 1 800 hab. à la fin du 19e s. et s'est dépeuplée jusqu'en 1975.

Tout au NE sur le canal latéral, à 8 km NNE de Sancerre, Bannay (780 Bannaisiens, 2 503 ha dont 906 de bois), proche de Cosne, a une halte nautique et un petit musée dit jardin du tisserand; mécanique et métallerie (Mdcab, 25 sal.). La commune n'a presque pas de vigne; elle contient le grand bois de Charnes, qui domine la Loire, et l'aqueduc de la Chotarderaie (années 1930) où le canal latéral à la Loire franchit le cours de la Belaine, qui conflue avec la Loire à Bannay.

Dans l'arrière-pays sont quatre communes. Menetou-Râtel (500 hab., 2 801 ha dont 230 de bois), 8 km au NO de Sancerre, a un atelier de plastiques Plasti Tremp (35 sal.) et 77 ha de vignes; elle a eu plus de 1 400 hab. autour de 1870 et s'est dépeuplée depuis, du moins jusqu'en 1999.

Sens-Beaujeu (430 Sembeljoutains, 2 154 ha), 9 km à l'ouest de Sancerre, domine le cours de la Grande Sauldre et son finage atteint à l'ouest la côte couronnée par la forêt de Beaujeu, mais il n'a pas de vigneron et pas beaucoup de bois; le château de Beaujeu est des 16e, 18e et 19e s. La population communale avait dépassé 1 400 hab. autour de 1860 et déclinait depuis, mais elle vient de gagner une bonne quarantaine d'habitants de 1999 à 2007. Crézancy-en-Sancerre (510 Crézancyniens, 1 892 ha) et Bué (360 Buétons, 630 ha) sont sur les pentes du vigoureux talus du Sancerrois exposées au sud. Crézancy, devenue «en Sancerre» en 1954, a eu plus de 1 700 hab. au 19e s. et s'est régulièrement dépeuplée jusqu'en 1999; elle héberge un négoce agricole (Vitagri, 25 sal.) et cultive 306 ha de vignes; Bué en compte 498 ha.

Dans la partie méridionale du canton, Veaugues (670 hab., 2 792 ha dont 767 de bois) est à 10 km au sud-ouest de Sancerre et son territoire englobe le bois de Veaugues; on y cultive 45 ha de vignes; institut médico-éducatif pour enfants handicapés, centre d'aide par le travail. Vinon (270 hab., 1 801 ha dont 300 de bois), 6 km au sud de Sancerre, n'a que 24 ha de vignes, et un couvreur (Bonnin, 35 sal.); le village est, comme Veaugues, dans la petite vallée sinueuse du ru de Planche-Godard, qui atteint la plaine de la Loire à Saint-Bouize (320 hab., 1 497 ha dont 490 de bois), 7 km SSE de Sancerre. Saint-Bouize a une église des 12e-13e s. et, au sud, l'imposant château de la Grange, ou Lagrange-Montalivet, des 16e et 17e s. Feux (350 Feuxois, 2 746 ha dont 459 de bois) est à l'extrême sud du canton, à 13 km de Sancerre et 10 km de Sancergues, et dépourvu de vigne comme la précédente; elle a eu plus de 1 000 hab. durant toute la seconde moitié du 19e s. mais sa population reste stable depuis 1970.