Sarthe (département de la)

département au nord-est de la région des Pays de la Loire, qui a pour préfecture Le Mans; les sous-préfectures sont La Flèche et Mamers. Le territoire mesure 6 206 km2. Formé pour l'essentiel à partir du Mans et coïncidant à peu près avec l'ancienne province du Haut-Maine, il comprend 40 cantons et 375 communes, regroupées en 32 communautés de communes et la communauté d'agglomération du Mans. Il comporte cinq pays officiels, la Haute-Sarthe au nord-ouest, le Val de Sarthe au sud-ouest, le Val du Loir au sud, le Perche sarthois à l'est, Le Mans au centre, plus une fraction du pays d'Alençon tout au nord. La Sarthe a pour voisins la Mayenne et le Maine-et-Loire, ainsi que l'Orne en Basse-Normandie au nord, et trois départements de la région Centre: l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et l'Eure-et-Loir.

La majorité des élus cantonaux sont de droite; le président du Conseil général est Jean-Marie Gervaux, UMP, élu du canton du Mans-Nord-Ville, ancien député. Quatre des cinq députés sont UMP, l'autre est socialiste; les trois sénateurs sont UMP. La population du département est passée par un premier maximum assez précoce (475 000 hab. en 1846) avant de chuter et de descendre au-dessous de 385 000 hab. en 1931: elle a repris depuis, passant par 490 000 hab. en 1975, 530 000 en 1999. Les estimations pour 2009 sont de 561 100 hab. Cette croissance est due pour l'essentiel à un solde naturel positif, mais le solde migratoire est également devenu positif, quoique faiblement.

C'est que la Sarthe appartient d'une part à l'Ouest intérieur de la France, qui y conserve ses traditions de fécondité élevée et de disponibilité en main-d'œuvre féminine, de l'autre part à la périphérie du Bassin Parisien et à sa couronne de villes attractives. Le Mans y est en position centrale et puissante, au carrefour de la grande radiale de Paris vers l'ouest, et de la grande couronne de villes, désormais mieux reliées entre elles depuis l'achèvement de l'autoroute A 28 vers Alençon (et Rouen, Le Havre et Caen) au nord, vers Tours au sud. La radiale, en outre, diverge à partir du Mans, vers Laval et Rennes d'un côté, vers Angers et Nantes de l'autre, une alternative renforcée par les autoroutes (A 81 et A 11) et par les voies ferrées, dont le nouveau TGV Atlantique. Cela fait autour du Mans une étoile à cinq branches majeures, complétées par la voie vers Orléans (N 157) et des radiales mineures vers le nord de la Mayenne et vers le Perche.

Le territoire départemental s'étend presque entièrement sur les plateaux et plaines de bordure du Bassin Parisien. Seule une frange, au nord-ouest, est sur les premières croupes du Massif Armoricain, du côté des Coëvrons; à ses paysages appréciés accidentés par le coude de la haute Sarthe, s'ajoutent les bois du petit massif avancé et isolé de Perseigne. Le nord du département est ainsi varié et pittoresque, fait de petites unités distinctes puisqu'il comprend aussi une partie de la banlieue et de la plaine d'Alençon. Il est de coutume de considérer comme un ensemble paysager, au centre du département, le grand Y dessiné par la vallée de la Sarthe, d'abord nord-sud puis, en aval du Mans, NE-SO jusqu'à Segré, et par son affluent la vallée de l'Huisne entre Connerré et Le Mans; cet ensemble est le plus urbanisé et le plus industriel, ce qui ne l'empêche pas de rassembler des bois et de beaux sites, dont le plus connu est celui de Solesmes.

Vers l'ouest, en avant des bocages du massif ancien, s'étendent les champagnes ouvertes et bien cultivées des abords de Conlie et des paysages variés de l'extrême bordure du Bassin Parisien; Loué s'y est fait une place originale dans l'élevage de volailles. Le sud du département relève de ce que l'on nomme habituellement le Val du Loir, le mot «val» étant ici pris dans un sens très large: en fait la vallée encaissée et pittoresque du Loir, qui associe petites villes et beaux châteaux et a même quelques vignes, est déjà quasi tourangelle et d'ailleurs dominée au sud par les paysages boisés de la Gâtine tourangelle. Entre Le Mans et le Loir s'étendent des paysages non moins boisés, mais surtout en résineux, adaptés aux sables détritiques qui recouvrent les bas plateaux calcaires entre Sarthe et Loir; seul le petit Belinois y fait comme une clairière plus ouverte sur des terrains moins siliceux. Le sud-est et l'est du département sont également plus ouverts, et bien cultivés sur les plateaux crétacés, en dépit de la fréquence des placages d'argile à silex: le Calaisien y annonce le Vendômois, le Perche Saosnois entre Huisne et Perseigne est moins herbager que le Perche normand.

Hors du Mans, ville très dominante en son département, ces campagnes n'ont pour les servir que des bourgades: Mamers n'est qu'une bien discrète sous-préfecture, d'ailleurs plutôt éclipsée par le marché de La Ferté-Bernard. Au nord, Alençon attire toute une partie du département, dont elle est limitrophe. Seules La Flèche et surtout Sablé, au sud-ouest, ont plus de vigueur et d'industrie, mais dans un environnement de marche entre Maine, Anjou et Touraine, dont les campagnes se dépeuplent encore; et leurs activités de production, caractéristique de l'Ouest des bas salaires et du travail féminin, sont relativement fragiles et instables.

Le département de la Sarthe est le plus boisé de la région des Pays de la Loire (109 000 ha, 18% de la surface), moins par les forêts de Perseigne et des Coëvrons que par les pinèdes des sables et des gâtines. Il est aussi le plus céréalier, comme pour marquer son appartenance au Bassin Parisien (140 000 ha sur 270 000 ha de labours). Pourtant, le département est aussi celui de la région qui a le plus de prairies naturelles (140 000 ha) et les produits animaux (480 M€ par an) l'emportent largement sur les produits végétaux (280 M€ dont 100 pour les céréales) dans le bilan annuel de l'agriculture; cela tient en partie à la faiblesse relative des cultures fourragères, et à la place éminente de l'aviculture (150 M€, contre 115 aux produits laitiers).

Évidemment, comme ailleurs, cela représente peu dans un produit brut départemental annuel de 12 milliards d'euros, le troisième de la région, largement assis sur l'agglomération mancelle. Le Mans fait à peu près jeu égal avec Angers au second rang de la hiérarchie urbaine régionale, mais le reste du département est moins urbanisé que le Maine-et-Loire. L'arrivée du TGV et l'achèvement des autoroutes en font un nœud attractif et de plus en plus associé à l'expansion parisienne, assez loin finalement de la capitale régionale.