Séderon

290 hab. (Séderonnais), 2 030 ha dont 439 de bois, chef-lieu de canton du département de la Drôme dans l'arrondissement de Nyons, 65 km ESE de Nyons dans les Baronnies, à 810 m. Le village est dans une cluse par laquelle la Méouge, affluent du Buech coulant vers l'est, tranche un crêt tourné vers le sud et dominant la combe anticlinale de Séderon. Vers l'est, le relief monte à 1 484 m à la montagne de Palle, crêt qui ferme la combe de Séderon; le col de la Pigière (968 m) permet d'accéder au bassin du Jabron et à la Durance. Le village avait plus de 700 hab. dans la première moitié du 19e s. et s'est dépeuplé jusqu'en 1990, sans guère reprendre depuis; conserves alimentaires Topoulie (25 sal.). Séderon est le siège de la communauté de communes des Hautes-Baronnies, qui groupe 10 communes (1 300 hab.).

Le canton a 2 000 hab., 18 communes, 36 158 ha dont 10 220 de bois; il est limitrophe à la fois des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence et du Vaucluse; comme celui de Nyons, il tire parti des vergers, des oliviers, des lavandes, des tilleuls et des plantes aromatiques et il est marqué par les directions est-ouest des principaux reliefs. Mais il est un peu plus haut, et réputé assez froid en hiver. Le large val synclinal qu'emprunte la Méouge, juste au nord du chef-lieu, sert d'axe principal au canton. À Villefranche-le-Château (21 Villefranchais, 742 ha dont 255 de bois, à 832 m), dont le statut de villefranche lui fut octroyé par les seigneurs de Mévouillon au 13e siècle, se tient encore fin juillet une foire au tilleul. La mention «le Château» date de 1920. Dans la commune dispersée de Mévouillon (210 Mévouillonnais, 2 909 ha dont 737 de bois), 7 km au NO de Séderon à 840 m, se dresse la butte (1 179 m) qui porta le château de Mévouillon, l'un de ceux qui furent à l'origine des «Baronnies»; il n'en reste que quelques maigres ruines. La commune a eu près de 800 hab. au 19e s.

Aulan (5 hab., 1 055 ha dont 207 de bois), 8 km plus loin par la route et à 9 km ONO de Séderon à vol d'oiseau, à 746 m, est à l'entrée d'une clue qui tranche la montagne du Buc (1 442 m), mont anticlinal dans le prolongement de la combe de Séderon; le Toulourenc s'y infiltre vers le sud en direction de Montbrun. Le gros château féodal d'Aulan, restauré, abrite en été des spectacles. La commune a eu plus de 170 hab. au 18e s.; elle est passée au-dessous de 50 en 1914 et en compte 4 en 2006.

Au nord du canton, les communes de Montguers (56 Montguerrois, 1 106 ha, à 650 m) et de Montauban-sur-l'Ouvèze (90 Montalbanais, 3 229 ha dont 800 de bois, à 720 m) sont bien mieux reliées à Buis-les-Baronnies qu'à Séderon. Elles se situent dans un bassin synclinal fermé à l'est par la montagne de Chamouse (1 532 m), qu'une petite route héroïque parvient difficilement à traverser au col de Perty (1 302 m), d'où l'on a une vue superbe. Montauban, «sur l'Ouvèze» depuis 1920, à la source de l'Ouvèze, est l'autre grand lieu féodal des Baronnies, dont le château a disparu; sa population, qui fut supérieure à 500 hab. dans la première moitié du 19e s. et a décliné jusqu'en 1982 (80 hab.), a gagné 30 hab. de 1999 à 2005… Montguers propose une maison des arômes comme musée des parfums des plantes des Baronnies.

À l'est du canton, le village de Lachau (230 Chaupatiens, 2 578 ha dont 839 de bois), dans une petite plaine au bord de la Méouge, a une chapelle classée, dite Notre-Dame du Calme. Le relief y monte au sud-est à 1 537 m à la Montagne du Pied du Mulet, l'un des plus hauts sommets des Baronnies drômoises à la limite des départements des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute-Provence. Lachau a eu 900 hab. en 1856 et sa population s'est à peu près stabilisée depuis 1960. Au sud-est, le canton fait une avancée dans les Alpes-de-Haute-Provence en incluant la petite commune de Montfroc (57 Montfrocois, 1 476 ha dont 579 de bois), qui est sur le Jabron à 700 m, touche à la montagne de Lure et dont la population s'est hissée à 80 hab. en 2006 (540 hab. en 1831). Barret-de-Lioure (48 Barretiers, 3 464 ha dont 1 045 de bois), 7 km au SO de Séderon, est un beau village juché à 900 m et dont le territoire atteint au sud la haute montagne d'Albion (1 414 m), qui prolonge la montagne de Lure; comme celle-ci, il marque l'apparition de la puissante couche de calcaires urgoniens du plateau d'Albion.

Montbrun-les-Bains (430 Montbrunois, 3 326 ha dont 937 de bois), 15 km OSO de Séderon, est la commune la plus peuplée du canton. Le village, perché et étagé, vers 600 m, au confluent du Toulourenc et de l'Anary, couronné par les ruines de son château féodal, fait partie des «plus beaux villages de France». Il est riche en vieilles maisons à contreforts et arcades et en restes de fortifications. Le Toulourenc, qui vient d'Aulan au nord, y prend brusquement une direction ESE-ONO en empruntant un sillon tectonique au pied du Ventoux; au sud, la clue morte pittoresque du Gour des Oules est empruntée par la route vers Sault. La station thermale de Montbrun, la seule de la Drôme, a connu quelques vicissitudes mais semble avoir été relançée avec succès, obtenant récemment des agréments pour la rhumatologie, après les cures respiratoires; l'établissement a été confié en 1997 à la Compagnie européenne des bains; un village de vacances (VVF) accompagne les cures et Montbrun a plus de résidences secondaires (270) que de principales (220). La maison Reynaud fabrique des huiles essentielles pour parfums et emploie 75 personnes. La mention «les Bains» a été ajoutée en 1887; Montbrun avait alors 1 300 hab. et sa population a décliné ensuite jusqu'en 1960.