Selles-sur-Cher

4 700 hab. (Sellois), 2 574 ha, chef-lieu de canton du Loir-et-Cher dans l'arrondissement de Romorantin-Lanthenay, 18 km au SO de Romorantin. Le centre-ville, compact, est sur le lobe d'un petit méandre du Cher, rive gauche. Il est flanqué d'un ancien château fort des 10e et 13e s. remanié aux 16e et 17e s. et offre un musée du Val de Cher. Une ancienne abbaye de bénédictins, avec des éléments du 12e s., est utilisée par la mairie, l'ancien château de Clamecy (16e s.) par une école privée; ancien couvent d'ursulines (17e s.); canal déclassé du Berry.

Selles est dotée d'un collège public et d'un hôpital local (20 lits médicaux, 220 en tout) et d'une maison de retraite. Elle avait une grosse usine de fournitures sanitaires, près de la voie ferrée Tours-Bourges et de la N 76, mais celle-ci a beaucoup réduit ses effectifs: restent les Céramiques de Touraine (120 sal., sanitaires), et un atelier d’assemblage de sanitaires (Allia, 70 sal.); chaudronnerie ATCS (70 sal.), mécanique AMS (20 sal.), meubles de cuisine Fève (25 sal.), imprégnation de bois RCH (25 sal.); travaux publics RVS (30 sal.), supermarchés U (65 sal.) et Carrefour (25 sal.), transports Bailly Guémon (50 sal.).

Selles-sur-Cher est le centre d'une appellation de fromage de chèvre obtenue en 1975, étendue à la Sologne occidentale dans trois départements, et le siège du syndicat; l'AOC selles-sur-cher est représentée par des disques de 150 g, cendrés à la poudre de charbon de bois; 3 fabriques et 16 fermiers en produisent 700 à 800 t/an. La commune cultive aussi 86 ha de vignes. Selles-sur-Cher a eu jusqu'à 4 800 hab. au 19e s., moins de 3 500 au creux des années 1950; sa population est remontée à 5 000 hab. (sdc) en 1982, puis s'est légèrement tassée, perdant encore une centaine d'habitants de 1999 à 2006. La ville est le siège de la communauté de communes Cher-Sologne, qui déborde un peu du canton (9 communes, 11 800 hab.), et du pays Vallée du Cher et du Romorantinais.

Le canton a 11 300 hab. (10 800 en 1999), 8 communes et 23 679 ha dont 9 206 de bois; il comporte au sud une fraction de la vallée du Cher, avec Selles et, plus à l'est, Gièvres, ainsi que la basse vallée de la Sauldre, qui conflue avec le Cher juste en aval de Selles. Au nord, il s'étend en Sologne. Tout au nord, Mur-de-Sologne (1 300 Murois, 5 050 ha dont 2 789 de bois), est à 12 km NO de Romorantin; beau château de la Morinière (16e s.) au NO, de brique et pierre avec douves, entre le Grand Étang et l'étang de la Grisonnière; château de Fondjouan (19e s.) au sud, avec hôtellerie (20 sal.) et centre de vacances; emballages plastiques Air Forme (40 sal.), traitement d'ordures ménagères Soccoim (70 sal.). La commune, nommée simplement Mur jusqu’en 1893, a culminé à 1 400 hab. en 1911 puis sa population s’est abaissée à 920 hab. en 1968, avant de remonter un peu; elle a gagné près de 100 hab. de 1999 à 2007.

Soings-en-Sologne (1 500 Sotomagiens, 3 530 ha dont 698 de bois), 7 km plus à l'ouest et à 17 km au nord de Selles, est au centre d'un prospère bassin agricole, en partie à la faveur de dépôts de faluns (vergers, fraises, asperges), et cultive 231 ha de vignes. L'entreprise Marionnet emploie 35 personnes au domaine de la Charmoise (vins, pépinières), étendu sur 60 ha et qui s'est fait une spécialité de vins de cépage. Le finage contient également les châteaux des Pins et de Chanteloire, des 19e-20e s., des fermes protégées, plusieurs étangs dont le lac de Soings, de surface variable, considéré comme plan d'eau naturel. Soings s'est nommée «en Sologne» en 1919; sa population a peu varié durant le 20e siècle mais s'est accrue de 200 hab. entre 1999 et 2007.

Au centre, Billy (820 Billois, 2 647 ha dont 748 de bois), 5 km au nord de Selles-sur-Cher, a une église des 10e-11e s. et un château des 16e et 18e s., deux entreprises de bâtiment (Lévêque, 35 sal., Loir et Cher Ravalement, 30 sal.); son finage est limité au sud par la Sauldre. Gy-en-Sologne (520 hab., 3 592 ha dont 1 837 de bois), 8 km au nord de Selles, a un musée d'agriculture et nature à la Locature de la Straize, et plusieurs fermes protégées; travaux publics (Barilleau, 20 sal.); son nom était seulement Gy jusqu'en 1933; elle a gagné 70 hab. de 1999 à 2007.

Un peu au NE, Lassay-sur-Croisne (240 Lasséens, 1 692 ha dont 997 de bois), 15 km au NE du chef-lieu, a une église classée du 15e s. et s'orne à l'ouest du château du Moulin, ancien château fort transformé à la fin du 15e s. et repris au 20e s., à douves, en appareil losangé de briques rouges et noires, et nanti d'un jardin d'agrément avec conservatoire de la fraise. Lassay, qui n'est sur Croisne que depuis 1916, a aussi d'autres châteaux comme les Places (19e-20e s.) au sud-est du village, la Motte (17e, 18e et 19e s.) à l'est, ainsi que les grands étangs Bézard (49 ha), de Paris et Neuf. Sa population semble s'être accrue de 60 hab., un tiers, entre 1999 et 2007.