Sentein

150 hab. (Sentenois), 5 918 ha dont 2 000 de bois, commune de l'Ariège dans le canton de Castillon-en-Couserans, 12 km au SO du chef-lieu dans la vallée du Lez à 730 m. C'est la plus grande commune du Biros. Son territoire se divise entre les deux vallées de l'Isard à l'ouest et du Lez à l'est. La première monte jusqu'au pic de Crabère (2 529 m), sur la frontière et à la limite de la Haute-Garonne. Le fond de cirque est occupé par le superbe lac d'Araing, qui a été rehaussé en 1911 par un barrage et occupe 32 ha, à 1 965 m; profond de 23 m, il peut stocker 8,5 Mm3; aux abords à 1 965 m, grand refuge Husson du Club Alpin, métallique, aménagé en 1975 (52 places). La seconde est beaucoup plus large et mène au Maubermé (2 880 m), que le port d'Urets (2 512 m) sépare du pic de l'Homme (2 713 m). De part et d'autre, les limites du cirque sont au pic de Serre Haute à l'ouest (2 713 m), au Mail de Bulard à l'est (2 750 m).

Dans le cirque ont été exploitées plusieurs mines de plomb et de zinc, surtout celle de Bentaillou à 1 900 m, en activité de 1850 à 1955 et encore accessible par une route de montagne. Le minerai était concassé et traité au hameau d'Eylie, qui en est devenu le Bocard d'Eylie - on appelait bocard, du nom de son inventeur, l'appareil qui servait à pilonner le minerai pour le concasser, et qui était mû par la force hydraulique. C'est aussi dans ce cirque qu'ont été découverts la grotte de la Cigalière et le gouffre Martel, l'un des plus profonds d'Europe, qui porte le nom d'Édouard Alfred (E.A.) Martel (1859-1938), explorateur et savant, considéré comme «le père de la spéléologie».

Cirque et vallée ont été équipés pour la production hydroélectrique; l'usine d'Eylie a une puissance de 28 MW et produit 36 GWh/an; elle reçoit ses eaux par conduite souterraine du lac d'Araing, et du haut barrage d'Urets. Le village de Sentein a une église des 15e-16e s. à tour carrée romane et clocher octogonal, et des restes d'une enceinte fortifiée à trois tours; village de vacances (260 places), un camping, 250 résidences secondaires sur 365 logements. La commune a eu plus de 1 500 hab. en 1806 et encore 1 300 en 1906; la chute a été très accusée après la dernière guerre (960 hab. en 1936).