Seuil-d'Argonne

520 hab., 2 544 ha dont 779 de bois, chef-lieu de canton du département de la Meuse dans l’arrondissement de Bar-le-Duc, 29 km au NNO de la ville. Son nom indique bien sa position aux frontières de la Champagne et de la Lorraine, mais la commune est dans la plaine humide au sud du massif de l’Argonne, au confluent de l’Èvre et de la Marque, petits affluents de l’Aisne, et le seuil n’est nullement topographique. Le nom, d’ailleurs, est récent: il a été choisi à l’occasion de la fusion de Pretz (50 hab.), Senart (90 hab.) et Triaucourt-en-Argonne (530 hab., contre 1 060 en 1881) en 1973, nommée Triaucourt simplement jusqu'en 1947. La population a diminué depuis la fusion, d’autant que Pretz s’en est retirée; la LGV Paris-Est passe juste au nord du village de Triaucourt.

Le canton, rebaptisé en 1972 à partir de Triaucourt-en-Argonne, jadis Triaucourt, a 1 900 hab., 13 communes, 20 190 ha dont 5 773 de bois; il canton est dépourvu de collège. L’Aisne fixe la limite de la commune et du canton à l’ouest du village. limitrophe du département de la Marne, il est traversé à l’est par la vallée de l’Aire et mord au nord-ouest sur le massif d’Argonne. La partie proprement argonnaise, formée par le massif forestier correspondant à l’affleurement résistant de la gaize, est presque toute entière dans la commune de Beaulieu-en-Argonne (36 hab., 2 956 ha dont 2 789 de bois), minuscule village perché 6 km au nord du chef-lieu, mais qui avait dépassé 500 hab. dans les années 1830. Le relief y monte à 295 m à l’est, au sommet de la côte d’Argonne; un petit étang et l’ermitage de Saint-Rouin en font un but de promenade réputé.

Juste à l’est a été découvert le site archéologique de Waly, à l’angle même du massif argonnais, sur un promontoire montant à 303 m et d’où l’on domine toute la plaine drainée par l’Aire; le village de Waly (60 hab., 620 ha dont 177 de bois) est juste au pied, à 6 km NE de Seuil-d’Argonne. Lavoye (170 Lopins, 1 002 ha dont 245 de bois), sur l’Aire à 4 km au NE de Waly, a une petite fabrique de ferronnerie et matériel agricole (Pérard, 25 sal.).

Au sud-est du canton, des fusions de communes se sont traduites par de nouveaux noms un peu recherchés. Beausite (300 hab., 2 541 ha dont 406 de bois), 12 km à l’est de Seuil-d’Argonne, n’a pas hésité à l’autosatisfaction, tout en jouant sur les mots puisque l’un des quatre villages fusionnés, le principal, se nommait Beauzée-sur-Aire; les autres sont Amblaincourt, Deuxnœuds-devant-Beauzée et Séraucourt. Beauzée est le siège de la communauté de communes de Triaucourt-Vaubecourt (24 communes). La commune a reçu une partie du grand parc éolien dit de la Voie Sacrée (5 des 27 éolienens du parc), au sud de Beauzée.

Les Trois-Domaines (120 hab., 1 649 ha dont 328 de bois) 18 km à l’est du chef-lieu sur le plateau des Bars ont voulu rappeler qu’ils furent trois villages à s’unir en 1972, Issoncourt (86 hab. alors), Mondrecourt (27 hab.) et Rignaucourt (32 hab.); ils sont tous au pied de la côte des Bars; Issoncourt, qui fait figure de centre, est traversé par la N 35 de Bar-le-Duc à Verdun, qui est une partie de la Voie sacrée. C’est là, au pied de la côte qu'a été nstallée en 2007 la gare «Meuse» de la ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Est, à mi-chemin de Verdun et de Bar-le-Duc mais, pour ainsi dire, en rase campagne. Pretz-en-Argonne (65 hab., 989 ha), qui avait fait partie du nouveau Seuil-d’Argonne en 1973 sous le nom de Pretz, mais qui est relativement éloignée à 7 km ESE du chef-lieu Triaucourt, a repris son indépendance en 1989, ajoutant à l'occasion l'Argonne à son nom.