Sollacaro (Suddacaro)

330 hab., 2 389 ha dont 1 667 de bois, commune de Corse-du-Sud dans le canton de Petreto-Bicchisano, 13 km au SO du chef-lieu à 450 m. Elle se nommait Calvese avant 1853. Le finage occupe la large ombrée de la vallée du Taravo, allant jusqu'à sa rive gauche au nord, atteignant l'interfluve Taravo-Baracci au sud, et touchant presque à la mer à sa pointe occidentale. Elle est surtout connue pour abriter le grand et complexe gisement préhistorique et mégalithique de Filitosa. Un peu au SO, il est relayé par celui de Callanchi-Saparata Alta. La commune a consacré un musée à ces sites. Une intéressante représentation interprétée du paysage de Sollacaro, avec panorama, réalisée par Bernard Gassin, est disponible à l’adresse http://hg-gassin.chez-alice.fr/HP-sollacaro/index.htm.

Filitosa

Le site de Filitosa, classé dans le patrimoine mondial de l'Unesco, est celui d'un oppidum. Ses richesses ont été découvertes à partir de 1946 par Charles-Antoine Césari, agriculteur, et fouillées méthodiquement à partir de 1954 par René Grosjean. Elles ont permis de découvrir des témoignages de 6 000 ans d'occupation, et quelque 70 menhirs, dont certains sculptés (statues-menhirs) avec des esquisses de visages, ou des symboles, peut-être des armes stylisées. Un certain nombre ont été réemployés dans la construction des dernières fortifications.

Ces strates successives ont donné lieu à de multiples interprétations, qui ne sont pas toujours dépourvues d'arrière-pensées: il est quelquefois entendu qu'un gentil peuple «corse», d'origine indéfinie, aurait inventé la civilisation des mégalithes (4e millénaire) et l'aurait poussée jusqu'au raffinement que représentent les statues-menhirs au début du 2e millénaire; mais c'est alors, vers 1600 avant notre ère, que de méchants et puissants envahisseurs, dits Torréens, auraient brisé ces œuvres d'art pour en faire de vulgaires pierres à bâtir leurs vilaines tours rondes (torre) et leurs villages fortifiés (castelli).

C'est possible; ce n'est pas démontré, les travaux de Gabriel Camps, entre autres, prouveraient qu’il n’en est rien. Ce qui est certain c'est l'existence de menhirs et de dolmens vieux de plusieurs millénaires, et de grands alignements de pierres dressées, comme en Bretagne; de statues-menhirs, un peu partout en Corse d'ailleurs, jusqu'en Nebbio, et comme on n'en voit pas en Bretagne, sauf sous la forme tardive des menhirs «christianisés»; de torre et de castelli, comme on en voit aussi en Sardaigne; et de statues-menhirs cassées et réemployées çà et là.