Sophia Antipolis

nom attribué au parc technologique établi dans l'arrière-pays cannois et qui fut inspiré par l'image californienne de la Silicon Valley. Il est né à la fin des années 1960 d'une idée de l'ingénieur des Mines Pierre Laffitte (né en 1925), alors directeur de l'École des Mines de Paris, sénateur des Alpes-Maritimes depuis 1985 et président du groupe du Rassemblement démocratique et social européen au Sénat. La première implantation date de 1974. Le parc s'étend sur 2 300 ha de garrigues et de maigres bois partagés entre les communes de Valbonne, Biot, Mougins, Vallauris et Antibes. Son nom est formé sur Antibes (Antipolis) et sur le nom grec de la sagesse ou de la connaissance (Sophia), qui était aussi le prénom de Mme Laffitte. Lancé par un groupement privé à but non lucratif transformé en fondation en 1984, il a été fortement soutenu par l'État, le département et la région, et dès l'origine associé au développement de l'université de Nice, qui a d'ailleurs pris le nom d'université de Nice-Sophia-Antipolis (Unsa). Depuis sa création, les communes de Villeneuve-Loubet, La Colle-sur-Loup, Opio et Roquefort-les-Pins ont décidé de participer à son extension.

Le Parc est organisé en archipel dans la garrigue, divisé en plusieurs lotissements et noyaux d'activité, dispersés dans les différentes communes et réunis par un système adapté de routes, autour d'une voie dédoublée sur l'axe de Grasse à Antibes. L'échangeur autoroutier d'Antibes donne un accès direct. Il est divisé en 9 quartiers: Haut Sartoux et Garbejaïre au centre (Valbonne), Font de l'Orme à l'ouest (Valbonne), Les Bouillides au nord-ouest (Valbonne et Biot), les Lucioles au centre-est (Valbonne et Biot), Les Templiers au nord-est (Biot), les Trois Moulins au sud-est (Antibes), Saint-Bernard au sud (Vallauris), la Valmasque au sud-ouest (Valbonne et Mougins).

Le Parc s'était fixé des règles assez exigeantes en matière d'architecture, de respect de l'environnement et d'économies d'énergie. Orienté principalement vers les sciences de la santé, de l'environnement et de la communication, il affiche près de 1 300 entreprises différentes, et environ 26 000 emplois. Il a accueilli de nombreux laboratoires de recherche et des centres de formation publics et privés: outre l'université de Nice, y sont représentés notamment l'École des Mines, l'Inra (recherche agronomique), l'Inria (recherche informatique), le Cnrs (y compris pour la recherche archéologique), ainsi que des lycées et collèges. Néanmoins, tout ne relève pas des technologies les plus avancées: nombre de firmes y ont simplement établi des services plus banals d'informatique ou de traitement de l'information, comme Air France ou American Express, voire Amadeus, filiale commune de voyages aériens des firmes Air France, Lufthansa, Iberia et SAS.

Les principaux employeurs sont en informatique: Amadeus (1 250 sal.), Thales (990 sal., recherche et production sur les sonars), l'Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique, 475 sal.), Air France (450 sal.), Equant (400 sal., du groupe Orange de France Télécom), Hewlett Packard (360 sal.), Schneider Electric (330 sal.), Philips Semicard (320 sal.), Accenture (350 sal., issue du groupe états-unien Arthur Andersen), American Express (250 sal.), Atos Origin (240 sal.), Temex (240 sal., électronique), SII (Société pour l'informatique industrielle, 220 sal.), Sopra group (220 sal.), la Coframi (210 sal., groupe Akka), Steria (200 sal.); le Lissa du Cnrs (Laboratoire informatique, signaux et systèmes, 210 sal.), France-Télécom (200 sal.), la Sogeti (170 sal., groupe Capgemini), Trema (170 sal., finlandais, logiciels de gestion de trésorerie) tandis que Multimedia Market (A Novo, 200 sal.) fait de la maintenance informatique. En biosciences et pharmacie les établissements sont moins nombreux ou de moindre taille: Galderma (dermatologie, 360 sal.), l'Inra (Institut national de la recherche agronomique, 230 sal.), Genévrier (215 sal., rhumatologie), Allergan (210 sal., ophtalmologie), Organic (300 sal.) s'occupant de gestion de dossiers de sécurité sociale et relevant donc plutôt du service informatique.

Dans la formation ressortent le Centre international de Valbonne (275 sal., collège et lycée publics), l'École nationale supérieure des Mines (260 sal.), le lycée professionnel Léonard de Vinci (210 sal.). Dans d'autres domaines sont également présents parmi les gros employeurs le fabricant de petit matériel électrique Legrand (650 sal.), et des sociétés de services: un fournisseur de bureautique (La Réseautique, 430 sal.), l'agence de gardiennage Agenord Sécurité (250 sal.) ou les nettoyages Samsic (180 sal.) et GSF (180 sal.). Le Parc organise de nombreux salons, rencontres et manifestations et abrite plusieurs hôtels et lieux de rencontre.

La communauté d'agglomération Sophia-Antipolis (Casa) est un groupement intercommunal des Alpes-Maritimes associant 16 communes qui totalisent 159 400 hab. (1999) sur 26 714 ha; son siège est dans le Parc technologique, à Valbonne; mais le parc technologique n'entre pas dans sa compétence.