Strasbourg

275 100 hab. (Strasbourgeois) dont 3 900 à part, 7 826 ha dont 1 250 de bois, préfecture du Bas-Rhin et capitale régionale de l'Alsace. Partie d'un castrum romain dénommé Argentorate, la ville a été appelée Strateburgo vers 410 (le fort de la route). Elle reste célèbre comme lieu du Serment de 842, premier texte européen transcrit en langues de tous les jours. Quasi-république en 1262, elle fut une ville libre impériale, dominée par les bourgeois et les corporations. Première ville d'Alsace dès cette époque, elle eut à affronter la Décapole, mais sut tisser des liens utiles avec les grands marchands de Bavière et de Thuringe. Elle adopta la religion réformée en 1529 et ne devint française qu'en 1681.

Déjà puissante alors, et doublant sa population entre 1870 (env. 90 000 hab.) et 1914 (180 000 env.), époque où elle a reçu de considérables investissements du pouvoir allemand, Strasbourg est devenue depuis l'une des plus grandes métropoles régionales, dotée d'une dimension internationale assez exceptionnelle en France. Le Conseil de l'Europe s'y est installé dès 1949, le Parlement européen en 1958. L’équipement hôtelier (117 hôtels, 6 000 chambres) est en proportion de ces fonctions et le tramway a ajouté au prestige de la ville. La population de la commune était de 200 000 en 1954, 254 000 en 1975 (sdc), et elle continue à croître; elle aurait gagné 8 000 hab. de 1999 à 2007. La majorité municipale a plusieurs fois changé, après le long règne de Pierre Pflimlin (1959-1983). Le maire est Roland Riess, socialiste, professeur, qui avait déjà été maire de 1997 à 2000 et qui est aussi sénateur.

Le centre de la ville tient dans une grande ellipse formée par les bras de l'Ill aménagés, qui a été inscrite au Patrimoine mondial de l'humanité. Au sud-est se trouve la cité ancienne, qui a succédé à la ville romaine dont on retrouve la trace dans l'étroit et régulier quadrillage de rues autour de la place Gutenberg. La célèbre cathédrale de grès (commencée en 1015 et continuée jusqu'au 15e s.) et le palais Rohan (18e s.) trônent dans cet hypercentre, la place Kléber, bordée par l'Aubette (18e s.), y organise les échanges. De nombreuses maisons à colombage ajoutent à son charme, comme la maison Kammerzell, ainsi que d'anciens hôtels particuliers du 16e au 18e s. Vers l'ouest, quatre petits bras parallèles de l'Ill forment le quartier très visité de la Petite-France, où subsistent des ponts couverts; son nom viendrait du «mal français», nom ancien des maladies vénériennes d'un non moins ancien «bas quartier». La partie septentrionale et orientale de l'ellipse est la «ville allemande», plus solennelle, quartier bourgeois et du pouvoir où se trouvent, sur la longue place de Broglie, l'hôtel de ville et l'opéra du Rhin.

De là on passe, outre-Ill, à la place de la République avec le palais du Rhin, le théâtre et la bibliothèque nationale et, à l'est, le quartier de l'université; puis, encore plus au NE, au croisement de l'Ill et du canal de la Marne au Rhin, à l'énorme ensemble formé par le palais de l'Europe, le Parlement européen, le palais des Droits de l'Homme et le parc de l'Orangerie où se trouvent le célèbre restaurant Buerchiesel (Westermann), plus le palais de la Musique et des Congrès et le Parc des expositions. À l'est sont les installations du port autonome avec l'ancienne citadelle et le Naviscope, un pousseur du Rhin transformé en musée. Le nouveau jardin des deux rives au sud du pont de Kehl, relié par passerelle à son jumeau de Kehl, se veut un symbole de la coopération internationale. À l'opposé, côté ouest, les grands repères sont la gare et le récent musée d'art moderne et contemporain.

Le ban communal s’étire le long du Rhin sur 16 km, et sur 8 km perpendiculairement, englobant les quartiers de Cronenbourg et de Hautepierre à l’ouest, ce dernier particulièrement marqué par les difficultés sociales. Il contient au nord-est la forêt, le château et le faubourg de la Robertsau, et au sud les faubourgs de Saint-Urbain, Neudorf et Meinau, puis Neuhof et Stockfeld, les nouvelles darses du port du Rhin et la base nautique, le Polygone ainsi que l’ancien aéroport de Neuhof, des hôpitaux et une grande zone industrielle. Le territoire communal va loin vers le sud, où il atteint la limite d'Eschau en englobant le fort Hoche. Au sud-ouest, la commune contient les quartiers de Montagne Verte, Gliesberg, Murhof et Elsau. À l'ouest, il se déploie dans les grands quartiers de Kœnigshoffen, Hautepierre et Cronenbourg. En revanche, il est plus limité vers le nord, où l'on passe vite au ban de Schiltigheim.

Des «zones franches urbaines» ont été délimitées à Hautepierre et aux Cités de Neuhof et la commune ne compte pas moins de huit «zones urbaines sensibles»: au nord Cité de l’Ill (partagée avec Schiltigheim, Bischheim et Hoheim), au nord-ouest cités de Cronenbourg (grand ensemble de 58 ha, 7 400 hab.), Hautepierre (65 ha, 13 500 hab., 77% d'HLM) et Kœnigshoffen (102 ha, 12 000 hab. mais seulement 41% d'HLM), au sud-ouest Elsau-Montagne Verte (123 ha, 9 700 hab., 80% d'HLM), au sud Meinau-Canardière Est (63 ha, 7 900 hab., 87% d'HLM), au sud-est cités de Neuhof (154 ha, 11 500 hab., 83% d'HLM) et Port du Rhin (10 ha, 1 400 hab.). L’agglomération proprement dite prolonge la commune dans toutes les directions, de La Wantzenau au nord à Plobsheim au sud (24 km); sa périphérie reste marquée par une douzaine de forts, édifiés par la puissance allemande dans les années 1870 et renforcés jusqu’en 1910, puis rebaptisés après 1918 au nom de généraux français.

Grand centre universitaire, Strasbourg fait également figure de foyer culturel, célèbre par ses musées et bibliothèques comme par ses théâtres et orchestres, et a reçu un élément décentralisé de l’École nationale d’administration (ENA) dans une ancienne prison, puis l’ensemble de l’ENA. La ville avait trois universités, qui se sont regroupées en 2009. La nouvelle Université de Strasbourg a 42 000 étudiants, dont 8 600 en sciences et 7 100 en santé; 4 700 employés dont 2 700 enseignants; elle accueille en outre 1 400 chercheurs et techniciens des organismes de recherche associés.

Elle offre un panorama très complet de formations (38 composantes, 77 unités de recherche, 59 doctorats et 12 DUT), à quoi s’ajoutent des écoles d’ingénieurs, dont l’ENGEES (École nationale du génie de l’eau et de l’environnement), l'ECPM (École européenne de chimie, polymères et matériaux), et l’ENSAIS (École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg), l'ENSPS (École nationale supérieure de physique de Strasbourg), l'INSA (Institut national des sciences appliquées), l'ESBS (École supérieure de biotechnologie de Strasbourg), l'EOST (École et observatoire des sciences de la Terre) plus un Institut des Hautes études européennes, un Institut de traducteurs-interprètes, un Centre de formation au journalisme, école et institut supérieur de Commerce, écoles d’architecture et des arts décoratifs; les IUT sont à Schiltigheim et Illkirch-Graffenstaden.

Strasbourg est réputée aussi pour ses services de santé. L’hôpital civil du centre-ville dispose de 1 200 lits, le centre hospitalier de Hautepierre de 920 lits, l'hôpital gériatrique de la Robertsau de 400 lits et une dizaine de cliniques en totalisent 1 200. L'Établissement français du sang a 230 salariés, la clinique de l’Orangerie 360 (200 lits); le centre Paul Strauss a 220 lits. La ville est à la tête d'un pôle de compétitivité Innovations thérapeutiques et d'un pôle Alsace Biovalley.

La vie culturelle est des plus actives, et bénéficie d'équipements et d'animateurs de qualité: opéra, théâtre, musique classique et musiques contemporaines, arts plastiques, bibliothèques; de nombreux festivals contribuent à la réputation de la ville, notamment en musique. Strasbourg propose une douzaine de musées, dont le musée d'Art moderne, le musée Alsacien, les musées des Arts décoratifs, le musée archéologique, le musée des Beaux Arts, le musée de l'Œuvre Notre-Dame, le musée zoologique, le Planétarium de l'Observatoire au jardin botanique, le musée Tomi Ungerer.

Si la fonction de services l’emporte largement dans l’emploi, Strasbourg n’en a pas moins une solide base industrielle. À s’en tenir aux établissements de plus de 100 salariés, les principaux employeurs dans ce domaine sont dans l’automobile: General Motors, au port du Rhin depuis 1967, 1 250 sal. (boîtes de vitesses, pompes); Johnson-Roth, 430 sal.(mousse pour sièges et appuie-tête d’automobiles, états-unien également); mais la fabrique de pompes Delphi (états-unien, 400 sal.) a fermé en 2010. Dans la métallurgie et alentour, l'ancienne société des Forges de Strasbourg (Strafor) spécialiste du mobilier métallique a été vendue à l'états-unien Steelcase qui n'a plus de production à Strasbourg même; néanmoins la fabrique de cloisons Clestra-Hausermann (360 sal.) est également issue de Strafor-Facom; traitements de surface Sorral-Duferco ( 210 sal., italien), quincaillerie et fixations Fischer (110 sal.), engrenages Timken (110 sal.), équipements aérauliques Aldes (85 sal.).

Le groupe d’électricité Legrand emploie 400 personnes à la fabrication de matériel électrique (disjoncteurs). Dans d'autres domaines de production se signalent les plastiques Saplast (80 sal.), les étiquettes et emballages Bopack (100 sal.), Sanofi-Aventis R&D (90 sal.) — Transgène (vaccins) s'est transférée à Illkirch. L’édition et l’imprimerie sont présentes avec les Dernières Nouvelles d’Alsace (quotidien, 490 sal.), plus la société de portage associée (430 sal.), mais la célèbre imprimerie Didier de Kœnigshoffen a été fermée après son rachat par Québécor. Strasbourg conserve deux papeteries Stracel (280 sal., finlandais) et Lana (90 sal., groupe Hahnemuhle); une manufacture de tabac Altadis ex-Seita (190 sal.) fabrique des cigares mais est menacée de fermeture depuis plusieurs années.

L’agro-alimentaire est bien représenté, avec les brasseries Kronenbourg (350 sal.), la chocolaterie Kraft Foods du groupe Philip Morris (270 sal., marque Milka), les levures Fala (200 sal., groupe Lesaffre) et les Grands Moulins de Strasbourg (GLS, 100 sal.), les desserts du Dr Oetker (ex-Ancel, 150 sal.), les Escargots d'Alsace (Escal, 100 sal.). D'autres entreprises de production sont les cosmétiques Cosmeurop (200 sal.), fabrique passée de l’allemand Dalli au groupe suisse Clarins et qui élabore notamment des parfums pour Mugler et Azzaro, en tout 17 millions de bouteilles par an, les bitumes et dérivés pour l'étanchéification (Soprema, 190 sal., à la famille Bindschedler).

Dans le tertiaire, les emplois sont abondants. Les principaux domaines sont la banque et les assurances: Crédit Mutuel (630 sal.), Crédit Industriel d'Alsace et de Lorraine (700 sal.), Banque Populaire (320 et 140 sal.), Caisse d’Épargne (350 sal.), CIC Est (300 sal.), Société Générale (180 sal.), Crédit Foncier d'Alsace-Lorraine (110 sal.), BNP (120 sal.), Banque de France (120 sal.); assurances et conseils MMA (500 sal.), Allianz (350 sal.), Roederer (80 sal.), Axa (330 et 120 sal.), Esca (130 sal., finance), Mazars (100 sal.), Sofemo (90 sal.), Secal (85 sal.); services informatiques Euro Info Développement (180 sal.), Transiciel (180 sal.).

Le commerce s'affiche par les grands magasins: Auchan (520 sal., plus 680 dans l’administration et la logistique du groupe, qui compte aussi quatre Simply Market de 90 à 60 sal.), bureaux et logistique du group Lidl (300 sal.), Galeries Lafayette (290 sal.), Le Printemps (120 sal.), Ikea (260 sal.), Leclerc ex-Coop (370 et 140 sal.), Fnac (130 sal.), Leroy-Merlin (100 sal.). S’y ajoutent de gros négoces: matériel électrique Sermes (200 sal.), alcootests et filtres Draeger (160 sal.), électroménager Eberhardt (150 sal.), pièces BMW (100 sal.), fruits et légumes Pomona (180 sal.), produits alimentaires Norma (140 sal.), matériaux Siehr (160 sal.), IBM (90 sal.), textiles SDE (100 sal.), produits cosmétiques Sensient (80 sal.), matériel électrique Willy Leissner (90 sal.).

Dans les services aux entreprises et aux particuliers se signalent la distribution de chaleur Cofely (140 sal), les nettoyages Sernet (500 sal.), la Performante (100 sal.), la récupération de déchets Schroll (120 sal.), le traitement des eaux ALS (90 sal.), la blanchisserie Elis (Pierrette TBA, 230 sal.), les gardiennages EPS (240 sal.), Polygard (90 sal.), Binam (75 sal.); aide à domicile Enfants et Services (110 sal.), travail temporaire Adecco (130 et 110 sal.) et Adecco Medical (90 sal.), Adia (150 sal.), Geny (110 sal.); publicité Adrexo (260 sal.) et Mediapost (100 sal.), centre d'appels Euro Télé Service (140 sal.).

L’hôtellerie apparaît notamment avec le Hilton (120 sal.), le Sofitel (110 sal.), Holiday Inn (60 sal.) et Strasbourg Événements (foires et salons, 110 sal.); l’habitat et le logement avec l'Office public d'HLM de la CUS (510 sal.), Opus 67 (210 sal.), L’Habitation moderne (140 sal.), Sibar (70 sal.); plus l’information (France-Télévisions, 150 sal., Radio-France, 100 sal.), les spectacles (Théâtre National de Strasbourg, 120 sal.), et même les sports avec le Racing-Club de Strasbourg (100 sal.). Gaz de Strasbourg affiche 260 sal. et Électricité de Strasbourg (ES Énergies) 310 et 210 sal., France-Télécom 320, l'Office National des Forêts 460, la SNCF 4 900…

Les transports et la logistique réunissent la Compagnie des Transports strasbourgeois (transports urbains, 1 450 sal., société d’économie mixte), la Compagnie des transports du Bas-Rhin (120 sal., autocars), Alsace Croisières (transports fluviaux, 950 sal.), les transports Heppner (450 sal.), Alsacienne de Transport et Logistique (SATL, 125 sal.), Wincanton (220 sal.), Kunngel (140 sal.), Bourgey-Montreuil (110 sal.), Dachser (110 sal.), Calberson (100 sal.), Mory (90 sal.), DHL (80 sal.), Chalot (75 sal.), les parkings Parcus (85 sal.).

Le port est le deuxième port fluvial de France, après l’ensemble des ports de Paris, manipulant environ 10 Mt/an et employant 12 000 personnes, tandis que les bateaux-omnibus véhiculent 700 000 passagers annuellement. L'aéroport (à Entzheim) a un trafic d'environ 1 600 000 voyageurs par an, mais souffre de l'ouverture de la ligne du TGV Paris-Est qui, depuis 2007, met Strasbourg à 2h20 de Paris-gare de l'Est, du moins dans les meilleures conditions.

En vue d'améliorer l'exercice de la démocratie locale et de favoriser la vie citoyenne, la commune de Strasbourg a été divisée en dix quartiers, qui en fait correspondent à peu près aux cantons. Le quartier Centre occupe la moitié orientale de la Grande Île et la déborde très largement vers le nord. Il comprend 23 600 hab. sur 266 ha et contient la cathédrale et le château, l'hôtel de ville, le palais Rohan, l'Opéra du Rhin, le Théâtre national, la Bibliothèque nationale universitaire, la préfecture, le tribunal, les Dernières Nouvelles d'Alsace, le rectorat de l'Académie. Il englobe la place de la République et le Palais du Rhin, la place de Haguenau au nord d'où diverge un éventail de voies, ainsi que l'ancien secteur d'architecture allemande de la Neustadt au nord, le parc des Contades, la péninsule entre l'Ill et sa diffluence l'Aar, et au nord, de part et d'autre du canal de dérivation, des équipements de surface étendue comme l'ensemble scolaire Kléber, l'école militaire, les terrains de sports de l'Université et tout un groupe de jardins familiaux à la limite de Schiltigheim.

Le quartier Gare-Kléber a 21 300 hab. sur 234 ha. Il s'étend sur la partie occidentale de la Grande Île, va au nord-ouest jusqu'au fossé des Remparts et au sud-ouest jusqu'à l'autoroute, au sud jusqu'à l'Ill et au quai Louis Pasteur. Il englobe ainsi des espaces de peuplement assez dense et dépourvus d'espaces verts, avec une population plus jeune que celle du quartier Centre, dont de nombreux étudiants. Il contient la gare, le centre hospitalier avec la faculté de médecine et le musée Pasteur (et 6 300 emplois de la santé et de l'action sociale), la partie la plus marchande du centre-ville autour de la place Kléber et du centre commercial des Halles, la Petite France. Y sont aussi l'ENA et l'hôtel du département, la Laiterie (salle des musiques actuelles aménagée sur une ancienne friche industrielle) et le musée d'Art moderne (1998).

Le quartier Bourse-Esplanade-Krutenau a 23 600 hab. sur 174 ha et se trouve donc être le plus densément peuplé de la ville, avec beaucoup de jeunes et un patrimoine immobilier ancien, très peu d'espaces verts en dehors du parc de la Citadelle. Il forme la partie sud-est du centre-ville, entre la Grande Île et le bassin Dusuzeau; il est limité au nord par le boulevard de la Victoire et le pont d'Anvers et comprend plusieurs établissements publics, notamment en santé et action sociale, le principal centre universitaire, de nombreux cafés, restaurants et spectacles. La Krutenau, au nord-ouest, est un ancien quartier proche du centre-ville, au peuplement dense, où subsiste la manufacture des tabacs; la Bourse au sud-ouest est un secteur de collectifs édifié surtout de 1910 à 1940 à l'emplacement d'anciennes casernes; l'Esplanade, à l'est, est un grand ensemble des années 1960 dessiné sur 74 ha.

Le quartier du Conseil des Quinze rassemble 22 000 hab. sur 238 ha au nord-est du centre, entre l'Ill à l'ouest et le bassin des Remparts à l'est, le boulevard de la Victoire au sud et le canal de la Marne au Rhin au nord, ce qui en fait un quadrilatère assez régulier. Il inclut au nord le grand parc de l'Orangerie, au sud le jardin botanique et l'observatoire, et les jardins entourant le Palais de l'Université. Au nord-ouest, il englobe le Palais de l'Europe et l'essentiel des institutions internationales. L'habitat est assez contrasté, juxtaposant des secteurs de la Neustadt de la fin du 19e siècle (au sud-ouest), les alignements de la cité Spach du début du 20e s. au sud-est, des barres des années 1960 à l'est, la rénovation du Bon Pasteur (années 1990) au nord-est, et un quartier de pavillons au Conseil des Quinze à l'angle nord-est — plus les aménagements de l'ensemble international au nord-ouest du quartier.

Le quartier Robertsau est au nord-est de la ville, nettement plus étendu que les précédents (1 810 ha) mais pas plus peuplé (22 600 hab.) car il n'est que partiellement bâti. L'occupation du sol en est donc très hétérogène. Le noyau correspond à l'ancien village, avec les églises et la principale rue commerçante (rue Boecklin) sinueuse — les noms Robertsau et Bœcklin viennent tous d'eux d'un ancien château qui appartint jadis à un Robert Bock à l'origine du village. Une partie méridionale aérée et d'urbanisme récent est au sud, le long du canal de la Marne au Rhin, qui concentre nombre d'institutions européennes (Parlement, palais des Droits de l'Homme avec la Cour européenne, services du Conseil de l'Europe, Pharmacopée européenne). Au sud-ouest, s'étend une banlieue déjà ancienne à dominante de pavillons (cité Ungemach des années 1930 notamment), le Wacken, qui accueille autour de l'Aar le parc des Expositions, le Palais des Congrès et le Palais de la Musique, la patinoire, des organismes de crédit et l'hôtel de région, le théâtre du Maillon, la chaîne de télévision Arte. Une partie occidentale assez aérée se voit entre Ill et Muhlwasser, avec la Cité de l'Ill (1958-1961) bordée de jardins familiaux et le cimetière Nord. Au nord-est sont le parc et le château de Pourtalès (18e et 19e s.), à l'est l'avant-port de Strasbourg et le grand bassin Albert-Auberger des pétroles. Au-delà est le domaine de la forêt de la Robertsau, avec quelques restes de fortifications et des lieux de loisir.

Le quartier Cronenbourg-Hautepierre-Poteries-Hohberg occupe le nord-ouest de la commune. Il totalise 42 000 hab. sur 703 ha: 21 500 à Cronenbourg, 15 200 à Hautepierre, 2 100 aux Poteries, 3 000 au Hohberg. Cronenbourg comprend à l'est le marché-gare et le dépôt de la Compagnie des Transports, le cimetière Ouest et le cimetière israélite, de vastes quartiers d'habitation flanqués par la brasserie et, au nord, par le groupe administratif du CNRS, plus une Cité Nucléaire des années 1960. Hautepierre, un peu plus vers l'ouest, est une réalisation des années 1965-1975; elle accueille un grand centre hospitalier, un vaste complexe de magasins autour de l'hypermarché Auchan — le Zénith est juste à côté, mais dans le ban d'Eckbolsheim.

Le quartier de la Meinau est au sud-ouest de la commune de Strasbourg et rassemble 16 600 hab. sur 491 ha. Il est compris entre le Rhin Tortu à l'est et au nord, l'ancien canal du Rhône au Rhin à l'ouest, et va au sud jusqu'à la limite d'Illkirch, au ras du Baggersee. Divisé par l'avenue de Colmar, vieil axe régional issu d'une voie romaine, le quartier comprend au centre-est un vaste ensemble de pavillons, au sud-est la cité de la Canardière, équipée de commerces. La zone d'activités de la Plaine des Bouchers (170 ha, 1 200 établissements) occupe la partie occidentale du quartier. Celui-ci inclut aussi le parc Schulmeister et il est traversé par le tramway. Il accueille notamment les usines Kraft Foods, Johnson-Roth et Legrand, et le principal stade de la ville (football).

Le quartier Neudorf-Musau-Port du Rhin-Schluthfeld est au sud-est et à l'set du centre-ville, sur 962 ha, pour 40 700 hab. Neudorf en représente à peu près la moitié en surface, mais concentre l'habitat, dans une forme en amande allongée d'ouest en est mais dont les circulations principales sont vers le nord-ouest, en direction du centre de Strasbourg, et convergent vers la place de l'Étoile, près de laquelle ont pris place les bureaux de la Communauté urbaine et l'hôtel de police., ainsi qu'un centre Leclerc. Musau est un petit quartier au sud-est, au-delà des voies ferrées, à dominante d'habitat collectif. L'autre partie correspond au port de Strasbourg et s'oriente du sud au nord. L'ensemble dessine une sorte de papillon de part et d'autre du bassin Vauban.

La commune de Strasbourg a encore deux autres quartiers officiels, Neuhof au sud (env. 20 000 hab.) et Kœnigshoffen-Montagne Verte-Elsau à l'ouest (env. 36 000 hab.); mais leurs plans d'urbanisme ne sont pas encore élaborés. Les 10 cantons de Strasbourg divisent la commune et forment l’arrondissement de Strasbourg-Ville, qui ne contient que la commune. Le canton 1 (Centre) a 26 300 hab., le canton 2 (Kléber-Gare) 23 400, le canton 3 (Krautenau, Bourse, Esplanade) 25 900, le canton 4 (Conseil des Quinze) 22 100, le canton 5 (Robertsau 23 100, le canton 6 (Cronenbourg) 43 500, le canton 7 (Meinau) 26 100, le canton 8 (Neudorf) 27 300, le canton 9 (Kœnigshoffen-Montagne Verte-Elsau) 32 800 et le canton 10 (Neuhof) 25 500. En 2010, deux cantons sont détenus par des élus UMP (Strasbourg 5 et 7), un troisième par la droite (Strasbourg-10), les sept autres par des élus socialistes. La commune est divisée entre trois circonscriptions législatives dont les deux premières ne comprennent que des cantons de Strasbourg et ont élu, la première un socialiste (cantons 1, 2, 4 et 9), la seconde (cantons 3, 7, 8 et 10) un UMP; la troisième comprend aussi des cantons de la banlieue nord et elle est détenue par un UMP.

L'arrondissement de Strasbourg-Campagne a presque la même population (279 000 hab. contre 264 400 hab. en 1999) mais dans 104 communes, 8 cantons, 68 430 ha. La Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), créée dès 1968, associe 27 communes (dont 23 ont plus de 2 000 hab.), 30 597 ha et 451 200 hab.; on y a aménagé 14 zones d'activités, où figurent de très grandes entreprises comme Bayer à La Wantzenau, Lilly à Fegersheim, Alcatel à Illkirch, Spie-Trindel à Geispolsheim, etc. Les communes les plus peuplées sont Schiltigheim (32 000 hab.) et Illkirch-Graffenstaden (27 500), puis Bischheim (18 000), Lingolsheim (17 100), Ostwald (10 900) et Hoenheim (10 700). L’aire urbaine Insee est donnée pour 641 900 hab. (9e rang) - mais elle atteint à l'ouest la limite de la Lorraine; l'unité urbaine serait de 440 700 hab. (427 000 en 1999) pour la partie française. De grands travaux sont envisagés pour améliorer les relations avec Kehl et l'Allemagne, à qui l'urbanisation avait assez nettement tourné le dos jusque dans les années 1980.