Tarascon

13 000 hab. (Tarasconnais) dont 900 à part, 7 397 ha dont 1 167 de bois, chef-lieu de canton des Bouches-du-Rhône dans l'arrondissement d'Arles, 20 km au nord d'Arles, sur la rive gauche du Rhône. Elle se pose en carrefour ferroviaire et en jumelle et rivale de Beaucaire, qui lui fait face côté Languedoc. Elle conserve une belle et massive forteresse médiévale du 15e s., dite château du Roi René, accompagnée de nombreux monuments: collégiale des 12e et 14e s., cloître des Cordeliers (15e s.), portes des 12e et 18e s., rues à arcades, hôtels anciens dont l'hôtel de ville (17e s.); maison (18e s.) dite de Tartarin de Tarascon, musée des tissus provençaux Souleïado dans un hôtel du 14e s., restes de l'ancienne abbaye Saint-Honorat (14e au 17e s.) et nombreuses chapelles, arènes. Il s'y tient des fêtes de la Tarasque - le monstre de la tradition locale - organisées depuis 1474 par le roi René, et des courses camarguaises.

La ville a un collège et un lycée publics, deux lycées privés dont un professionnel, un petit centre hospitalier (25 lits médicaux, 170 en tout), une clinique (40 lits). La commune, étendue, s'allonge du nord au sud. Au nord, elle s'élève sur les reliefs de la Montagnette, qui y atteint 161 m au San Salvador et contient à la pointe nord de la commune, sur le rebord occidental, la chapelle Saint-Victor et, dans un vallon, l'abbaye de Saint-Michel-de-Frigolet, créée en 1121 et toujours occupée par des prémontrés et quelques moniales de la charité de Saint-Charles de Nancy, qui est à la pointe nord-est de la commune de Tarascon, dispose d'une grande bibliothèque et d'un centre d'histoire religieuse, organise des concerts et accueille des hôtes; les bâtiments actuels sont du Second Empire. Au sud, le finage mord sur l'extrémité des Alpilles, où le relief atteint 207 m au-dessus de la chapelle Saint-Gabriel et de l'hippodrome; château de la Motte sur la route d'Avignon, château Goblet (17e s.), village de Lansac dans la plaine, irriguée par le canal des Alpilles.

La commune cultive 406 ha de vignes et des légumes et vergers, et accueille plusieurs entreprises de l'agro-alimentaire: conserves de légumes Conserves France (220 sal.), viandes Alazard et Roux (100 sal.), boulangerie BCS Panita (75 sal.), négoce de fruits et légumes Cpep (Comptoir provençal, 30 sal.). Elle y ajoute les fabriques d'emballages plastiques Linpac (160 sal.) et Vitembal (120 sal.), l'Atelier textile Ch. Démery qui fait du linge de maison et des tissus d'ameublement de la marque Souleïado (45 sal., groupe Nicollin). Tarascon a des supermarchés Intermarché (70 sal.), Atac (45 sal.) et Super-U (25 sal.), un Bricomarché (25 sal.); travaux d'isolation Isotec (60 sal.) et Lyonnaise d'isolation (Elit, 55 sal.), Sncf (40 sal.).

Tarascon avait déjà plus de 10 000 hab. au début du 19e s.; sa population a culminé à 13 500 hab. en 1861 puis a diminué jusqu'en 1954 (7 700 hab.). Elle a ensuite repris jusqu'en 1968 (10 500 hab.), s'est stabilisée jusqu'en 1999 et a gagné près de 2 000 hab. dans les années 1990. L'estimation pour 2005 est de 13 100 hab.

Le canton a 16 900 hab., 5 communes, 12 804 ha dont 3 294 de bois. Saint-Étienne-du-Grès, créée à partir de Tarascon en 1935, a plus de 2 000 hab. Mas-Blanc-des-Alpilles (380 Masblancais, 157 ha) est une minuscule commune, nommée Mas-Blanc jusqu'en 1966, restée autonome à 3 km à l'est de la précédente au pied du relief: elle a un château du 18e s. et se livre aux cultures maraîchères, elle n'avait pas encore 140 hab. en 1975. Les deux autres communes sont au nord de la Montagnette et près du Rhône.

Boulbon (1 500 Boulbonnais, 1 933 ha dont 1 000 à part) est à 7 km NNE de Tarascon; son territoire borde le Rhône face à Aramon et contient une fraction de la Montagnette. Le village est considéré comme «village de caractère», conserve des ruines du château fort et une porte de l'enceinte, plusieurs chapelles dont Saint-Marcellin et Saint-Julien sur le relief, un moulin à vent avec table d'orientation, et cultive126 ha de vignes. Elle accueille un spécialiste de montages métalliques Soprovise (Provençale d'isolation échafaudages, 100 sal.), un laboratoire Fujifilm (80 sal.), la menuiserie Moine (20 sal.). Elle a eu 1 300 hab. en 1861, puis est descendue jusqu'à 840 hab. en 1975. Sa population augmente depuis cette date.

Saint-Pierre-de-Mézoargues (230 Saint-Pierrois, 413 ha) est une très petite commune, située 3 km à l'ouest de Boulbon, et bordée par d'anciens méandres du Rhône; elle a 31 ha de vignes, des cultures maraîchères et fruitières; château de Saint-Pierre, musée de la mémoire de la vigne et du vin. Sa population n'a guère changé en deux siècles. Vallabrègues, qui est également sur la rive gauche du Rhône, était jadis sur le bord droit de ces anciens méandres, au confluent du Gardon; les rectifications du cours l'ont fait changer de rive, mais elle reste gardoise, et donc en Languedoc, avec Beaucaire (v. la région Languedoc-Roussillon).