Thionville

42 000 hab. (Thionvillois) dont 870 à part, 4 986 ha dont 950 de bois, sous-préfecture de Moselle, 30 km au nord de Metz sur la rive gauche de la Moselle. La vieille ville, reconstruite aux 17-18e s., avec une mairie sur arcades, est juste au bord de la rivière, au sein d'un petit rectangle de rues limité sur la rive par deux bastions fortifiés; le pont des Alliés la relie à la rive droite. Une ceinture de boulevards signale une première extension de la ville; elle s'ouvre largement sur la grande place de la Liberté et son théâtre; entre celle-ci et la vieille ville se trouve la belle place du marché, qui a conservé des arcades et un beffroi du 16e s.

Une troisième ceinture, au-delà, est formée par la rocade qui dessine un arc de cercle reliant la N 53 au nord, près du château de la Grange, à l'A 31 au sud, face à Terville. Thionville, jadis Theodonis villa, devenu Diddenuewen en langue francique (platt), fut le site d'un château mérovingien, qu'apprécia Charlemagne. Il ne reste guère du château qu'un donjon du 11e siècle, devenu la tour aux Puces (en fait à l'origine Peetzturm, la tour du puits…), qui abrite le musée municipal dans la vieille ville.

La grande période de l'acier avait fait de Thionville le chef-lieu d'un bassin industriel prospère et avait facilité la canalisation de la Moselle et sa mise au gabarit européen (1 500 t), achevées en 1964; mais la situation de l'emploi s'est bien détériorée depuis. La ville elle-même est orientée vers les activités tertiaires. L'emploi industriel s'y réduit à quelques unités de rang modeste, où d’ailleurs dominent les services logistiques et de maintenance pour la sidérurgie (Sotrasi, du groupe Gagneraud, 220 sal.). À la forge Akers (groupe suédois, 250 sal.) s’ajoutent la carrosserie Behm (50 sal.), les constructions métalliques CMI (50 sal.), la métallerie Industeam (30 sal.), les traitements de surface LTM Color (40 sal.), la menuiserie Guenebaut (25 sal.); enregistrements musicaux Bocheti (60 sal.), articles en caoutchouc Ogid (35 sal.); ingénierie industrielle Technisonic (50 sal.), analyses et essais Micropolluants Technologie (35 sal.).

Dans le bâtiment et les services associés figurent les sables et graviers de la Lorraine d’Agrégats (70 sal.), une cimenterie Holcim (45 sal.); constructions Costantini (35 sal.), maçonnerie Proserv (20 sal.), peinture Bouster (35 sal.), couverture Cibe (20 sal.); installations électriques Cegelec (105 sal.) et thermiques Zacharewicz (30 sal.), réseaux et canalisations CEP (45 sal.); distribution d'électricité ERDF (270 sal.) et de gaz GRDF (70 sal.); nettoyage SB (35 sal.), gardiennage Surgarde (50 sal.); gestion immobilière Geric (30 sal.) et OPH (40 sal.).

Le commerce est représenté par deux hypermarchés Leclerc (370 sal.) et Carrefour (290 sal.), des magasins Kiabi (45 sal.), Match (35 et 20 sal.), Simply (25 sal.), Euroboucherie (20 sal.), mais la principale zone commerciale est partagée avec Terville à l'ouest; négoces de quincaillerie Schmitt Saica (45 sal.), d'électroménager Centrale Pro (35 sal.) et Thuillier (25 sal.), de combustibles SSLC (30 sal.), de matériaux Bâti C (25 sal.). Dans les services, comptabilités Lereboulet Simmer (354 sal.), Erbrech Muller (20 sal.) et Comptagest (20 sal.); travail temporaire Adecco (35 sal.) et Adia (35 sal.), aide à domicile LHS (25 sal.); publicité Adrexo (160 sal.) et Mediapost (95 sal.), agence de presse Le Républicain Lorrain (30 sal.); transports Transpal (20 sal.) et Geodis (20 sal.).

Thionville a un centre hospitalier (730 lits au total) et quatre cliniques privées, totalisant 260 lits, dont deux de 170 et 120 emplois (Ambroise Paré et Notre-Dame); cinq collèges et cinq lycées publics dont deux professionnels, un lycée privé; un IUT à trois départements (génie industriel, génie biologique, techniques de commercialisation). Le Centre Dramatique de Thionville a 50 salariés. La commune comprend aussi un multiplexe de cinéma Kinepolis (30 sal., à Veymerange à l'ouest), la restauration collective Omega (35 sal.) et de grands restaurants comme Bel Canto (25 sal.) et d'À Côté (30 sal.). Le fort (Feste) de Guentrange, construit par l’Allemagne en 1899-1906, se visite et a reçu un musée de la Résistance.

Thionville a eu 7 400 hab. en 1866, et sa population a crû assez régulièrement ensuite, ateignant 19 000 hab. en 1936, 32 000 en 1962. Depuis les fusions avec Veymerange (1967) et Volkrange (1969), la commune s’étend à l’ouest jusqu’à la côte du Pays Haut, et même un peu au-delà puisqu’elle englobe le promontoire du Bois de la Côte (421 m), dit justement de Bellevue; au pied se blottissent de petits villages comme Œutrange au nord, Élange en-deçà de l'A 31, ou Beuvange et Metzange à l'ouest, qui faisaient partie de Volkrange depuis 1811. Œutrange, qui avait été réunie à Entrange de 1811 à 1902, a été absorbée par Thionville en 1970; Élange avait été réunie à Veymerange en 1811, Beuvange-Saint-Michel à Volkrange la même année, Metzange un peu avant. L’A 31 rase le pied du grand talus, avant de contourner Thionville par le sud pour passer de l’autre côté de la Moselle par Yutz. La Côte des Roses, au NO de la ville, est classée en «zone urbaine sensible».

La population municipale a culminé à 43 000 hab. en 1972, un peu diminué ensuite, et augmenté depuis 1990. La majorité municipale est repassée à gauche en 2008. Le maire de Thionville est Bernard Mertz, socialiste, avocat, également conseiller général de Thionville-Ouest. La ville est le siège de la communauté d’agglomération Portes de France-Thionville, qui groupe 13 communes et 78 500 habitants. L'unité urbaine Insee est donnée pour 131 200 hab., l'aire urbaine pour 159 100. L’arrondissement de Thionville-Est a 137 600 hab. (127 500 en 1999), 6 cantons, 75 communes, 68 641 ha. L’arrondissement de Thionville-Ouest a 119 300 (119 000 en 1999), 6 cantons, 30 communes, 25 512 ha. La commune de Thionville est divisée en deux cantons.