Vaison-la-Romaine

6 000 hab. (Vaisonnais), 2 699 ha dont 730 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l'arrondissement de Carpentras, 28 km au NE de celle-ci. La ville est traversée par l'Ouvèze; elle s'est inscrite dans les «plus beaux détours». Sur sa rive droite, elle conserve des restes de l'époque gallo-romaine où elle se nommait Vasio Voncontiorum, et qui lui ont valu de compléter son nom en 1924: large pont romain sur l'Ouvèze, thermes, théâtre et restes de mur romains, belles demeures, sites de fouilles archéologiques de la Villasse et du Puymin. La ville médiévale était en hauteur sur la rive gauche, où subsistent des ruines du château médiéval et des maisons anciennes; cathédrale avec cloître (12e s.) et ancienne cathédrale de la haute ville pour concerts et expositions (15e au 18e s.), chapelle sculptée Saint-Quenin (12e et 17e s.), tour de l'horloge; musée archéologique Théo Desplans (67 000 visiteurs par an), jardin des Neuf Damoiselles (sculptures modernes). Vaison organise des fêtes chorales (Choralies) et arbore le titre de «cité chorale européenne»; festival de danse au théâtre antique, festival des soupes et journées gourmandes en automne. Les crues de l'Ouvèze sont redoutées; l'une des plus graves toucha 320 maisons en septembre 1992 et causa 32 morts.

La ville a un collège public, un centre d'apprentissage agricole, et un centre hospitalier (40 lits médicaux, 240 en tout): maison de retraite Orpéa (35 sal.). Les activités sont essentiellement du secteur tertiaire et du bâtiment: bureaux de la SCT Sud (Attica, 200 sal., assurances et opérations de bourse des caisses du Crédit Agricole), magasin Super-U (75 sal.), blanchisserie La Provençale (40 sal.), cars Lieutaud (35 sal.), travaux publics Teyssier (40 sal.) et Missolin (30 sal.). La commune déclare 1 137 ha de vignes et 300 places de camping. Vaison a eu 3 400 hab. en 1861, un creux à 2 800 à la fin du 19e s., a longtemps stagné ensuite vers 3 000 hab. et croît depuis la guerre, mais lentement depuis 1980. Elle est le siège de la communauté de communes du pays Voconces, qui associe 14 communes et 14 300 hab.

Le canton a 12 400 hab., 13 communes, 17 154 ha dont 4 722 de bois; il est bordé au nord par le cours de l'Aigues, et traversé au sud par celui de l'Ouvèze; Il est accidenté par quatre massifs de collines, à l'ouest entre Aigues et Ouvèze (395 m), au sud de l'Ouvèze (557 m), à l'est et au nord de l'Ouvèze (461 m); au nord-est où il atteint 772 m à la montagne de Buisse à la limite départementale. Les communes, nombreuses, sont d'assez petite taille. Saint-Marcellin-lès-Vaison (290 Marcellinois, 356 ha) est à 3 km au SE et abrite le château de Taulignan, en partie du 16e s., devenu hôtellerie. Le finage de cette petite banlieue-dortoir est bordé au sud par l'Ouvèze et atteint 434 m à l'est; il a 124 ha de vignes. Le nom de Saint-Marcellin a été complété en 1920; la population état tombée à 77 hab. en 1926; elle s'est accrue de plus de 50 hab. entre 1999 et 2005. Saint-Romain-en-Viennois (750 Saint-Romanois, 900 ha), 4 km au NE de Vaison, est un village rond qui héberge un Centre Leclerc (55 sal.) et le négoce de matériaux Augier (40 sal.). La commune a 223 ha de vignes; le nom «en Viennois» était déjà utilisé au 14e et au 18e s. et il évoque l'appartenance du village au Dauphiné. Saint-Romain avait 310 hab. en 1954, +60 hab. de 1999 à 2006. Faucon (390 Fauconnais, 865 ha dont 387 de bois) est juste à l'est, Puyméras (620 Puymérassiens, 1 459 ha) au nord-est. Puyméras conserve des restes d'un ancien château médiéval et son finage s'étire jusqu'à la montagne de Buisse. Elle a 623 ha de vignes et une cave coopérative; Faucon a des vestiges de remparts, du château et d'un prieuré, mais plus menus, et cultive 221 ha de vignes.

Deux communes se partagent les reliefs au sud de Vaison. Crestet (440 Crestetains, 1 148 ha dont 570 de bois), 6 km au sud par la route, est «village de caractère du Vaucluse», perché, qui conserve des restes de château épiscopal et une église Saint-Sauveur-et-Saint-Sixte. Il abrite le centre d'art contemporain de la fondation Stahly avec des œuvres du sculpteur et des expositions. La commune enregistre 162 ha de vignes. Elle n'avait que 290 hab. dans les années 1960 (530 au milieu du 19e s.).

Séguret (910 Ségurétains, 2 104 ha dont 1 025 de bois), un peu plus éloignée du chef-lieu à 9 km au sud-ouest, offre près de ruines castrales un beau point de vue sur la plaine de l'Ouvèze et se targue de faire partie des «plus beaux villages de France»; portes et poternes, beffroi, église en partie du 10e s., remparts, fontaine du 17e s., ancien monastère de Prébayon (ruines du 7e au 10e s.) à la limite de Gigondas. La commune bénéficie d'une aoc côtes-du-rhône-villages-séguret depuis 1967, sur 270 ha en grenache, syrah et mourvèdre (10 000 hl). Ses vignerons cultivent en tout 873 ha de vignes, et ont une cave coopérative. Séguret a eu près de 1 300 hab. au maximum de 1861, 670 en 1968, et gagne des habitants depuis.

Trois petites communes s'échelonnent au nord le long de la plaine de l'Aigues: Villedieu (520 Villadéens, 1 138 ha) à 7 km au NO de Vaison, qui a donjon, remparts, beffroi et église du 12e s., 559 ha de vignes et une cave coopérative; elle avait 1 000 hab. en 1861, 440 en 1975. Buisson (270 Buissonnais, 949 ha dont 260 de bois) est un village perché 3 km plus à l'ouest et bardé de remparts; ancienne commanderie de templiers et une autre église du 12e s., 295 ha de vignes. Buisson avait 150 hab. en 1975 contre 510 en 1872 et a gagné 50 hab. de 1999 à 2005. Saint-Roman-de-Malegarde (260 Saint-Romanais, 821 ha dont 453 de bois), autre village de templiers encore 3 km plus en aval, est dominé par les restes de son château du 12e s.; le nombre de ses habitants n'a guère changé depuis 1920.

Les villages de la bordure méridionale des reliefs entre Aigues et Ouvèze sont plus étoffés, et marqués par le vignoble des côtes-du-rhône, 475 ha de vignes. Cairanne (860 Cairannais, 2 251 ha dont 286 de bois) est à 16 km à l'ouest de Vaison et son finage est traversé par l'Aigues. Le centre est issu d'un village médiéval et il est entouré de boulevards circulaires; porte du 18e s., restes de remparts et donjon. La commune a 1 545 ha de vignes, une cave coopérative et un actif syndicat viticole qui organise des fêtes du vin et a obtenu une aoc côtes-du-rhône-villages-cairanne depuis 1967 sur 760 ha (25 000 hl/an), à base de grenache. La population communale n'a guère augmenté depuis les années 1950 et fut de 1 200 hab. en 1866.

Rasteau (700 Rastellains, 1 881 ha dont 378 de bois) est à 10 km à l'ouest de Vaison et s'impose aussi comme commune viticole, avec 1 164 ha de vignes et une cave coopérative, une aoc côtes-du-rhône-villages-rasteau depuis 1967 pour 730 ha (25 000 hl/an) sur grenache avec syrah et mourvèdre, plus une aoc rasteau-vin doux naturel depuis 1941 (révisé en 1972) pour 48 ha, entièrement ou presque en grenache; et un musée du travail de la vigne. Le village, organisé autour d'une grande place, conserve une ancienne résidence épiscopale et des restes du château du 12e s., de vieilles maisons, une porte et une tour de l'horloge. Le nombre de ses habitants a peu évolué au 20e s.

Roaix (600 Roaixois, 583 ha) est à 6 km à l'ouest de Vaison et le village est longé par l'Ouvèze. Il a des restes d'une commanderie de templiers, et un centre d'aide par le travail. Cultivant 480 ha de vignes, il dispose avec la commune voisine d'une cave coopérative de Roaix-Séguret créée en 1960, qui traite 30 000 à 40 000 hl/an, dont 6 000 de côtes-du-rhône-villages, 17 000 hl de côtes-du-rhône rouge et un peu plus de 5 000 hl de vins de pays. Il est titulaire à son tour d'une aoc côtes-du-rhône-villages-roaix depuis 1967 pour une centaine d'hectares (4 000 hl/an), à grenache dominant. La commune a souffert des inondations de 1992. Sa population augmente lentement (310 hab. en 1954).