Valenciennes

44 400 hab. (Valenciennois) dont 960 à part, 1 384 ha, sous-préfecture du département du Nord, 58 km au sud-est de la préfecture sur l'Escaut au confluent de la Rhônelle. Le centre, qui fut largement détruit en 1940, se tient à l'intérieur d'une ellipse de boulevards sur la rive droite de l'Escaut, avec en son sein l'hôtel de ville de 1867, la tour de la Dodenne du 14e s., une église du 13e s. et quelques belles demeures anciennes (Maison espagnole, maison du Prévôt). Le grand musée des Beaux-arts est un peu à l'est sur le boulevard, le grand parc de la Rhônelle au sud-est de l'autre côté du boulevard. Caserne, hôpital, gendarmerie ont pris place au nord, à l'intérieur de la ceinture, tandis que le théâtre et le siège de l'université sont de l'autre côté du boulevard, également au nord.

La ville est divisée en six quartiers, trois de chaque côté de l'Escaut. Le plus occidental, Chasse Royale, Saint-Waast, Dutemple, récent et d'habitat social aux quatre cinquièmes, a 8 200 hab. sur 51 ha et accueille un échangeur de l'A 23; il est classé en «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» avec le coron des Cent-Vingt d'Anzin, sous le nom de zone intercommunale d'Anzin-Valenciennes (120 ha et 6 700 hab.), et fait partie de la zone franche urbaine du Val d'Escaut. Son voisin au sud (faubourgs Sainte-Catherine et de Paris, le Vignoble), réunit 5 000 hab. sur 36 ha (hors du grand plan d'eau du Vignoble). Le quartier Cheminots-Acacias-faubourg de Lille est au nord du précédent, également en bordure de l'Escaut mais en aval.

En face, le Centre, Neuf-Bourg-Quesnoy-Delsaux, Musée-Canonniers, Gare accueille 9 300 hab. sur 36 ha. Au nord-est, le très vaste quartier Rôleur, Saint-Michel-les Tertiales groupe 5 900 hab. sur 335 ha et contient de larges emprises ferroviaires avec la gare de triage et la centrale électrique, plus un cimetière britannique, des installations de sports et des villas. La Briquette, faubourg de Cambrai est au sud-est et rassemble 5 800 hab. sur 97 ha; il a reçu le complexe de salles de cinéma Gaumont, la patinoire et une cité-jardin.

Valenciennes a été un centre d'extraction houillère, doté d'une quinzaine de fosses dont les deux plus actives étaient dans le quartier de Saint-Waast, mais fermées avant la fin du 19e s. La ville, où sont nés Froissart, Watteaux et Carpeaux, a un musée des Beaux-Arts, une école nationale de musique et d'arts dramatiques, l'espace culturel du château Désandrouin, une scène nationale (le Phénix) et un Festival international du film d'action et d'aventures; elle soutient de nombreux clubs de sports dont VAFC en football (Ligue 1), successeur en 1996 de l'USVA (Union sportive Valenciennes-Anzin). La ville est dotée de quatre collèges publics et deux privés, cinq lycées publics dont deux professionnels, trois lycées privés dont deux professionnels.

L'université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis a commencé comme antenne de celle de Lille en 1964 puis est devenue indépendante en 1979; elle affiche 10 300 étudiants en comprenant les autres sites de Cambrai et Maubeuge, et s'étend surtout sur le site du Mont Houy à Aulnoy-lez-Valenciennes dans un campus de 45 ha où sont réunis lettres, droit et économie, sciences, un IUT et où se développe un technopole en cours, qui comprend aussi l'Institut polytechnique du Hainaut-Cambrésis en partenariat avec l'École des Mines de Douai, l'Ensiame (École nationale supérieure d'ingénieurs en informatique, automatique, mécanique, énergétique et électronique), l'Ente (École nationale des techniciens de l'Équipement).

La ville s'est donné une forte orientation vers les nouvelles technologies avec une télévision locale, des studios, des rencontres, un «Anneau citoyen Valenciennois» et deux écoles Supinfocom (image de synthèse) et Supinfogame (conception et production de jeux vidéo). Elle accueille aussi l'Agence ferroviaire européenne (2004) et dispose d'un tramway depuis 2006, qui va de l'université à Denain (27 km) et offre neuf stations dans la traversée de la commune, dont une à l'hôtel de ville. Son centre hospitalier dispose de 1 800 lits dont 900 médicaux, auxquels s'ajoutent ceux des polycliniques Vauban (240 sal., 150 lits) et Tessier (140 lits) et de deux autres cliniques, deux instituts médico-éducatifs (65 et 55 places), des maisons de retraite. Valenciennes est également dotée d'un tribunal de grande instance et d'une prison ouverte en 1964 (220 places).

Les plus grandes usines de l’agglomération sont dans les communes voisines. La commune de Valenciennes accueille néanmoins le minotier Soufflet Alimentaire (200 sal.), la mécanique Team (140 sal.), la métallerie Obled Sacsum (70 sal.), les prouits réfractaires Magnesia (60 sal.) et les Ateliers mécaniques de l’Escaut (55 sal.), l’imprimerie-cartonnages CPC (75 sal.). La plupart des lieux d’emplois relèvent cependant du secteur tertiaire : Caisse d'Épargne (160 sal.), BNP (80 sal.) ingénieries Seca (40 sal.), LM (40 sal.), ATMI (40 sal.); gestion KPMG (65 sal.), contrôles Apave (65 sal.), comptabilité B2S (40 sal.), gestion de logements SA du Hainaut (250 sal.) et Val Haunaut Habitat (150 sal.). La ville est également le lieu de naissance et le siège du groupe de services industriels Hiolle Industrie, qui traite diverses sortes de déchets et d’épaves, et a une vingtaine de filiales et 800 salariés en tout.

Valenciennes a un hypermarché Auchan (280 sal.), des magasins Match (65 sal.), Metro (55 sal.), Fnac (50 sal.), Carrefour (30 sal.), Simply (30 sal.) ; restauration collective Dupont (85 sal.), Grand Hôtel (50 sal.), installations électriques Team (140 sal.) et Wibell (80 sal.); transport d'électricité RTE (90 sal.), centre d’appels Arista (120 sal.); services funéraires OGF (60 sal.); transports urbains Veolia (Transvilles, 150 sal.) et autocars Cars Valenciennois (50 sal.). La SNCF (1 180 sal.), EDF-ERDF (350 sal.) et France Télécom-Orange (470 sal.) sont de gros employeurs locaux. S’y ajoutent un large ensemble d'intérims Adecco (410 et 180 sal.), Randstad (360 sal.), Solutions (180 sal.), Start People (160 sal.), Triangle Flandres (160 sal.), Manpower (150 sal.), Supplay (110 sal.), DLSI (90 sal.), Nework's (60 sal.), Temis (55 sal.), Acrex (40 sal.), les nettoyages GSF (300 sal.), Derichebourg (110 sal.) Clean Office (50 sal.), le gardiennage SMP (105 sal.), les grands garages.

Valenciennes avait 20 000 hab. au début du 19e s., 30 000 à la fin; sa population a culminé à 46 600 hab. en 1968 puis diminué jusqu'à 38 400 en 1990; elle augmente à nouveau et a gagné 2 000 hab. de 1999 à 2010. De longue tradition, la municipalité est à droite; au long règne (1947-1986) de Pierre Carous (RPR) a succédé Jean-Louis Borloo (1989-2001) qui a laissé sa place à son adjoint Dominique Riquet (UMP) lorsqu'il est devenu ministre. La communauté d'agglomération Valenciennes-Métropole réunit 35 communes et 191 300 hab. L'Insee met l'«unité urbaine» de Valenciennes à 367 000 hab. (partie française). L'arrondissement a 349 600 hab., 9 cantons, 82 communes, 63 480 ha.

Les trois cantons groupent 132 100 hab., 30 communes, 21 478 ha dont 897 de bois. Ils comprennent pour l'Est Marly, Onnaing, Quiévrechain, Quarouble et Saultain, pour le Nord Wallers et Petite-Forêt, pour le Sud Aulnoy-lez-Valenciennes, Trith-Saint-Léger, Hérin, Maing, La Sentinelle, Thiant, Haulchin, Famars, Prouvy. Bellaing (1 200 hab., 342 ha), 8 km à l'ouest de Valenciennes, accueille un hypermarché Leclerc (160 sal.) et une métallerie TEMI (35 sal.). La commune avait 400 hab. vers 1900, 810 en 1954 et a culminé à 1 600 hab. en 1982 avant de perdre quelques dizaines d'habitants, dont 110 de 1999 à 2010.

Deux autres petites communes sont au nord-ouest de Valenciennes et dans le Parc régional Scarpe-Escaut. Aubry-du-Hainaut (1 500 Aubrysiens, 432 ha) est à 6 km ONO de Valenciennes, dans le canton de Valenciennes-Nord comme Bellaing; elle s'orne d'un château renaissance (1526) avec parc et a un musée d'histoire locale. Elle se nommait Aubry simplement avant 1966; sa population croît depuis la dernière guerre (970 hab. en 1954). Oisy (570 Oisillons, 257 ha) à 7 km à l'ouest de la ville, dans le canton de Valenciennes-Sud, croît lentement; elle a gagné 90 hab. de 1999 à 2010.

Vers l'est dans le canton de Valenciennes-Est, Rombies-et-Marchipont (770 Rombinois, 481 ha), issue d'une fusion de 1806, est une petite commune frontalière à 10 km à l'est de la ville, bordée à l'est par le cours de l'Aunelle; le moulin de la Vallée sur l'Aunelle (18e s. en briques) fut connu par les tristes exploits des «chauffeurs du Hainaut» ou «bande à Moneuse» dans les années 1790; sa population s'est accrue de 190 hab. entre 1999 et 2010 (presque un tiers).

Sebourg (1 900 Sebourgeois, 1 423 ha) est en amont, à 10 km ESE de Valenciennes. Son finage chevauche l'Aunelle et réunit plusieurs hameaux; il est borné à l'est par la frontière. Sebourg est un «village de charme» avec un château refait au 19e s. avec parc, une église classée, la maison Verley dessinée par Szekely en 1971 en formes arrondies qui lui ont valu le surnom de maison-plante, bouteille ou fleur… La commune a un collège privé, une minoterie (Morage) et une association de «pressophiles» qui tient des rassemblements biennaux et qui dispose d'une ample collection de fers à repasser. Montée à 1 800 hab. en 1881, Sebourg n'en avait plus que 1 300 en 1954; sa population a crû après 1970 (+60 hab. de 1999 à 2007).

Estreux (980 Estreusiens, 530 ha) est à 5 km à l'est de Valenciennes et son nom évoque l'ancienne chaussée romaine de Bavay à Tournai; le nombre de ses habitants croît depuis les 520 hab. de 1954. Curgies (1 100 Curgissiens, 608 ha) est un village-rue à 7 km ESE de Valenciennes, sur la route de Maubeuge (ex-N 49) doublée par la voie rapide, avec un échangeur dans la commune. Elle conserve l'ancien fort Rochambeau de 1881, des restes d'un château de brique des 18e-19e s. avec ferme; mécanique Lainé-Thiébaut (30 sal.). Sa population est très stable depuis trois demi-siècles.

Préseau (1 900 Présellois, 634 ha) est la commune la plus méridionale du canton, à 7 km au SE du chef-lieu et en bordure du parc régional de l'Avesnois. Son village est bien groupé; la commune a quelques restes castraux, des fermes à pigeonniers. Sa population a atteint 2 000 hab. en 1875, est peu à peu descendue à 1 600 hab. en 1968 et a repris un peu ensuite.

Dans le canton Sud, Artres (1 050 Artrésiens, 655 ha) est dans la vallée de la Rhonelle à 9 km SSE de Valenciennes et sa population est plutôt stable. Elle a une gare et un atelier de mécanique Dury (35 sal.), et s'orne des parcs des châteaux Minel et Boêtes, ce dernier abritant un foyer de vie pour déficients visuels; ancienne sucrerie. Quérénaing (960 Quérénaingeois, 432 ha) est à 9 km au sud du chef-lieu sur la route du Cateau-Cambrésis; elle a gagné 130 hab. de 1999 à 2010. Monchaux-sur-Écaillon (560 Moncalciens, 455 ha) est à 11 km du chef-lieu au bord de l'Écaillon et a précisé son nom en 1962. Verchain-Maugré (920 Verchinois, 962 ha), à 13 km au SSO de Valenciennes, est également dans la vallée de l'Écaillon. Ces communes ont des populations qui changent peu depuis un siècle, mais étaient un peu plus étoffées au 19e s.

Rouvignies (660 Rouvigniésiens, 323 ha) est dans une position différente. C'est une commune peu étendue à 8 km au sud-ouest de Valenciennes sur la N 30, entre Prouvy et Denain. Elle avait 520 hab. en 1962, 590 en 1990. Elle contribue au parc d'activités Valpark en bordure de l'aérodrome de Valenciennes, où a pris place notamment l'usine SKF Aeroengines (660 sal.), spécialisée dans les roulements à billes pour moteurs d’avions ; fabriques de clôtures métalliques Place (75 sal.) et d'équipemenst aérauliques Frigory (40 sal.), métallerie Mapi (40 sal.), ingénieries Assystem (200 sal.) et RGI (35 sal.), Bureau Veritas (60 sal.) ; installations électriques SPIE (50 sal.), production de chaleur Cofely (Suez, 55 sal.), finitions de bâtiment Dekerpel (30 sal.) ; négoce interentreprises Martin Sellier (70 sal.), transports Geodis-Calberson (90 sal.), Safen (50 sal.), Delquignies (35 sal.), Exapaq (35 sal.); nettoyage urbain Sita Nord (65 sal.); Novotel (30 sal.).