Volcan (le)

nom général du massif volcanique actif au sud-est de la Réunion. Ce massif, esquissé sans doute depuis un million d’années, s’est surtout manifesté depuis 150 000 ans à l’est du massif volcanique le plus ancien, devenu inactif, qui forme la partie occidentale de l’île. Ses laves sont fluides (type hawaïen). Il se présente sous la forme d’un vaste bombement montant à 2 632 m, dont les basses pentes sont boisées et dont le sommet est complètement nu sur un cercle d’environ 10 km de diamètre. Des effondrements successifs des cratères (caldeiras) ont dessiné trois escarpements concentriques en arcs de cercle ouverts vers l’est, témoignant d’un déplacement prolongé de l’activité principale vers l’est: le Rempart de la Rivière des Remparts à l’ouest (environ 290 000 ans); le Rempart de la Rivière de l’Est et de la Rivière des Sables où s’arrête la forêt (environ 65 000 ans); le Rempart de Bellecombe vers l’intérieur, prolongé au nord par celui du Bois Blanc, au sud par celui du Tremblet (4 500 ans).

Les remparts délimitent l’Enclos, dont la formation est datée de 4 500 ans. La dernière caldeira a été massivement comblée par les apports de laves les plus récents, et elle est la seule active. Une petite route de 30 km partant de Bourg-Murat (Le Tampon) se fraie un passage jusqu’au Pas de Bellecombe, à 2 311 m, partie du rempart intérieur, d’où l’on a la meilleure vue sur le volcan et que fréquentent quelque 200 000 visiteurs chaque année. On peut descendre à pied dans l’Enclos Fouqué, partie déserte et calme du grand cratère intérieur, jusqu’à un petit cône volcanique double nommé Formica Léo. Au-delà, s’élèvent les cônes des cratères actifs du Piton de la Fournaise, où l’on observe à peu près une phase éruptive par an.

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Formica Leo (phot. RB/RV)
Formica Leo (phot. RB/RV)

Les plus récentes éruptions ont eu lieu du 30 août 2006 au ler janvier 2007 et en avril 2007, celle-ci particulièrement violente et suivie d’un classement de catastrophe naturelle (v. http://www.fournaise.info/eruption2avril07.php), puis en septembre, novembre et décembre 2008. Le cratère Bory à l’ouest est calme depuis le début du 20e siècle, le cratère Dolomieu un peu à l’est est sans cesse remodelé et s’est encore effondré en avril 2007. Des coulées de laves en sortent de temps à autre et s’écoulent vers l’est sur la pente du Grand Brûlé; certaines vont jusqu’à franchir la route du tour de l’île et atteindre la mer. Il arrive aussi que des coulées de laves sortent de fissures extérieures au cratère: en 1977, ces coulées ont atteint Notre-Dame des Laves au nord (pointe Lacroix) à Sainte-Rose et en 1986 elles ont atteint la pointe de la Table au sud dans la commune de Saint-Philippe.

Les pentes externes de la partie tranquille du Volcan sont profondément défoncées au sud-ouest par la Rivière des Remparts et la Rivière Langevin (Saint-Joseph), qui laissent entre elles des éléments de planèzes habités et cultivés; elles sont ravinées mais moins défoncées au sud, au-dessus de Saint-Philippe, tandis que les planèzes sont beaucoup plus continues au nord, mais forestières et inhabitées. Le volcan est extrêmement surveillé à partir de l’observatoire installé à Bourg-Murat en 1979; la Maison du Volcan y donne quantité d’informations; v. le site très illustré http://ovpf.univ-reunion.fr et l’excellent ensemble pédagogique illustré du BRGM (http://www.brgm.fr/brgm//Reunion_kitpedago/livret.htm).