Vouvray

3 170 hab. (Vouvrillons), 2 292 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Tours, 10 km à l'est de la préfecture. Le bourg s'étire au pied du coteau nord du val de Loire, dominant la Cisse et son confluent avec la Loire; la commune a reçu un gros institut médico-professionnel, un collège public et un collège privé. On y visite la chapelle troglodyte de l'Écheneau (18e s.), le manoir du Plessis (17e s.).

Vouvray est surtout connue par son vignoble, AOC depuis 1936, exclusivement en chenin (pineau de Loire) et cultivé sur 2 000 ha dans 8 communes qui sont toutes dans le canton, plus Sainte-Radegonde intégrée à Tours. Le vignoble est spécialisé dans les vins mousseux en «pétillant» (méthode ancienne à pression modérée) et «traditionnel» (méthode champenoise à pression plus élevée), avec une production moindre de blancs moelleux et doux et, plus récemment, de blancs secs. La production serait de 50 000 hl en mousseux (6 à 7 millions de bouteilles), un peu moins en vins tranquilles. Le terroir bénéficie aussi d'une AOC crémant-de-loire depuis 1975. Les vignerons de Vouvray même déclarent 706 ha de vignes; ils utilisent abondamment les caves creusées dans le tuffeau. Le château de Moncontour (18e et 20e s.), à l'ouest du bourg, abrite la maison du Vin et la confrérie de Chantepleure et emploie 30 salariés; il est entouré d'un beau jardin d'agrément du 19e s. Le domaine viticole Huet, l'un des grands (36 ha), a été acquis par l'états-unien A. Hwang.

La commune a une fabrique de médicaments (Chemineau, 240 sal.), une de jeux et jouets en bois (Proludic, 75 sal.); charcuterie Hardouin (50 sal.), deux supermarchés Simply (25 et 20 sal.); transports et travaux publics Gorasso (30 sal.). Le finage s'étend au nord jusqu'à 6 km du bourg, au sud jusqu'à la Loire, qui est traversée par un pont routier et deux ferroviaires, celui de la voie Paris-Bordeaux et celui du TGV Atlantique, qui passe en tunnel sous le plateau entre Vouvray et Vernou. La population de Vouvray n'a pas considérablement changé au cours des deux derniers siècles: elle dépassait 2 600 hab. en 1836, s'est constamment maintenue entre 2 200 et 2 500 hab. ensuite, a retrouvé 2 600 hab. en 1954 puis a oscillé, s'élevant enfin au cours des années 1980 jusqu'aux environs de 3 000 hab.; elle n'a gagné que 60 hab. de 1999 à 2008, signe de la résistance du vignoble à la pression tourangelle.

Le canton a 26 900 hab. (24 300 en 1999), 11 communes et 22 447 ha dont 3 324 de bois et s'étend largement sur le plateau au nord-est de Tours; il y est traversé par la vallée de la Brenne à l'est, et par le faisceau de circulation de Paris à Tours (TGV Atlantique, N 10 et A 10). La vallée de la Brenne prolonge vers le nord-est le vignoble. Vernou-sur-Brenne, l'une des grandes communes viticoles, est à l'entrée. Chançay (1 070 Chancéens, 1 504 ha dont 401 de bois), 8 km au NE de Vouvray, cultive 461 ha de vignes et a quelques-unes des principales maisons du vignoble; le château Valmer du 17e s. (brûlé en 1948 et réaménagé), avec jardins à la française en terrasses, est connu aussi pour ses cultures florales et s'ouvre aux visites. La commune a un site de loisirs et des champignonnières; elle avait 600 hab. en 1975 et a gagné 110 habitants de 1999 à 2008.

Reugny (1 600 Reugnois, 2 972 ha dont 549 de bois), 4 km en amont, n'a que 53 ha de vignes; elle s'orne d'un clocher vrillé et des châteaux de la Vallière (14e et 16e-17e s., très élégant), de la Côte (15e-16e et 18e s.) et de Launay (19e s.); ce dernier accueille un institut médico-éducatif (60 places). L'A 10 traverse son finage au nord-ouest. La population communale est en augmentation sensible depuis les 850 hab. de 1975 et s'est accrue de 150 hab. entre 1999 et 2008: son éloignement relatif de Tours est largement compensé par la moindre place de la vigne et la commune s'ouvre plus que les précédentes à l'urbanisation périphérique. Le dernier village au nord-est est Neuillé-le-Lierre (740 Novilaciens, 1 663 ha dont 270 de bois), déjà hors du vignoble (5 ha); sa population croît un peu depuis 1975 (370 hab.); son nom n'a rien à voir avec le lierre; il était à l'origine Dedera, comme Dierre, probablement d'un patronyme gaulois Daria. La commune a gagné 140 hab. de 1999 à 2007, presque un quart.

Dans l'angle sud-est du canton, Noizay (1 150 Noizéens, 1 747 ha), dont le nom à l'origine désignait des noyers (Nogarentum), occupe un site comparable à celui de Vouvray mais 6 km à l'est, alignant ses maisons au pied du coteau, que longe la Cisse; la commune cultive 184 ha de vigne. Le village même est petit, l'habitat s'alignant tout le long du coteau et dans les vallons qui l'indentent; en son centre est un château du 16e s., aménagé en hôtellerie. La rive droite de la Loire, que suit la N 152 sur la levée, est face à Lussault et a fixé quelques maisons et hameaux. Au milieu de la plaine passe la voie ferrée Bordeaux-Paris, Noizay ayant obtenu un arrêt. Francis Poulenc (1899-1963) posséda à Noizay le domaine du Grand Coteau, désormais classé, où il composa une grande partie de son œuvre; l'Académie Francis Poulenc (qui siège à Tours) organise des «masterclasses» et un festival annuel de mélodie française en Touraine. Un peu plus à l'est, le manoir d'Anzan est des 17e et 19e s. Après une augmentation de 1970 (860 hab.) à 1999, Noizay semble avoir perdu quelque habitants depuis 1999. Les communes à l'ouest du canton, proches de l'agglomération de Tours, sont plus peuplées: Chanceaux-sur-Choisille, Notre-Dame-d'Oé, Parçay-Meslay, Rochecorbon et même Monnaie un peu plus loin.P lusieurs d'entre elles envisagent d'entrer dans la communauté d'agglomération de Tours (dont fait déjà partie Notre-Dame-d'Oé) en quittant la communauté de communes du Vouvrillon.