Canton de Forcalquier

Forcalquier

4 400 hab. (Forcalquiérens), 4 276 ha dont 1 490 de bois, sous-préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, à 52 km OSO de la préfecture, à 550 m. La petite ville, ancien chef-lieu de comté, est à l'écart de la Durance, sur les basses pentes au sud de la Montagne de Lure. Bien qu'elle fut ville forte, son nom ne viendrait pas d'un fort mais plutôt d'une fontaine (font calquier, fontaine du rocher). Le centre historique, aux ruelles serrées sur sa butte, est encore enceint de restes de remparts de la citadelle; côté sud, les jardins de la terrasse de Provence donnent une large vue. Le palais de justice y trône à la place de l'ancien palais comtal; porte des Cordeliers du 14e s. et ancien couvent des Cordeliers avec cloître et jardin, devenu centre culturel; fontaine renaissance de 1512. La ville moderne s'est développée surtout vers l'ouest, et au nord où sont de larges places, la sous-préfecture, le grand musée municipal et l'hôtel de ville, qui occupe un ancien couvent avec cloître, du 17e s. L'église du Bourguet, qui fut cocathédrale et qui est du 17e s., est au pied de la citadelle non loin de la mairie. Au nord-est, le cimetière est un site de verdure classé.

Forcalquier, «station verte de vacances», a quelques entreprises comme la fabrique de cosmétiques et savons Bea (100 sal.), les Distilleries de Provence (DDP, 30 sal.); Intermarché (40 sal.) et supermarché Casino (20 sal.); travaux publics Colas (30 sal.), nettoyage urbain Sita (40 sal.); transports par autocars Brémond (25 sal.). La ville a une «Université européenne des saveurs et des senteurs» (Uess) au couvent des Cordeliers et tient une semaine des Senteurs et des saveurs en septembre; plusieurs festivals, fêtes et foires. Elle a un collège mais pas de lycée, un hôpital local (5 lits médicaux, 175 en tout), un centre d'accueil spécialisé (130 places), maison de retraite et maison d'enfants.

Le finage est drainé vers le sud par le Viou, petit affluent de la Laye qui conflue peu après avec la Largue; il s'achève au nord par le Bois du Roi. Le maire de Forcalquier est Christophe Castaner, socialiste, aussi vice-président de la région. La commune de Forcalquier a eu environ 3 000 hab. pendant tout le 19e s., 2 500 de 1920 à 1965 puis a entamé une croissance assez soutenue. Elle a ajouté 330 hab. entre 1999 et 2004. Elle est le siège de la communauté de communes du pays de Forcalquier et Montagne de Lure, groupement intercommunal des Alpes-de-Haute-Provence formé par 13 communes (8 000 hab.). L'arrondissement a 75 700 hab., 13 cantons, 87 communes, 211 161 ha. Le plateau de Forcalquier est lune «petite région agriole» de la nomenclature.

Le canton a 12 000 hab., 10 communes, 19 758 ha dont 7 112 de bois. Il est notamment réputé pour ses cultures de melons et de salades. Mane (1 200 Manarains, 2 200 ha dont 1 400 de bois) est la commune la plus peuplée, à moins de 4 km au SO du chef-lieu, à 500 m. Son finage est traversé par la Laye, qui alimente un lac de barrage. Ce village de caractère conserve de belles maisons anciennes dont l'hôtel Miravail (16e-18e s.), et les restes d'une ancienne citadelle; beau château de Sauvan (18e s.), pont du 12e s. sur la Laye. L'ancien prieuré de Salagon (12e au 18e s.) abrite un conservatoire du patrimoine ethnologique de la Haute-Provence (musée) et des rencontres musicales; prieuré de Châteauneuf à l'ouest (12e au 19e s.), maison de retraite. Les principaux établissements sont une ingénierie Serec (30 sal.), l'huilerie Oliviers Co (40 sal. et 50 sal. pour la distribution). La population de Mane était descendue de 1 600 hab. en 1846 à moins de 700 en 1954; elle augmente depuis et a encore gagné 180 hab. de 1999 à 2007. Mane est le siège de la communauté de communes de Haute-Provence, qui groupe 8 communes et 4 200 hab.

L'angle sud-ouest du canton est tenu par Saint-Michel-l'Observatoire (910 Saint-Michelois, 2 778 ha), dont le village est à 11 km SO de Forcalquier dans une clairière, à 540 m. Elle abrite l'Observatoire de Haute-Provence, fondé en 1937 sous l'impulsion de Jean Perrin, passé de Forcalquier à Saint-Michel en 1938 et qui a valu à la commune de compléter son nom en 1939; il dispose de plusieurs gros télescopes, dont un de 193 cm. Le village a des restes de remparts au village, les châteaux Ardène et Le Plan du 19e s., les chapelles Saint-Jean (12e et 18e s.) au nord, Saint-Paul (12e s.) au centre, de Lincel (12e au 16e s.) au sud. La commune de Lincel a été réunie à Saint-Michel en 1973 avec 56 hab., et son ancien territoire comptait 100 hab. en 1999. La population croît depuis 1962 (380 hab., contre plus de 1 000 dans les années 1850). La commune est bordée à l'ouest et au sud par le cours de la Largue, et fait partie du Parc régional.

Il en est de même de trois communes du bassin inférieur de la Largue. Dauphin (810 Dauphinois, 971 ha dont 400 de bois, à 445 m) et Saint-Maime (670 Saint-Maimois, 751 ha, à 380 m) se font face de part et d'autre de la rivière à 6 km au SE de Mane. Saint-Maime a des ruines d'un château seigneurial, avec tour et donjon des 12e-13e s.; elle n'avait que 280 hab. en 1975, contre 640 en 1931, mais croît depuis et s'est augmentée de 150 hab. entre 1999 et 2007 (+22%). Dauphin, «village de caractère», conserve un donjon et une porte, des restes de remparts; sa population a crû de 1962 (280 hab.) à 1999 mais est restée étale de 1999 à 2005. Villeneuve est dans la vallée de la Durance.

Niozelles (200 Niozellens, 1 047 ha dont 476 de bois, à 440 m) et Pierrerue (420 Pierreruriens, 1 086 ha, à 495 m) sont au sud-est et à l'est de Forcalquier. Niozelles a des restes d'un donjon du 13e s.; son finage est bordé à l'est par le Lauzon, qui y reçoit le Béveron; elle n'avait plus que 100 hab. en 1975 et sa population s'est accrue de 30 hab. de 1999 à 2007. Pierrerue conserve des ruines d'un château des 14e et 17e s. et d'une chapelle des 12e-13e s.; elle a eu 220 hab. à son minimum de 1975 (700 au milieu du 19e s.) et a gagné encore 90 hab. de 1999 à 2004.

Sigonce (320 Sigonçois, 1 997 ha dont 863 de bois) se tient à l'angle nord-est du canton, à 10 km de Forcalquier, à 470 m sur un petit affluent du Lauzon qui traverse la partie orientale de la commune. La population communale a connu son minimum en 1968 (170 hab., contre 550 autour de 1850); elle a gagné 75 hab. de 1999 à 2005. Le château de Bel-Air (17e-18e s.) est près du village, qui a une église inscrite (14e-16e s.) à toit de lauzes; au-delà du Lauzon, le finage touche au bois de Ganagobie.

L'angle nord-ouest du canton est tenu par Limans (290 Limanais, 2 097 ha dont 1 095 de bois), dont le village se perche à 520 m, au-dessus de la Laye; restes de remparts, tour et porte, belles maisons anciennes; ferme fortifiée des Ybourgues (15e s.); camping naturiste. La commune a absorbé Les Ybourgues dès 1819, a eu 570 hab. à son mieux en 1846, 110 seulement en 1962, et a gagné 40 hab. de 1999 à 2005.


Villeneuve

3 000 hab. (Villeneuvois), 2 555 ha dont 976 de bois, commune des Alpes-de-Haute-Provence dans le canton de Forcalquier. Le village est en hauteur au bord de la plaine de la Durance; tour de l'Horloge, église du 15e s., musée archéologique et historique, chapelle mariale de la Roche (12e au 16e s.), ancien château, coopérative vinicole; fabrique de senteurs et décorations Terre d'Oc (65 sal.). Le canal industriel, venant d'Oraison, y repasse sur la rive droite par un pont-canal et alimente deux centrales électriques. Les vignerons de Villeneuve déclarent 42 ha de vignes. La commune n'avait que 500 hab. en 1931 et a crû ensuite, surtout entre 1975 et 1990; elle s'est accrue de 270 hab. entre 1999 et 2004.