Canton de Chorges

Chorges

1 900 hab. (Caturiges), 5 334 ha dont 1 181 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Gap, 17 km à l'est de la préfecture à 860 m. Son nom fut Caturigomagus, marché et chef-lieu d'une tribu celte des Cathuriges. Elle est en position de col dans une petite plaine à rigoles de drainage, d'où sortent vers l'ouest la Luye et l'Avance, vers le sud-est un vallon qui descend vers la Durance et qui est en partie envahi par les eaux du lac de Serre-Ponçon. La commune est étendue: son finage monte au nord à la Pousterle (2 507 m) et atteint au sud 1 555 m dans les bois qui dominent le lac. Chorges a une gare sur la voie de Briançon; plusieurs hameaux se dispersent sur les hauteurs au nord du bourg. Celui-ci offre une église du 12e s., des portes et fontaines anciennes (16e s.); hôtellerie Vacances Bleues (40 sal.), Société des eaux de Chorges (55 sal.) au Pré du Pin, petite fabrique Alp (Articles de Laboratoire de Précision, 45 sal.), maçonnerie Gaudy (30 sal.). La commune a eu 2 000 hab. dans les années 1830 et s'était dépeuplée jusqu'à 1 100 hab. vers 1965; sa population croît depuis.

Le canton a 3 700 hab., 8 communes, 16 066 ha dont 5 076 de bois; il borde la rive nord-ouest du lac de Serre-Ponçon et compte de nombreux vergers ainsi que quelques vignes. Prunières (240 Pruniérois, 1 320 ha), 6 km à l'est de Chorges, est la seule commune située dans la zone de préparc des Écrins, à 1 000 m. Elle a eu 420 hab. en 1851, 120 seulement en 1975. Son finage monte au nord au pic de Chabrières (2 403 m), d'où se découvre un panorama très étendu; il atteint au sud la rive du lac et même la chapelle qui y subsiste en îlot. La commune a une centaine de résidences secondaires, autant que de résidences principales.

Rousset (180 Roussetiers, 1 438 ha dont 576 de bois) est la commune du barrage. Son relief culmine à 1 451 m au sommet de la Viste. Le vieux village est en hauteur, vers 1 040 m, à 16 km SSO de Chorges, proche de l'ancien château seigneurial; la route des bords du lac serpente sur le versant, offrant un belvédère de choix sur le lac et le barrage, à 850 m. Au pied de celui-ci a été aménagé un lac de 3 km de long dont l'extrémité aval se partage entre quatre communes, chacune y ayant des maisons; la partie de Rousset s'y nomme les Celliers, à 680 m, et les trois quarts des habitants de la commune y résident; le hameau est dominé par la butte du mont Soleil (1 172 m). Cet ensemble s'est substitué à l'ancien quartier marchand de l'Île de Rousset, qui était à la confluence de l'Ubaye et de la Durance et a été englouti par la mise en eau du lac, ce que commémore une journée annuelle du souvenir.

Espinasses (600 hab., 1 386 ha dont 555 de bois) a son vieux village sur la pente, à 720 m, et sa part à l'agglomération de pied de lac dans le quartier de l'Hôtel. Son finage est étroit, mais monte au nord jusqu'au mont Colombis à 1 793 m et jusqu'aux hameaux de Vière, jadis principal centre communal, et de Gapian, carrefour de petites routes forestières.

Théus (160 hab., 1 671 ha dont 638 de bois), un peu à l'ouest, 22 km au SO de Chorges, est perché en adret au-dessus de la Durance, à 875 m. Son finage atteint aussi le mont Colombis, accessible par une petite route et dont le panorama est grandiose (table d'orientation). Il offre un beau site de cascades et de cheminées de féees, qui forment la «Salle de bal des Demoiselles coiffées». Le nom de la commune a pris officiellement un accent sur le e en 1953 mais, contrairement à certains usages, ne comporte pas de tréma. Théus a le principal, quoique modeste, vignoble du département (30 ha). La population avait dépassé 500 hab. au milieu du 19e s.; son minimum (130 hab.) est de 1975; elle a gagné 15 hab. de 1999 à 2005.

Remollon (410 hab., 645 ha) est sur la route de fond de vallée à l'extrémité occidentale du canton, 24 km au SO de Chorges, à 670 m, sous la montagne Saint-Maurice (1 412 m), au cœur d'un dôme de terrains éventré où affleure le trias; maisons anciennes, supermarché Écomarché (25 sal.), petit vignoble (6 ha). La commune a eu 670 hab. à son maximum, 260 à son minimum de 1975. Elle a gagné une vingtaine d'habitants de 1999 à 2005.

En face, sur la rive gauche de la Durance, se tient le village de Rochebrune (130 hab., 1 237 ha dont 475 de bois), au débouché de la Clapouse à 600 m. Sa population a varié entre 300 hab. (1836) et 78 hab. (1968) et a augmenté de 16 hab. de 1999 à 2006. Son finage s'étend curieusement tout le long du bas versant d'ubac de la Durance, jusqu'aux gorges de la Blanche en amont, et participe ainsi aussi à la petite agglomération de pied de lac face à Espinasses, au hameau de Gréolliers. Ce finage est dominé par celui de Bréziers (130 Bréziérois, 3 035 ha dont 1 375 de bois), qui forme une excroissance du territoire des Hautes-Alpes dans celui des Alpes-de-Haute-Provence, fort boisée, entre les vallées profondes de la Clapouse à l'ouest et de la Blanche à l'est. Il inclut les montagnes de la Scie (1 351 m au Pin de Cendre) et de Seymuit (1 578 m). Le village est à 875 m, 6 km au sud de la Durance. La commune a eu plus de 600 hab. en 1841 et s'est dépeuplée jusqu'en 1999; mais elle a gagné 15 hab. de 1999 à 2007.