Canton de Villeneuve-de-Berg

Villeneuve-de-Berg

2 600 hab. (Villeneuvois), 2 461 ha dont 760 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Ardèche dans l'arrondissement de Privas, 30 km SSO de la préfecture sur le plateau calcaire des Gras. La ville est née comme bastide royale en 1284, en paréage avec l'abbé de Mazan qui apportait une part de ses terres de la montagne de Berg, relief au-dessus du plateau, montant à 550 m à l'est de la commune. Villeneuve en a tiré son nom et son plan quadrillé, et il demeure quelques restes de son ancienne enceinte, dont une porte. Olivier de Serres y naquit en 1559 et fit de sa ferme du Pradel un modèle d'agronomie; il est abondamment fêté et représenté dans la ville. Au 17e et au 18e s. celle-ci s'affirma comme chef-lieu rural, titulaire d'une maîtrise des Eaux et Forêts et riche de marchands et de robins, dont les belles maisons parsèment encore la commune.

Toutefois, Villeneuve déclina dans la première moitié du 20e siècle, sa population s'abaissant à 1 200 hab. en 1954, contre plus de 2 000 pendant tout le 19e siècle. Elle progresse depuis, gagnant 340 hab. de 1999 à 2005, grâce à l'étoffement des fonctions de service, notamment un hôpital rural (20 lits médicaux mais 430 en tout) et des maisons de retraite, un collège public, une maison familiale rurale; 128 ha de vignes sont cultivés. La ville, «station verte de vacances», est le siège de la communauté de communes de Berg et Coiron, qui rassemble 13 communes (6 700 hab.).

Le canton a 8 500 hab., 17 communes, 26 756 ha dont 6 142 de bois; mesurant près de 30 km du nord au sud, il s'étale sur le plateau volcanique du Coiron au nord, sur les Gras au sud. Deux villages seulement sont établis sur le plateau volcanique même, Berzème (140 hab., 1 836 ha, à 730 m) et Saint-Gineis-en-Coiron (100 Saint-Gineois, 1 320 ha, à 672 m), respectivement à 17 et 12 km NNE du chef-lieu; l'altitude de la coulée atteint 839 m au nord de Berzème. Le bel habitat troglodyte des Balmes de Montbrun couronne un haut promontoire du Coiron au sud de Saint-Gineis.

Mirabel (330 hab., 1 990 ha dont 252 de bois), 7 km au nord du chef-lieu à 500 m, «village de charme» et «village de caractère», est sur le talus méridional du Coiron; la commune a eu 940 hab. en 1876 et reprend quelques habitants depuis le minimum de 1975. Les ruines du château de la Roche y dominent une petite plaine drainée par l'Auzon et son affluent de gauche la Claduègne; c'est près de celle-ci, au sud de la commune, que se trouve le Pradel, l'ancien domaine d'Olivier de Serres, qui est devenu une école d'agriculture annexe du lycée agricole d'Aubenas, et où a été ouvert un musée; 194 ha de vignes sont cultivés par les vignerons de Mirabel.

La commune de Lussas (790 Lussassois, 1 645 ha dont 312 de bois) est juste à l'ouest de Mirabel; bordée à l'est par le cours de l'Auzon, elle a reçu un petit lac de barrage. Elle domine à l'ouest le cours de l'Ardèche par l'oppidum de Jastres-Nord; une grotte et un site de vol libre sont un peu à l'ouest du village à Chabannes; un dolmen subsiste tout au sud. La commune cultive 271 ha de vignes et gagne des habitants depuis 1875 où elle était tombée à 530 hab., contre plus de 1 000 en 1854; elle s'est accrue de 120 hab. de 1999 à 2006.

L'Auzon traverse au sud la commune de Lavilledieu (1 500 hab., 1 465 ha dont 257 de bois), village à 5 km ONO du chef-lieu sur la N 102 à 9 km d'Aubenas. Il est issu d'un couvent de bénédictines, dont il reste quelques bâtiments et surtout le cloître. Au NO, l'oppidum de Jastres-Sud est voisin mais distinct de Jastres-Nord; tous deux ont des restes de remparts et les fouilles se poursuivent; musée du bizarre au village, moulinage Chavanoz (40 sal.), carrières Ozil (35 sal.). Lavilledieu cultive 160 ha de vignes et gagne aussi des habitants: 320 de 1999 à 2006, soit +23%. Elle n'en avait plus que 540 en 1962, après avoir dépassé le millier entre 1845 et 1885, et a donc triplé depuis.

Au sud de Lavilledieu et à 6 km à l'ouest de Villeneuve, Saint-Germain (520 hab., 950 ha dont 324 de bois), au bord de l'Auzon, cultive 125 ha de vignes et progresse aussi (+80 hab. de 1999 à 2005). Vogüé (740 Voguéens, 1 172 ha), 8 km OSO du chef-lieu, est au bord de l'Ardèche sur une rive concave de méandre. L'Auzon se perd aux environs avant de rejoindre l'Ardèche en souterrain, dans un karst marqué par des grottes et des avens. Le village est dominé par la haute et austère silhouette du château des Vogüé, du 16e s., flanqué de quatre tours d'angle rondes, sous la haute paroi des calcaires. Vogüé figure parmi les «plus beaux villages de France», les «villages de caractère» et les «villages de charme» et héberge des villages de vacances dont UES (25 sal.). Aux environs, la gare est le terminus d'une voie ferrée venant du Teil; la commune cultive 201 ha de vignes; sa population augmente depuis 1975 (550 hab.) et a gagné 140 hab. de 1999 à 2006.

Le petit village de Lanas (370 Lanassiens dont 45 à part, 985 ha) est à 2 km en aval, mais sur la rive droite de l'Ardèche, face au confluent ancien de l'Auzon. Dans la partie ouest de la commune s'est installé l'aérodrome d'Aubenas, de catégorie C, qui a une piste bitumée de 1 400 m accessible à l'aviation d'affaires et qui est flanqué d'un parc d'attractions dit Aerocity et d'un atelier de construction aéronautique Air Création (25 sal.). Lanas a un centre de formation d'apprentis.

Saint-Maurice-d'Ardèche (250 Saint-Mauriçois, 519 ha), 4 km au sud de Vogüé, fait face à Lanas et cultive 135 ha de vignes; elle a gagné une cinquantaine d'habitants entre 1999 et 2006. Juste à l'est, Rochecolombe (170 Rochecolombins, 2 150 ha dont 673 de bois), 9 km SO de Villeneuve, en a gagné une quarantaine de 1999 à 2005. Elle se signale par son «village féodal» abandonné mais en cours de restauration, au fond d'une reculée; au nord, le hameau de Sauveplantade conserve une très belle petite église romane; la commune déclare 144 ha de vignes.

Saint-Maurice-d'Ibie (160 Saint-Mauriçais, 2 330 ha dont 1 338 de bois) est un village à 8 km au sud du chef-lieu, dans un grand méandre de la vallée sèche de l'Ibie, dont les maigres eaux descendent de Villeneuve jusqu'à Vallon-Pont-d'Arc, mais en cheminant sous les alluvions. La commune occupe la pointe méridionale du canton, où elle atteint la forêt domaniale du Bois Sauvage. Saint-Andéol-de-Berg (100 hab., 1 557 ha dont 962 de bois), 5 km au SE du chef-lieu, est en bout de route au pied de la crête de la montagne de Berg, qui y atteint 517 m. Saint-Jean-le-Centenier (590 Saint-Jeannais, 1 516 ha), 5 km au NE du chef-lieu, accueille un atelier de plastiques (Dag, 25 sal.). La population de toutes ces petites communes tend à gagner quelques habitants depuis les années 1980.