Canton de Givet

Givet

6 900 hab. (Givetois) dont 180 à part, 1 841 ha, chef-lieu de canton du département des Ardennes dans l’arrondissement de Charleville-Mézières, 55 km au nord de la préfecture et 15 km en amont de Dinant (Belgique). Située au bord de la Meuse au confluent de la Houille, Givet se divise en une ville ancienne de rive droite (Notre-Dame) resserrée dans l’étroite vallée de la Houille et dont les vieux ateliers ont presque disparu; une ville de rive gauche (Saint-Hilaire) plus aérée où sont les commerces; une plaine vers l’aval (les Quatre-Cheminées) où s’étalent les zones d’activités; et un environnement de collines où subsistent d’anciens forts, plus étendue à l'est de la Meuse qu'à l'ouest. Dominant la Meuse rive gauche à l'ouest de la ville moderne, le fort de Charlemont fut aménagé par Vauban sur une ancienne défense de Charles Quint; on trouve aussi un ancien donjon (tour Victoire).

Givet, dont le nom dérive de gabelle (péage), est la dernière commune au bout d’une longue avancée de la frontière française en Belgique. C’est pourquoi elle est non seulement une ville-frontière, mais un centre d’échanges qui compte dans l’organisation des transports routiers (N 51), ferroviaires (ligne TER de Charleville-Mézières à Givet), fluviaux (port de péniches sur la Meuse, terminus des voies à grand gabarit) et leur logistique avec une plate-forme multimodale. Elle avait reçu un grand dépôt pour l’importation de voitures neuves, à présent désaffecté, et n'a plus de liaison ferroviaire avec la Belgique. Le port, presque éteint en 1997, a un peu repris (280 000 t en 2004) et reste le premier de la région, mais à un niveau médiocre; sa gestion a été confiée en 2011 à Eau et Force, filiale de la Lyonnaise des Eaux (Suez), qui envisage de hausser le trafic à 500 000 t/an; un plan de modernisation est en cours. La navigation de plaisance dispose d'une halte nautique.

La «pointe de l’Ardenne» a été frappée par la désindustrialisation. La commune conserve des fabriques de plastiques Schulmann (95 sal.), de papier-carton et papier gommé Sopal (Gascogne Laminates, 60 sal.) et d’étiquettes (GPM, 25 sal.); et des ateliers de mécanique Sogimeca (20 sal.) et de chaudronnerie Sert (20 sal.), carrières de Pierre Bleue (35 sal.); constructions Spanevello (25 sal.), isolation Madisolation (25 sal.), nettoyage ISS Abilis (25 sal.). Après l’usine de textiles artificiels Cellatex, passée à un groupe autrichien et fermée en 2000 au terme d’un conflit social fort dur et très médiatisé, qui a laissé des traces et même un téléfilm, Givet a perdu la fabrique de colles Sorochimie, devenue en 2007 Ardenity après son rachat par l'états-unien Trinity, et liquidée en 2010.

La ville a collège et lycée publics, un Intermarché (50 sal.) et une clinique privée (33 lits); maison de retraite privée. La ville est fleurie (trois fleurs), abrite un Centre européen des métiers d’art (6 000 visiteurs par an) et un Centre aqualudique (Rivea, 25 sal.), un centre culturel et bibliothèque-médiathèque des Récollectines; il se tient à Givet une foire aux oignons et un festival international de musiques militaires; mais le Centre d’entraînement commando de l’armée de terre, installé en 1962, a été fermé en 2009. La population communale avait atteint 7 900 hab. en 1968 et décline lentement depuis; elle a encore perdu 700 hab. entre 1999 et 2008. Givet est le siège de la communauté de communes Ardennes-Rives de Meuse, qui rassemble 17 communes des cantons de Givet et de Fumay (21 700 hab.).

Le canton de Givet a 14 700 hab. (15 900 en 1999), 12 communes et 11 047 ha dont 5 461 de bois. Il est entouré sur trois côtés par la Belgique, à moitié boisé et accidenté par les profondes vallées de la Meuse et de la Houille. Juste à l’est de Givet à 2 km, Fromelennes (1 090 Fromelennois, 717 ha dont 368 de bois), au bord de la Houille, conserve de petites fonderies et bénéficie des grottes de Nichet à la frontière, riches en concrétions et ouvertes à la visite (5 000 visiteurs par an). Surtout, le quartier de Flohimont abrite au fond de l’étroite vallée, sur 50 ha, la grande usine de Tréfimétaux (tubes de cuivre, 380 emplois), au groupe KME (KabelMetal) Europametal, filiale de la Società Metallurgica Italiana (SMI). Sa création remonte à 1787; devenue Tréfimétaux en 1962, elle est passée au groupe Pechiney, qui l’a revendue en 1987 à SMI; elle a reçu de gros investissements mais resserre ses effectifs. La population de Fromelennes avait atteint 1 450 hab. en 1975; elle diminue depuis et a encore perdu 70 hab. de 1999 à 2008.

En amont de Givet (7 km au sud), le grand méandre de Chooz, à fond assez plat, a été choisi comme site d'une centrale nucléaire EdF; une première centrale sur la rive droite a été fermée en 1991; la seconde, sur la rive gauche, comporte deux réacteurs de 1 450 MW, mis en service en 1982 et en 1996; l’ensemble emploie 670 personnes. S'y ajoutent une ingénierie (Techman, 20 sal.) et le nettoyage TFN (120 sal.). La commune a 790 hab. (Calcéens) et 1 308 ha dont 760 de bois.

De petits villages subsistent sur le plateau entre Meuse et Houille. Rancennes (740 hab., 650 ha) où le château d’Aviette, propriété du département, domine la Meuse, aligne ses maisons en une file continue jusqu'à Givet; elle a perdu 110 hab. de 1999 à 2008. Charnois n'abrite plus que 80 Charnoisiens, sur 561 ha dont 253 de bois, mais participe avec Rancennes et Fromelennes à la réserve naturelle nationale de la Pointe de Givet, qui contient 354 ha en une dizaine d'unités dispersées sur six communes (faune, flore et géologie). Son finage se termine abruptement au-dessus de la rive droite de la Meuse, face à Chooz. Un peu plus au sud, Landrichamps (140 Landrichampenois, 472 ha dont 364 de bois) se cache dans les bois au fond de la vallée de la Houille.

Ham-sur-Meuse (250 hab., 619 ha dont 398 de bois), est un petit village de fond de vallée, 6 km au SO de Givet, mais dont la commune dessine une longue lanière dans les bois vers le sud, sur le versant raide de rive droite de la Meuse et sur le plateau, le long du finage d'Aubrives. En face au nord-ouest, sur le plateau à l'ouest de la Meuse, Foisches (240 hab., 465 ha) est une petite commune frontalière, avec un château (inscrit) du 17e s.

Vers l'amont sont quatre petites cités industrielles: Aubrives, Hierges, Vireux-Wallerand et Vireux-Molhain. Aubrives (920 Aubrivois, 1 073 ha dont 785 de bois), quoique située sur la rive gauche de la Meuse, et par là frontalière, possède aussi une longue bande forestière au SE, sur le plateau ardennais (les Grands Bois). La fonderie d’acier Magotteaux y emploie 120 salariés en bord de Meuse; appartenant à un groupe liégeois depuis 1976, elle est l'héritière d'une usine fondée en 1858, qui fut associée à Villerupt, et passa en 1960 par le groupe Pont-à-Mousson; elle compta jusqu'à 800 personnes en 1930. Assez stable entre 1954 et 1990, la population d'Aubrives diminue depuis: la commune a perdu 130 hab. entre 1999 et 2008.

Hierges (220 Hiergeois, 405 ha) est juste à la frontière à l'ouest d'Aubrives, un peu à l’écart de la vallée de la Meuse. Elle s’enorgueillit de maisons anciennes et de restes d’un château fort (classé, surtout 16e et 18e s.) que l’on attribue volontiers ici à l’ubiquiste Mélusine; elle postule parmi les «plus beaux villages de France»; elle a une fabrique de briques réfractaires (Pousseur, 45 sal.).


Vireux-Molhain

1 710 hab. (Viroquois), 829 ha dont 480 de bois, commune du département des Ardennes dans le canton de Givet, 11 km au SO de la ville sur la rive gauche de la Meuse, face à Vireux-Wallerand au confluent du Viroin, rivière belge fort encaissée qui vient de Couvin, et frontalière de la Belgique (route vers Couvin). La commune conserve une ancienne cathédrale abbatiale et a une réserve naturelle géologique (trilobites du dévonien).

Son territoire est traversé par la route principale et la voie ferrée (gare). Son habitat est triple: un village de rive à l'est sous le mont Vireux, Molhain sur le relief à l'ouest, la cité de la Montagne des Vignes au sud sur le plateau. Les usines occupent les plaines de la Meuse et du Viroin, mais sont de simples ateliers: mécanique Endel (30 sal.), chaudronnerie Teruel (25 sal.), engrais FCA (25 sal.) et chimie ITW (Spraylac, 20 sal.), ingénierie Ségula (20 sal.), transports CDC (25 sal.). La population a dépassé 2 000 hab. en 1975 (et en 1911), et perdu 160 hab. de 1999 à 2008.


Vireux-Wallerand

1 980 hab. (Viroquois), 2 107 ha dont 1 638 de bois, commune du département des Ardennes dans le canton de Givet, 11 km au SO de la ville sur la rive droite de la Meuse, face à Vireux-Molhain à laquelle un pont la relie. Le centre est près de la rive, l'habitat s'étale vers le sud sur les collines et le finage est couvert par la forêt sur le plateau au sud-est. La commune a un collège public, une scierie (Ardennaise, 45 sal.) et une exploitation forestière (Lambert, 30 sal.), transports par autocars Francotte (45 sal.). Sa population était montée à 2 200 hab. en 1968 et décline depuis; elle a perdu une centaine d'habitants de 1999 à 2008.