Canton d'Ax-les-Thermes

Ax-les-Thermes

1 460 hab. (Axéens), 3 026 ha dont 2 420 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Ariège dans l'arrondissement de Foix, 45 km au SE de la préfecture. La ville est à l'entrée du Val d'Ariège, à 720 m, au confluent de l'Ariège et de l'Oriège. Porte de l'Espagne au Moyen Âge, elle fut une active ville marchande, animée par une bourgeoisie relativement cossue dont quelques maisons portent la trace. Elle fut aussi précocement une ville d'eaux; les sources sulfurées jaillissent en pleine ville et celle-ci eut très tôt un hôpital pour lépreux et un bassin des ladres où ils pouvaient se baigner. À partir du 16e s. les bains ont été fréquentés aussi par les autres, et la source du Couloubret a été équipée en 1737, trois autres au 19e siècle, l'ensemble fusionnant en 1867 pour former l'établissement thermal.

Les eaux très chargées en soufre sortent fort chaudes, jusqu'à 78°C, et la ville en reçoit un parfum typé. Le nom, qui semble d'origine romaine et évoque les eaux (Aquae), a été complété par «les Thermes» en 1888; selon certains érudits il aurait pu être à l'origine Ats, terme évoquant une mauvaise odeur; c'est en tous cas la prononciation locale traditionnelle… Ax reçoit 7 000 curistes par an environ (130 000 nuitées), ce qui la met au niveau des plus actives stations des Pyrénées centrales, hors Luchon.

Les thermes du Couloubret emploient 25 personnes, ceux du Teich 55; ils appartiennent à la Société thermale d'Ax, créée en 1879 et qui relève du groupe Eurothermes (famille Ébrard). Le casino, du groupe Moliflor, n’a qu’une activité modérée (30 sal., 156e en France). Ax compte 9 hôtels (180 chambres), 2 340 résidences secondaires, formant les trois quarts des logements. La station emploie 35 salariés (société Sava), l'établissement d’économie mixte de thalassothérapie (Semttax) environ 50.

À la fonction thermale maintenue et au passage vers l'Espagne s'est ajoutée la fonction de loisirs estivaux et surtout hivernaux: la commune a aménagé au SO, sur le plateau de Bonascre et les pentes de la Tute de l'Ours (2 305 m), la station de ski du Saquet. Accessible dès 1955 par un téléphérique, elle le fut ensuite par une route de 8 km montant à plus de 1 300 m, ce qui entraîna l'abandon du téléphérique dès 1975; la station compte 25 pistes et 17 remontées. En outre s'est développée une fonction nodale ou de carrefour, les routes qui sortent d'Ax menant en Andorre, en Cerdagne et en Espagne vers le sud, dans la vallée d'Orlu et dans celle de l'Aude par le col de Pailhères à l'est, dans celle de l'Hers et au-delà par le col de Chioula au nord. Le territoire communal monte au SO jusqu'au pic de l'étang Rébenty, à 2 415 m.

Ax, «station verte de vacances», dispose d'un collège public, d'un hôpital local (5 lits), de trois villages de vacances dont l'un, le Tarbesou sur le plateau de Bonascre, offre près de 400 places; les Tilleuls emploient 50 personnes à l'hébergement touristique, la Sava Sem 70 sal. aux téléphériques et remontées mécaniques. La population de la commune a culminé à près de 2 000 hab. en 1836; elle fut de 1 300 hab. à son minimum (1936), est montée à 1 690 hab. en 1968 puis s'est un peu tassée, perdant encore 50 hab. de 1999 à 2009.

Le canton a 3 000 hab., 14 communes, 37 736 ha dont 14 475 de bois; limitrophe de l'Aude, des Pyrénées-Orientales et de l'Andorre, il occupe presque tout le haut bassin de l'Ariège. La haute vallée de l'Ariège est divisée en deux communes, L'Hospitalet-près-l'Andorre et Mérens-les-Vals. À l'est d'Ax débouchent deux vallées. Celle d'Orlu vient du SE, drainée par l'Oriège; celle d'Ascou vient du NE. Le canton comporte 70% de résidences secondaires. La communauté de communes des Vallées d’Ax groupe 39 communes (5 700 hab.) des cantons d’Ax et des Cabannes et siège à Luzenac.

Ascou (130 Ascounais, 3 559 ha dont 1 730 de bois) s'étage vers 1 000 m sur une soulane qui domine la vallée de la Lauze, 4 km ENE au-dessus d'Ax; la commune, qui a eu 1 000 hab. en 1836, s'étend au SE jusqu'à la Dent d'Orlu (2 222 m), à l'est jusqu'au Tarbesou (2 364) et au col de Pailhères (2 001), au nord jusqu'au pic de Serembarre (1 851). Deux routes mènent aux gorges du Rébenty au NE par le col du Pradel (1 673 m) sous le Serembarre, au Donezan et aux gorges de l'Aude à l'est par le col de Pailhères. Un peu en amont du village a été barré en 1946 le lac de Goulours (6 ha, 0,4 Mm3) qui alimente la centrale du Teil à Orgeix. Sous le Tarbesou a été aménagée la station de ski d'Ascou-Pailhères, qui dispose de 15 pistes et 6 remontées mécaniques. La commune a un camping et 74% de résidences secondaires.

Ascou fait partie d'une série de petits villages de soulane qui dominent le val d'Ariège au nord-ouest d'Ax: Sorgeat (100 Sorgeatois, 1 892 ha dont 700 de bois, à 1 050 m), Ignaux (90 Ignaous, 549 ha, à 980 m), Vaychis (31 Vaychissiens, 449 ha, à 860 m), Tignac (23 Tignacois, 353 ha, à 840 m); seule Sorgeat a un finage assez étendu, qui atteint au NE le pic de Serembarre et la limite départementale. Tout au nord d'Ignaux, la route monte au col de Chioula (1 431 m) et au refuge du Chioula qui le domine à l'est, à 1 600 m. Le Chioula est un site équipé pour le ski de fond (60 km de pistes).

De l'autre côté du Chioula, on passe aux sources et dans le bassin de l'Hers, en entrant dans le pays d'Alion par la commune de Prades (50 Pradéens, 2 897 ha dont 1 500 de bois). Le village, à 1 250 m d'altitude, est à 16 km au nord d'Ax par la route (8 à vol d'oiseau); il a eu 870 hab. au début du 19e s.; une forêt domaniale couvre l'ombrée au-dessus de la vallée de l'Hers, qui s'enfonce en direction des gorges de la Frau.

C'est un peu au-dessus de Prades, à l'est, que se trouve le minuscule village de Montaillou (34 Montaillonois, 861 ha dont 400 de bois), perché à 1 325 m, peuplé de 360 hab. en 1806, qui ne doit guère sa célébrité qu'à la publicité que lui a donnée l'étude d'Emmanuel Le Roy-Ladurie, mais en a tiré le plus large parti et affiche même un site Internet (http://www.mairie-montaillou.fr). Plusieurs opérations de rénovation et restauration ont été entreprises au village, ainsi que fouilles, spectacles historiques et colloques; il conserve les ruines d'une tour de son château féodal, qui la hisse parmi les hauts lieux prétendûment cathares, et bénéficie sur le relief, près du roc de Quercourt (1 820 m), d'une station de ski partagée avec l'audoise Camurac (16 pistes et 7 remontées, avec route d'accès). On compte à Montaillou 63 résidences secondaires pour 19 principales…

Montaillou

Montaillou est sorti de l'obscurité avec «Montaillou, village occitan de 1294 à 1324», publié par l'historien Emmanuel Le Roy-Ladurie chez Gallimard en 1975 et disponible en poche (Folio Histoire). L'auteur y avait étudié les livres de l'Inquisition. «Depuis sa découverte par Dollinger, ensuite par Monseigneur Vidal et enfin par notre cher Jean Duvernoy, cohorte prestigieuse à laquelle je me suis modestement agrégé sur le tard, Montaillou a pris de nouvelles dimensions; me semble-t-il; double symbole des pays d'oc et de la Catalogne; dernier vestige d'une relative libre pensée en attendant la Renaissance et la Réforme qui relèveront le flambeau; concrétisation, enfin, comme Astérix, du dernier village, luttant contre un conformisme à certains égards sympathique (on finit par aimer Benoit XII, Jacques Fournier à l'époque de 1320, celle qui nous concerne [l'inquisiteur Fournier, devenu pape d'Avignon par la suite]) mais conformisme écrasant quand même et qui voudrait agir à la façon d'un antiseptique, effaçant tout sur son passage, car il est insupportable que puisse subsister quelque part une trace de doute à l'endroit des vérités communément admises» écrit E. Le Roy-Ladurie, qui toutefois ajoute aussitôt: «seul le silence est sûr, tout le reste est courage» (http://www.mairie-montaillou.fr).

Le canton d'Ax compte enfin deux communes au fond du Val d'Ariège, dont les finages s'étendent loin vers le sud. Savignac-les-Ormeaux (420 Savignacois, 2 861 ha dont 1 143 de bois) est à 2 km en aval d'Ax à 680 m; son nom a été allongé en 1936; son finage, qui n'a jamais eu plus de 540 hab. (1851), s'étend sur 13 km vers le SSO, en remontant toute l'étroite vallée du Najar. Celle-ci débute par un beau cirque avec étangs, sous le pic Fourcade (2 675 m), accessible par le GR 10.

Perles-et-Castelet (200 Perlois, 1 777 ha dont 601 de bois), juste en aval, réunit un village de fond de val au bord de l'Ariège, le Castelet, avec gare et usine électrique, et le vieux village de Perles, perché en soulane au-dessous de Tignacc; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2009. Le finage monte au sud sur le plateau d'Aston, mais moins loin que celui de Savignac, jusqu'au pic Espaillat (2 263); centre de vacances d'EDF. La communauté de communes des Vallées d'Ax groupe 39 communes (5 600 hab.) des cantons d'Ax et des Cabannes et siège à Luzenac.


Hospitalet-près-l'Andorre (L')

90 hab. (Espitalois), 2 612 ha dont 212 de bois, commune du département de l'Ariège dans le canton d'Ax-les-Thermes, 18 km au sud du chef-lieu, à 1 450 m. Le village, au fond de la vallée de l'Ariège, est au départ du tunnel ferroviaire et du tunnel routier, tous deux de 5 km, qui passent sous le col du Puymorens et débouchent en Cerdagne. Au-delà du village, et dans le département voisin, la route mène à la fois en Cerdagne et en Andorre, d'un côté par le col du Puymorens, de l'autre par le Pas de la Case et le port d'Envalira.

La commune est limitrophe des Pyrénées-Orientales et de l'Andorre. Côté est, elle est peu étendue mais monte au pic de Querfour à 2 585 m; côté ouest elle va plus loin, jusqu'au pic de la Cabanette (2 818) et au pic d'Ascobès (2 779) qui domine un beau cirque avec lac glaciaire. Le nom était seulement L'Hospitalet jusqu'en 1928; le finage n'a jamais été très peuplé: il avait environ 130 hab. au 19e s.; le maximum démographique est de 1962 (190 hab.); mais la population aurait diminué de près de moitié depuis 1999 (170 hab.).


Mérens-les-Vals

190 hab. (Mérengois), 8 012 ha dont 3 500 de bois, commune de l’Ariège dans le canton d’Ax-les-Thermes, 8 km au sud du chef-lieu, à 1 050 m. La mention «les Vals» a été ajoutée en 1932. La commune, étendue des deux côtés de la vallée, va au SE jusqu’au pic Pédrous (2 842 m) à la limite des Pyrénées-Orientales dans le massif du Carlit, et au SO aux pics de l’Albe (2 764), de Ruf (2 616) et de Rulhe (2 783), ouvrant une étroite fenêtre sur la frontière andorrane par le col de l’Albe et dominant un cirque étroit enjolivé d’une série d’étangs. Au-dessus du village, se dresse la tour ruinée du clocher carré d’une très vieille église (10e-11e s.); un camping, 50% de résidences secondaires.

L'Ariège entre dans la commune aux Bordes de Saillens, par la cascade de Bésines, d'où l'on atteint à l'est le lac des Bésines et le refuge de 54 places aménagé en 1966 à 2 240 m. La voie ferrée gagne à Saillens quelques dizaines de mètres au prix d'un tunnel hélicoïdal; la première usine hydroélectrique de la rivière y est installée, suivie d'une autre au village. Tout un ensemble de petits lacs agrémentent la montagne de part et d'autre de Mérens, parmi lesquels chemine le GR 10, par les vallées du Nabre à l'est, du Mourgouillou à l'ouest. Mérens est à l'origine d'une race de cheval noir, petit et rustique, apparemment depuis la préhistoire; le troupeau serait de 2 000 têtes environ. La population communale a culminé à 900 hab. en 1906 et son minimum a été de 140 hab. en 1982.


Orlu

200 hab. (Orluséens), 7 079 ha dont 1 455 de bois, commune de l'Ariège dans le canton d'Ax-les-Thermes, 6 km ESE du chef-lieu, à 875 m. Le village est en aval d'une spectaculaire vallée rectiligne, parfaitement calibrée par les glaciers, drainée par l'Oriège; elle mène au massif du Carlit et elle est dominée au nord par la silhouette caractéristique de la Dent d'Orlu (2 222 m), haut lieu du vol libre. La population communale a culminé à 550 hab. en 1841 et atteint son minimum à 125 hab. en 1968. Orlu a reçu un observatoire de la montagne, une maison des Loups, un parc d'aventure dans les arbres, deux villages de vacances dont un de 126 places; un camping (100 places), et plus d'une moitié de résidences secondaires.

En amont du village, les Forges d'Orlu sont à la confluence de deux hautes vallées. La plus orientale est celle de la haute Oriège, coudée à angle droit, qui vient de l'étang Faury au pied du pic de même nom (2 702) et qui est dominée à l'est par les pics de la Coumette d'Espagne (2 763 m) et de la Grande Porteille (2 765); près de l'étang de Beys (ou en Beys), qui est à 1 956 m, a été aménagé un refuge de 50 places, qu'atteint le GR 7.

L'autre vallée, à l'ouest des pics de Roque Rouge, du Cap de Pinet (2 420) et du pic de Beys (2 532), est celle de Naguilles; dominée par les pics de l'Étang Faury, de l'Esquine d'Ase (l'Échine d'Âne, 2 706) et de l'Homme (2 464), elle contient plusieurs étangs, et le grand lac de Naguilles, créé en 1959 derrière un barrage-voûte de 51 m de haut à 1 880 m, et qui stocke 43 Mm3. Le lac alimente l'usine hydroélectrique des Forges d'Orlu, où les forges ont depuis longtemps disparu; cette centrale, à 900 m, a été refaite en 1958 et sa puissance portée à 80 MW.

En aval d'Orlu à 2 km, Orgeix (100 Orgeixois,, 1 839 ha dont 690 de bois, à 820 m) a deux petites usines hydroélectriques (5 et 6 MW), alimentées l'une par l'Oriège, l'autre par la vallée voisine d'Ascou (lac de Goulours) et le petit lac de Campauleil, accessible à pied depuis Ax. La commune s'étend au sud, où elle occupe les deux versants d'un vallon qui descend du pic de l'Homme, au-dessus d'un étang glaciaire; elle a gagné 25 hab. de 1999 à 2009. L'ensemble de la vallée de l'Oriège produit environ 160 GWh par an.