Canton d'Oust

Oust

560 hab. (Oustois), 1 897 ha dont 611 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Ariège dans l'arrondissement de Saint-Girons, 20 km ESE de la ville dans la vallée du Garbet juste en amont du confluent avec le Salat, à 500 m. Le village s'était fait une petite réputation dans la fabrication de fromages et s'était même laissé aller à vanter le «camembert d'Oust», avant de revenir à des propositions plus locales.

La commune est assez peu étendue de part et d'autre du Garbet et s'avance en pointe vers le SE où elle atteint 1 669 m. Oust a eu 1 700 hab. en 1820 et conservait 1 500 en 1896, avant de chuter à 400 hab. en 1962 puis de reprendre un peu (+40 hab. de 1999 à 2009). Elle a un hôtel; deux campings (150 places) et 260 résidences secondaires, autant que de principales.

Le canton a 3 000 hab. (2 800 en 1999, 8 communes, 38 537 ha dont 13 217 de bois; il englobe tout le haut bassin du Salat, dont les communes montagnardes de Seix et Couflens, Ustou et Aulus-les-Bains. Juste en aval d'Oust au fond de la vallée du Salat, Soueix-Rogalle (400 Soueissois dont 70 à Rogalle, 1 365 ha dont 600 de bois) est la commune la plus septentrionale, et vient d'une fusion de 1972; elle a une église romane (12e s.), un village de vacances, un camping et plus de 55% de résidences secondaires. Le Salat s’enfonce en aval de Soueix dans les gorges de Ribaute, où il reçoit l’Arac: ces gorges verrouillent ainsi les accès aux cantons d’Oust et de Massat.

En amont d’Oust dans la vallée du Garbet à 8 km SE, Ercé (560 Ercéens, 4 075 ha dont 1 462 de bois, à 620 m) est une commune de moyenne montagne, qui s’est beaucoup dépeuplée: elle avait 3 900 hab. en 1846, et encore 2 600 en 1911. Ercé a 315 résideces secondaires (53% des logements), un village de vacances, une maison de retraite médicalisée; foire agricole d'automne, musée des montreurs d'ours. La communauté de communes du canton d'Oust coïncide avec le canton et a son siège à Seix.


Aulus-les-Bains

220 hab. (Aulusiens), 5 224 ha dont 1 630 de bois, commune de l'Ariège dans le canton d'Oust, à 750 m, 15 km au SSE du chef-lieu par la petite route du fond de la vallée du Garbet, 26 km par la route principale qui passe par Seix, Ustou et le col de Latrape. Aulus, à 760 m, fut une étape sur la route du Vicdessos par le port de Saleix, situé à 1 794 m à l'est du village, mais qui n'a jamais connu de route: on y faisait passer les charbons de bois vers le Vicdessos, et le fer dans l'autre sens. Il n'est emprunté à présent que par le GR 10. Aulus fut aussi un village de montreurs d'ours.

Mais sa gloire relative vient des eaux thermales, dont les vertus curatives apparurent en 1829, et qui furent mises en valeur sous le Second Empire. Un casino y apparut en 1881 et la station était réputée soigner la syphilis; la régression de celle-ci contribua à l'abandon de la station, qui dut fermer et ne fut relancée qu'en 1983; et cependant c'est en 1938 qu'elle put ajouter «les Bains» à son nom… Les thermes sont de 1989 et utilisent quatre sources différentes; on dit y traiter cholestérol et triglycérides et l'on y propose des boues de la mer Morte.

La saison ne voit passer que 300 curistes (6 500 nuitées). La commune est «station verte de vacances»; elle a un village de vacances, pas de casino; deux hôtels, un camping de 100 places, 300 résidences secondaires pour 150 principales. Des mines de plomb argentifère et de zinc ont été exploitées dans la commune au 14e siècle, et encore sporadiquement au 19e. Aulus a eu plus de 1 000 hab. dans la première moitié du 19e s. Sa population a décliné jusqu'en 2999; elle a repris 30 hab. depuis.

Le territoire communal englobe les têtes du Garbet, formant trois vallées glaciaires issues de cirques étroits et enjolivées de cascades: celle du Fouillet à l'ouest, qui n'atteint pas la frontière mais se termine sous le pic de Séron (2 489 m) par le bel étang rond d'Aubé (2 094 m, 7 ha, 44 m de profondeur); celle d'Ars au centre qui atteint la crête frontière sous le pic de Turguilla (2 527 m) à l'ouest et de Puntossan à l'est (2 695) et où la cascade d'Ars saute de 110 m; celle du Garbet lui-même à l'est, menant aux pic Rouge de Bassiès (2 676) et des Trois Comtes (2 620), et qui contient l'étang du Garbet (1 683 m, 16 ha) et, bien plus haut à 1 989 m, le petit étang Bleu. À l'est d'Aulus, la route du Vicdessos, plutôt que d'emprunter le port de Saleix, passe au nord par celui d'Agnès (1 570 m), qui mène au port de Lers.


Seix

830 hab. (Seixois), 8 678 ha dont 2 844 de bois, commune de l'Ariège dans le canton d'Oust, 2 km au SO du chef-lieu au bord du Salat à 510 m. Le village, assez bien équipé, où siège la communauté de communes du canton d'Oust, est dominé par le sommet du Cos (1 013 m, large panorama). Il conserve le château féodal de Vernon, successeur du château «royal», flanqué de trois tours rondes et s'orne d'une église fortifiée et de maisons à galeries. Il offre un collège public, un centre d'interprétation des cultures locales avec musée-maison du patrimoine au château en cours de restauration, la maison du Haut-Salat (centre international de séjour) dans une ancienne scierie de marbre, et un musée du marbre et de géologie. Seix a plusieurs villages et centres de vacances dont un de 350 places, la commune cumulant 1 200 lits de tourisme et se classant «station verte de vacances»; 560 résidences secondaires contre 410 principales, un petit hôtel, deux campings (160 places).

Seix fut une possession languedocienne enclavée dans le Couserans, et le village a été fondé ou refait en 1280, en paréage entre le roi et le seigneur local, Balbi de Vernon, et eut le statut de ville franche. Très étendue, la commune atteint au sud la crête frontière, entre le Valier et le pic de la Pale (2 721 m) à l'ouest, les abords du pic de Montaud (2 496) au SE; on y a extrait du marbre, et elle avait plus de 4 000 hab. dans les années 1840, 3 000 en 1900, 2 000 en 1926 avant de passer au-dessous de 1 000 en 1976; elle a regagné 110 hab. depuis 1999.

La vallée centrale d'Estours mène au port d'Aula (2 260 m), l'un des plus fréquentés jadis dans les Pyrénées ariégeoises. Une difficile route de montagne y conduit, mais sans débouché en Espagne, et non pas par la vallée, mais à partir de Couflens sur le Salat, en passant par l'étang d'Areau (1 886 m, 2 ha). Le fond de vallée d'Estours n'est suivi que par le GR 10; une usine hydroélectrique est au hameau d'Estours; la grotte des Hommes morts s'ouvre au-dessus du hameau. Au nord, la commune englobe une part de la vallée d'Esbints, dont la soulane porte la route du Salat au Lez par le pas de la Core; au SE, la limite suit le cours du Salat et de son affluent l'Angouls.

En amont de Seix sur le Salat, à 11 km au sud à 700 m, Couflens n'a plus que 85 habitants (Couflensois), contre 1 500 en 1846; mais c'est un peu mieux qu'en 1999. Elle a 220 résidences secondaires pour une cinquantaine de résidences principale. Son territoire s'étend sur 5 626 ha dont 1 692 de bois. Le village a été plusieurs fois victime de crues, encore en 1982. Le finage englobe toute la haute vallée du Salat, sous le mont Rouch (2 858 m), soit deux cirques dominés par la crête frontière et confluant à Salau. Le hameau de Salau a longtemps servi d'étape de pied de col vers le port de Salau qui, à 2 087 m seulement, fut le plus fréquenté des Pyrénées ariégeoises, déjà à l'époque du Fer, et au Moyen Âge; on y passa même des troncs d'arbres pour les papeteries du Couserans. Une église romane des hospitaliers de Saint-Jean (12e s.) y subsiste, survivance d'un relais hospitalier; une mine de tungstène fut exploitée, dans le cirque oriental, entre 1971 et 1986, dont on sortit un million de tonnes de minerai. Une usine hydroélectrique fonctionne à Salau.


Ustou

350 hab. (Ustouens), 9 834 ha dont 3 763 de bois, commune de l'Ariège dans le canton d'Oust, 15 km au SSE du chef-lieu à 750 m. L'habitat est très dispersé; les trois villages principaux, Bielle, le Trein et Sérac, voisinent dans la vallée de l'Alet, dite vallée d'Ustou. Très étendue, la commune va au nord jusqu'au confluent de l'Alet et du Salat. Juste au-dessus, se dressent sur un promontoire à 1 270 m les ruines du château féodal de Mirabat, que l'on peut atteindre en deux heures de rude sentier et qui passe pour le plus ancien de l'Ariège.

Au sud, la vallée principale se divise en deux cirques, drainés par l'Ossèse (à l'ouest) et le ruisseau des Cors (à l'est). Le premier, plus étroit, mène au port de Marterat (2 217 m) dominé par le pic de même nom (2 662 m) et culmine au pic de Lasaugède (2 760 m); la commune dépasse la crête occidentale à hauteur de Couflens, atteignant même les premières maisons de ce village. Le cirque oriental est connu sous le nom de cirque de Cagateille; l'un des plus beaux des Pyrénées ariégeoises, il est classé depuis 1993 et protégé, et s'agrémente de plusieurs lacs d'altitude, de Turguilla à l'est, de la Hillette au centre et surtout l'étang d'Alet au SO, à 1 904 m, de 13 ha et profond de 60 m, un record en Ariège. L'ensemble culmine au Certescans (2 840 m) mais ne présente pas de port commode vers l'Espagne. Ces cirques ont de belles cascades, et l'on y a exploité un peu de plomb et de zinc sous le Second Empire.

À l'est de la commune a été aménagée la station de ski alpin de Guzet-Neige, ouverte en 1961 et devenue la plus grande d'Ariège, avec 34 pistes et 18 remontées mécaniques plus une patinoire, mais qui nécessite souvent l'intervention des canons à neige. Elle communique avec le col de Latrape, par où la route du Salat permet d'atteindre Aulus-les-Bains. Ustou a un hôtel, deux campings (110 places) et 1 075 résidences secondaires pour 240 principales; elle a eu jusqu’à 3 400 hab. vers 1840, et sa population s’est effondrée tout au long du 20e siècle; fait nouveau, elle a regagné 40 hab. entre 1999 et 2009.