Canton de Chalabre

Chalabre

1 170 hab. (Chalabrais), 1 549 ha dont 548 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Aude dans l'arrondissement de Limoux, 25 km au SO de Limoux. Le village est au bord de l'Hers, qu'il longe par des maisons en encorbellement. C'est une bastide du 13e siècle qui a conservé des halles centrales et des maisons intéressantes, ainsi qu'un grand château des Mauléon (surtout 17e-18e s.) entouré d'un vaste parc aménagé en parc de loisirs à thèmes historiques; hôpital local public, collège public, centre de convalescence Christina (50 sal.). La commune a eu 3 000 hab. au début du 19e siècle et sa population n'a cessé de diminuer depuis, avec un long palier vers 1 800 hab. entre 1920 et 1970.

Le canton a 3 500 hab. (3 300 en 1999), 15 communes, 20 198 ha dont 8 506 de bois et, à une petite commune près, forme la communauté de communes du Chalabrais (14 communes, 3 300 hab.), qui siège au chef-lieu. Il s'étire du nord au sud le long de la limite du département de l'Ariège, dans le haut bassin de l'Hers. Il s'est bien dépeuplé et a perdu ses dernières industries dans les années 1970, mais conserve de nombreux restes de châteaux médiévaux et des maisons à pans de bois. Au nord du chef-lieu, son territoire est fait de fortes collines du piémont molassique, boisées, à fortes pentes, comme dans la petite commune de Corbières (40 Corbiérais, 853 ha dont 399 de bois), 9 km au nord de Chalabre à 540 m, où l'on voit des restes d'un château des seigneurs du Quercorb qu'appréciait Trencavel, et où l'on monte au pic de Balaguier (619 m, panorama).

À l'extrême nord du canton, le château de Caudeval (190 Caudevalois, 719 ha), dans la vallée affluente de l'Ambrone, 9 km à l'est de Mirepoix, a des restes remontant jusqu'au 12e s., des décors de gypseries et deux musées privés d'objets romains et d'artillerie.

Au sud, le canton appartient au système des plis pyrénéens. Sainte-Colombe-sur-l'Hers (520 Sainte-Colombiens, 1 061 ha dont 393 de bois), 7 km au SO, qui fait une saillie dans le département voisin sur le versant nord du Plantaurel, fut un village industriel (textile) mais n'en a presque rien gardé, si ce n'est un atelier de cardé (la Boule de Neige, 35 sal.); on y a aussi extrait du jais au 18e s. Le dépeuplement semble arrêté depuis 1980, mais la commune a eu 1 350 hab. en 1881. Rivel (230 Rivelois, 2 430 ha dont 1 032 de bois), juste à l'est de la précédente, est au fond de la cluse par laquelle un petit affluent de l'Hers tranche le Plantaurel, en un double entonnoir de crêts. La commune inclut au sud la forêt de Sainte-Colombe, sur le plateau karstique (grottes) prolongeant le pays de Sault et montant à 1 108 m au Sarrat de Rouyre; on y fabriquait des comportes, d'où le surnom de Rivel de las Sénals.

Puivert (530 Puivertains, 4 129 ha dont 1 924 de bois), 9 km SSE de Chalabre et sur la route qui longe les Pyrénées de Lavelanet (19 km) à Quillan (16 km), occupe une position forte sur la percée des gorges du Blau, affluent de l’Hers, vers 480 m; les ruines de son château féodal témoignent de l’intérêt de la position, à la sortie d’un large bassin karstique dégagé dans les calcaires jurassiques dans le prolongement de la combe du Plantaurel; musée du Quercorb, un terrain de camping de 60 places, 130 résidences secondaires sur 260 logements: la moitié. Un aérodrome (code LFNW) tire parti des ascendances qui se produisent au-dessus de ce bassin et favorisent le vol à voile; il a une piste gazonnée de 750 m. Au sud du bassin s’élève le pic du Minier, qui monte à 1 107 m et domine la reculée du Blau, où se tapit le hameau de l’Escale; le col du Chandelier (854 m) permet d’accéder au plateau de Sault et à la haute Ariège. Puivert a eu 1 800 hab. au début du 19e siècle, encore un millier dans les années 1920, mais semble avoir cessé de se dépeupler: elle a repris 110 hab. entre 1999 et 2009.