Canton de Quillan

Quillan

3 500 hab. (Quillanais) dont 160 à part, 2 097 ha dont 495 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Aude dans l'arrondissement de Limoux, 28 km au sud de celle-ci dans un petit bassin par lequel la vallée de l'Aude s'élargit à sa sortie des Pyrénées. La ville est sur la route du pied des Pyrénées, qui joint Foix et Lavelanet à Perpignan. Cette position de carrefour et de contact avait été exploitée par des industries, spécialement les bois, la clouterie et la chaussure.

L'industrie de la chapellerie avait été introduite dans la vallée de l'Aude par des prisonniers audois revenus de captivité en Silésie; on y comptait 80 usines et 3 500 salariés dans les années 1930; il reste un atelier de 15 personnes à Montazels. L'industrie de la chaussure avait été impulsée par la famille Riu-Sarda dans les années 1920, à ce nom et sous l'enseigne Myrys, qui employa jusqu'à 1 500 salariés en 1980, et qui disposait alors de 185 magasins; l'usine a fermé en 2000, avec 180 licenciements. Il n'en reste plus rien, et même l'usine de stratifiés Formica, apparue en 1951, qui a longtemps maintenu l'emploi de la ville en substitution des industries traditionnelles, a disparu en 2004, ouvrant une crise difficile; la société conserve 30 sal. pour des traitements de surfaces métalliques.

Il reste à Quillan des perspectives touristiques, mais dont la mise en valeur n'est engagée qu'à un niveau modéré; constructions Ocbat (25 sal.), travaux publics OCTP (35 sal.), négoce de produits chimiques Huntsman (45 sal.), supermarché Carrefour (40 sal.). Un gros château militaire des archevêques de Narbonne (14-15e s.) campe au-dessus de la ville, dotée d'une église romane; Espace cathare (musée, expositions); lycée professionnel et collège publics; une clinique de 37 lits. Quillan se veut «station verte de vacances». Sa population a augmenté jusqu'à frôler 5 000 hab. en 1975 (sdc), et a perdu 1 500 habitants depuis, encore 190 entre 1999 et 2009. La communauté de communes Aude en Pyrénées groupe 16 communes et 8 500 hab., et siège à Quillan.

Le canton a 8 400 hab., 18 communes, 21 624 ha dont 7 625 de bois. Il chevauche le rebord des Pyrénées et touche au SE au département des Pyrénées-Orientales. Les collines et plateaux au nord sont déjà du piémont, et cultivés; Nébias (280 Nébiasais, 1 269 ha dont 584 de bois), sur la route principale à 9 km ONO de Quillan à 580 m, a un château du 13e siècle très remanié aux 17e et 18e et propose un labyrinthe rocheux près d'un ancien moulin à vent, ainsi qu'un musée de la chasse et de la faune pyrénéennes et une base d'ULM; atelier de radio (ECE, 60 sal.). Campagne-sur-Aude (670 Campenois, 597 ha dont 49 de vignes), 6 km en aval de Quillan, a eu des thermes, à présent désaffectés; cave coopérative, quelques petits ateliers, fabrique de blanquette de limoux des Celliers de la Lune de miel (Salasar, 25 sal.). Un peu plus loin, Espéraza relayait Quillan et Limoux comme ville industrielle.

Les reliefs du sud, où se retrouve l'organisation est-ouest des plis prépyrénéens, sont plus hauts et très boisés; le point culminant est à 1 288 m au Picoulet de Quirheuf, dans la commune de Quirbajou (40 Quirbajounais, 1 395 ha dont 808 de bois, à 820 m), dont le village reste difficilement accessible de Quillan (24 km de route pour 5 km à vol d'oiseau); ce village domine les gorges du Rébenty, qui creusent profondément l'extrême sud du canton et abritent le petit village de Marsa (27 Marsans, 1 917 ha dont 1 574 de bois). Le site le plus spectaculaire est celui de la vallée de l'Aude elle-même, qui s'enfonce dans les gorges de Pierre-Lys en aval d'Axat. À Saint-Martin-Lys (50 Martinlysois, 999 ha dont 260 de bois) au fond des gorges, à 8 km en amont de Quillan, Imerys exploite une carrière de calcaire (25 sal.).


Espéraza

2 100 hab. (Espérazannais), 1 052 ha, commune du département de l’Aude dans le canton de Quillan, 12 km au nord du chef-lieu dans la vallée de l’Aude; vieux pont, maisons anciennes, gare. La chapellerie fut sa grande spécialité, importée au début du 19e siècle par des habitants de Bugarach retour de captivité en Silésie. Elle y a disparu; son souvenir est rappelé dans un intéressant musée; un autre est consacré aux dinosaures. Reste une imprimerie d'étiquettes et thermocollages Y. Saunière (Monblason, 40 sal.); Intermarché (30 sal.). La population d’Espéraza a chuté depuis le maximum de 3 1 00 hab. dans les années 1930; elle a encore perdu 70 hab. entre 1999 et 2009.