Canton de la Courtine

Courtine (La)

900 hab. (Courtinois), 4 142 ha dont 630 de bois, chef-lieu de canton du département de la Creuse dans l'arrondissement d'Aubusson à 36 km au SSE de la ville, sur la route d'Ussel, à 780 m. C'est d'abord la base d'un grand camp militaire, situé au nord du village et qui s'étend sur 6 000 ha à des altitudes déjà élevées, atteignant 894 m. Le camp a été créé en 1902; des soldats russes y ont été cantonnés en 1917, pour les dissuader d'adhérer à la révolution, ce qui n'a empêché ni révoltes ni sanglantes répressions. Il sert à «l'instruction collective et à l'entraînement de tous types d'unités» et héberge en moyenne 400 personnes par jour. La voie ferrée de La Courtine à Ussel est maintenue pour les besoins du camp et d'un peu de fret.

La Courtine n'a pas de collège, mais est le site de l'usine panneaux et meubles de bureau en kit Alsapan ex-Ozoo (groupe EPI, 135 sal. contre 250 en 2005); Blanchisserie du Limousin (25 sal.), plomberie Magrit (25 sal.); établissement pour enfants; le village est aussi le siège de la communauté de communes des Sources de la Creuse, qui excède un peu le canton (13 communes, 2 500 hab.). La Courtine a absorbé en 1965 sa voisine Le Trucq, qui n'avait alors que 30 hab. contre 400 en 1820, et a porté les deux noms jusqu'en 1981.

Le canton a 1 900 hab., 9 communes, 22 833 ha dont 7 720 de bois; le plus méridional de la Creuse, il est limitrophe des départements du Puy-de-Dôme et de la Corrèze et s'étire d'ouest en est sur 28 km. Magnat-l'Étrange (240 hab., 2 587 ha dont 656 de bois) est un village un peu isolé au nord du camp, au bord de la Rozeille, affluent de la Tardes, à 670 m; plusieurs étangs, château du 17e s. en ruine, curieux double clocher-mur classé. La commune avait plus de 1 500 hab. vers 1900; elle a acquis une célébrité locale depuis que le marquis de l'Estrange, de retour de Russie dans les années 1760, importa et fit cultiver un chou de Russie, résistant au froid; sa culture en a été relancée en 2000 par une association ad hoc, et compte 100 000 plants en 2005.

Saint-Oradoux-de-Chirouze (90 hab., 2 858 ha dont 2 300 de bois), 8 km au NE de La Courtine à 800 m, englobe le grand étang de Méouze (66 ha) et la moitié de la forêt de Châteauvert; mottes castrales au sud de la commune, atelier de confection CSO (20 sal.); le camp de la Courtine occupe une bonne part du territoire communal, à l'ouest. Saint-Merd-la-Breuille (210 hab., 4 019 ha dont 519 de bois) est un peu à part à l'est du canton, à 780 m, à mi-chemin des bourgades de Giat (Puy-de-Dôme) et d'Eygurande et Merlines (Corrèze); la commune avait 1 250 hab. en 1851, encore 1 100 en 1901, puis 650 en 1946; elle a perdu 40 hab. de 1999 à 2008.

La partie occidentale du canton est drainée par la Creuse, qui a sa source dans la commune du Mas-d'Artige (100 hab., 1 621 ha dont 800 de bois), 6 km à l'ONO de La Courtine à 780 m; le col de Massoubre, à 828 m sur la route d'Aubusson à Ussel, y marque le partage des eaux entre les bassins de la Loire et de la Garonne; la commune avait atteint 470 hab. en 1851. Clairavaux (160 Clairavalois, 2 755 ha dont 1 009 de bois), 8 km au nord du Mas-d'Artige à 746 m, domine la rive droite de la Creuse; la commune, qui avait encore près de 800 hab. en 1900, comprend une partie du camp de La Courtine et, à l'ouest, partage avec Feniers un petit camp annexe perché sur le plateau.