Canton de Sigoulès

Sigoulès

1 000 hab. dont 190 à part, 1 086 ha, chef-lieu de canton de la Dordogne dans l’arrondissement de Bergerac, à 15 km SO de la ville. Le village est sur une éminence à la confluence de plusieurs vallons descendant au nord vers la vallée de la Gardonnette, qui foixe la limite septentrionale de la commune. Sigoulès a un collège privé et un lycée agricole privé au nord-est du village au Cluzeau, une zone artisanale du Roc de la Peyre à l'est; base de loisirs, 266 ha de vignes et la plus grande cave coopérative de Dordogne (plus de 300 adhérents, dans 84 communes). Au nord-ouest, Lestiganc conserve une église. Le village, dont la population était restée stable depuis longtemps, mais s'est accrue de 180 hab. entre 1999 et 2008, est le siège de la communauté de communes des Coteaux de Sigoulès, qui rassemble 9 communes (4 000 hab.).

Le canton, limitrophe du Lot-et-Garonne et de la Gironde, a 9 500 hab. (8 800 en 1999), dans 15 communes (18 800 ha), incluant les vignobles de Monbazillac et des côtes de Saussignac. Il comprend une partie de la vallée de la Dordogne à Lamonzie-Saint-Martin mais s’étend surtout sur les collines méridionales, traversées du SE au NO par la vallée encaissée de la Gardonnette, qui rejoint la Dordogne à Gardonne. À l’extrême nord en bordure de la Dordogne, 12 km à l’ouest de Bergerac et à la limite du département de la Gironde,Gardonne (1 400 hab., 826 ha dont 118 de vignes) est séparée de Bergerac par le finage de Lamonzie-Saint-Martin. Le village est sur la D 936, sur le rebord d'une terrasse un peu au-dessus de la Dordogne. Il a une gare et quelques employeurs: Berkem (65 sal., chimie fine pour cosmétiques à partir de plantes, spécialiste des OPC-proanthérols), constructions métalliques Vigier (30 sal.); vergers et pépinières (domaine Castang, 95 sal.). Le finage se limite à une partie de la terrasse. Les Guaybauds forment un hameau à l'ouest, une file de maisons suit à l'est la rive gauche de la Gardonnette, qui fixe la limite communale.

Razac-de-Saussignac (390 hab., 1 158 ha dont 380 de vignes) est au sud-ouest de Gardonne, sur un élément de plateau qui domine à l'ouest la vallée encaissée du Seignal. Au nord-ouest, le château de Bellevue se perche sur un promontoire au-dessus de la vallée; au nord, le hameau de Thenon est sur le rebord du plateau, au-dessus de la plaine alluviale dont la commune a une bonne part autour du hameau des Fretillières. Razac a été créée en 1836 à partir de Saussignac, avec près de 700 hab., et s'est dépeuplée jusqu'en 1975 (270 hab.); elle a gagné 50 hab. après 1999.

Saussignac (420 hab. et 897 ha dont 443 de vignes) est plus à l'est, sur une portion de plateau plus étroite entre deux profonds vallons. Le village a un château du 17e s. et sa propre AOC depuis 1982, produisant des vins semblables au monbazillac quoique moins liquoreux; château de la Fayolle au nord-ouest. Le finage comprend une part de plaine au nord, vers Gardonne, et s'élargit un peu au sud. Gageac-et-Rouillac (480 hab., 1 399 ha dont 340 de vignes), issue d’une fusion de 1827, occupe à l'est le reste du plateau, qui domine à l'est la vallée de la Gardonnette et le vallon de son affluent de gauche le Merlan. Gageac a un château des 15e-16e s. Le finage comprend au nord, au pied du plateau, le hameau de la Ferrière à un croisement de routes, sur l'ancien territoire de Rouillac qui n'a pas laissé de lieu-dit. La commune a eu 800 hab. en 1831, 360 au minimum de 1975.

Trois communes se partagent le sud-ouest du canton. Monestier (380 hab., 1 775 ha dont 256 de bois) est une commune complexe à la limite du département de la Gironde, qui suit le cours du Seignal. Le village est à 8 km ONO de Sigoulès au bord du Merlan. Son finage compte 432 ha de vignes; il s'étend sur le plateau, découpé par quelques vallons. Au nord-ouest, le château des Vigiers, qui exploite 30 ha de vignes, s'agrémente d'un étang et dispose d'un golf avec hostellerie (55 sal.); le château Bouzélie-Ségur est proche, sur le rebord du plateau. À l'ouest, le hameau de Couture conserve une église. Vers l'est, le territoire atteint le vallon du Brajaud, affluent de la Gardonnette, et contient le hameau de la Bastide, au plan quadrillé aussi caractéristique que son nom: c'est une bastide anglaise de 1284, restée inachevée ou de peu de succès, mais bien dessinée.

Thénac (390 hab. et 2 034 ha dont 518 de vignes) est au sud de Monestier, à 6 km OSO du chef-lieu sur une vigoureuse et longue butte contournée. Au sud sur une petite butte isolée, se perche le hameau de Puyguilhem, qui conserve des remparts de son château du 16e s. À l'extrémité sud-est, s'isole l'église de l'ancien prieuré de Monbos (12e s., inscrite). Cunèges (320 hab., 598 ha dont 117 de vignes), 4 km NO de Sigoulès, est au centre d'un élément de plateau entre la Gardonnette et le Brajaud.

Pomport (810 hab., 1 955 ha), à 3 km au nord de Sigoulès, est la deuxième commune viticole de la Dordogne après Monbazillac, avec 1 137 ha de vignes. Le village est au sud d'un assez grand finage, bordé au sud par la vallée de la Gardonnette et parsemé de buttes, surtout au nord: Montcuq, châteaux du Septy et de Fraget, hameau de Belingard; la chapelle Saint-Mayme (12e et 15e s., inscrite) est à leur pied. La commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2008. Rouffignac-de-Sigoulès (350 hab., 652 ha dont 179 de vignes) est un peu plus à l'est, sur la D 933, ancienne nationale 133; le village a une petite fabrique de matériel agricole (Bonny, 25 sal.); son finage s'arrête au sud à la Gardonnette. La commune a gagné 60 hab. après 1999.

Ribagnac (320 hab., 1 181 ha dont 216 de bois et 126 de vignes), 3 km à l’est de Sigoulès, abrite le château classé de Bridoire, des 15e-16e s., à sa pointe occidentale sur la rive gauche de la Gardonnette: remanié au 19e s., il a été repris par l’État en 2003 après avoir appartenu à l’empereur Bokassa et sa restauration a été entreprise. Le finage de Ribagnac est séparé de celui de Monbazillac par le cours de la Gardonnette, peu encaissé dans s apartie supérieure. L'habitat se disperse sur de longues buttes, comme aux Gendres à l'ouest (ancien moulin à vent) ou à Clapier Haut à la limite occidentale du finage.

Deux communes enfin sont au sud-est de Sigoulèes. Mescoules (160 hab., 485 ha dont 94 de vignes) est à 2 km SE du chef-lieu près de la D 933; dans une pointe qui atteint presque les maisons de Sigoulès au sud de la zone artisanale, le hameau de Foncaussade abrite une cave coopérative au bord de la D 15. Au sud, les hameaux de la Pleyssade donnent sur la vallée de l'Escourou. Flaugeac (360 hab., 735 ha dont 173 de vignes), à 3 km SE de Sigoulès, a un finage étroit, boisé au sud et qui atteint au nord le cours de la Gardonnette.


Lamonzie-Saint-Martin

2 300 hab., 2 064 ha, commune de Dordogne dans le canton de Sigoulès, 8 km à l'ouest de Bergerac; château classé des 15e et 18e s. La commune, dont le nom vient d'un couvent de moniales (la Mongie), s'étend dans la plaine de la Dordogne sur la rive gauche, et y disperse ses habitations. Elle n’est que très peu viticole (74 ha de vignes) autour du hameau du Monteil au sud-est, mais a des vergers. La commune a rassemblé dès la Révolution les paroisses du Monteil et de Saint-Martin de Gardonne; Saint-Martin est sur la rive en aval, près d'un château de même nom; Lamonzie sur la rive d'amont; un autre noyau d'habitat est né au Rieu-de-Laysse sur la route principale (D 936), avec la gare et un ancienne laiterie. Sa population a oscillé autour de 1 200 hab. du 19e s. à 1968 et augmente depuis; assez nombreux commerçants et artisans; métallerie Bio Inox (80 sal.), plastiques DSD (Diffusion Service Dordogne, 60 sal.), charpentes So Ge (20 sal.).


Monbazillac

1 050 hab. dont 90 à part, 1 958 ha dont 1 306 de vignes (1er du département), petite commune de la Dordogne à 7 km au sud de Bergerac dans le canton de Sigoulès. Elle est renommée pour ses vins blancs doux et liquoreux, où domine le sémillon, et pour son beau château renaissance de 1550, propriété de la cave coopérative créée en 1939, avec musée, parc, et 20 ha de vignes. L’appellation monbazillac (AOC depuis 1937) porte sur 3 000 ha de vignes dans 5 communes, dont 2 000 en production, et donne autour de 50 000 hl/an, dont un tiers par la coopérative; les cépages sont la muscadelle, le sauvignon et le sémillon et la production est orientée vers les blancs liquoreux; environ 160 viticulteurs dont 130 vinifient, 4 coopératives en tout.

Le finage comprend au nord une partie de la plaine de Bergerac, au centre un long coteau en pente douce, au sud-ouest un large élément de plateau calcaire, tout au sud, le versant découpé mais en pente douce qui descend vers la vallée de la Gardonnette; la vigne couvre les trois premiers terroirs. La commune accueille un lycée professionnel agricole de la Brie, dit de Bergerac, dans la plaine au nord. L'habitat du village, à l'est, s'étire sur deux routes parallèles de part et d'autre du château sur le relief; à cela s'ajoutent vers l'ouest le groupe des hameaux et châteaux du Touron, Malfourat et la Gueylardie, au sud-ouest les hameaux de Combet et des Maules. La population est pratiquement stable depuis 1900.