Canton de Maîche

Maîche

4 290 hab. (Maîchois), 1 742 ha dont 479 de bois, chef-lieu de canton du département du Doubs dans l’arrondissement de Montbéliard, 36 km au sud de celle-ci sur le plateau du Jura, vers 780 m. La ville, dans un vallon sur la route de Pontarlier à Montbéliard, est dominée par le mont Miroir (986 m). Maîche est une petite ville de tradition horlogère; la principale entreprise est le fleuron de la firme de bijouterie Christian Bernard, qui y emploie 149 sal. (230 en 2005); plusieurs ateliers se spécialisent dans les finitions et traitements de surface, surtout Cœurdor (90 et 25 sal.), et la micromécanique (Imm Ineltec, 50 sal.).

En outre, Maîche abrite les supermarchés Intermarché (50 sal.) et Juma (30 sal.), l'imprimerie Chpard (20 sal.), la maçonnerie Lacoste (45 sal.); travail temporaire Crit (20 sal.); elle est dotée d’un collège public et un privé, d’un institut médico-éducatif; centre d’aide par le travail. Maîche avait 2 000 hab. en 1900 et sa population a augmenté jusqu’en 1975 (4 400 hab. sdc) avant de diminuer un peu; elle a cependant gagné 130 hab. de 1999 à 2008. La ville est le siège de la communauté de communes du Pays de Maîche, qui groupe 19 communes (12 500 hab.), et anime toute une petite contrée horlogère, dont les autres fleurons sont Damprichard et Charquemont.

Le canton a 14 200 hab. (13 100 en 1999), 27 communes et 23 443 ha dont 8 019 de bois; la vie rurale y reste celle d’un pays d’élevage naisseur, assez peu productif et d’évolution relativement lente, qui se flatte toutefois d’être le berceau du cheval comtois, dont l’élevage est renaissant. Le travail de l’horlogerie, d’abord complément de la vie paysanne, y était devenu essentiel; il subsiste en partie, mais le canton fournit nombre de travailleurs au Jura suisse, notamment à La Chaux-de-Fonds, qui est à 30 km de Maîche. Frontalier, le canton est séparé de la Suisse à l’est par la profonde vallée des gorges du Doubs, déserte et qu’il domine au NE par le site des corniches de Goumois.

Goumois (190 hab., 583 ha dont 327 de bois), village de frontière, est le seul village tout au fond de la vallée, au NE du canton, à 19 km de Maîche (10 km à vol d’oiseau) et à 490 m; pêche, canoé-kayak. Charmauvillers (250 hab., 1 047 ha dont 548 de bois), plus au sud, a gagné 40 hab. de 1999 à 2008; le village se tient sur un replat entre plateau et gorges du Doubs, sous le col de la Vierge qui mène à Damprichard; une centrale électrique est au bord de la rivière, au Bief d’Étoz.

Fournet-Blancheroche (350 Fournets, 1 308 ha dont 503 de bois), 4 km au sud à 970 m, se tient sur le plateau à la pointe méridionale du canton et son finage descend jusqu’au fond des gorges du Doubs et à la frontière; le Doubs y dessine un grand méandre, rehaussé par le plan d’eau du barrage du Refrain, dont l’usine électrique est un peu en aval, sur le territoire de Charquemont, et qui retient 16 Mm3. Fournet-Blancheroche partage avec celle-ci le belvédère de la Cendrée, d’où l’on a une large vue sur les gorges et le lac, dit de Biaufond du nom du hameau suisse riverain. La commune a gagné 80 hab. après 1999. Fournet avait été associée à Blancheroche dans les années 1790; peu après, leur couple a été absorbé par Charquemont, puis s'en est séparé en 1874, avec 650 hab.; le minimum de population est de 1982 (215 hab.)

Frambouhans (730 hab., 1 010 ha dont 285 de bois), 5 km SSO de Maîche à 860 m, s'est accrue de 100 hab. dans le même temps. Elle participe à l’activité horlogère et de microméanique, mais par de petits ateliers; nettoyage Renaissance Décor (30 sal.); la plus grosse entreprise, Personeni (85 sal.), travaille pour le bâtiment. Les Écorces (620 hab., 951 ha dont 209 de bois), entre Frambouhans et Charquemont à 900 m, accueillent un atelier de traitement de surfaces (Laquor, 25 sal.) et ont également augmenté d'une centaine d'habitants après 1999; la communauté est de création tardive (1678) . Au nord-est de Maîche à 6 km, Thiébouhans (230 hab., 581 ha, à 790 m) a une scierie (Perrot-Cattin, 55 sal.) et a gagné 40 hab. depuis 1999.

Côté ouest, le canton est traversé par la vallée encaissée du Dessoubre, au fond et sur les replats de laquelle se tiennent une dizaine de petits villages. Vaucluse (150 Vauclusiens dont 60 à part, 501 ha dont 239 de bois), 13 km à l’ouest de Maîche à 480 m, dont le nom évoque bien le site (val fermé) y cultive le souvenir de l’abbaye bénédictine de ce nom, qui reste active et abrite une communauté, ainsi qu’un centre médico-professionnel pour handicapés adultes. Vauclusotte (100 hab., 762 ha dont 336 de bois) la relaie en aval, à 440 m; toutes deux sont dans des vallons affluents du Dessoubre, rive gauche, abritées en contrebas du plateau.

Au-delà, sur le plateau, 19 km à l’ouest de Maîche, à 690 m, Provenchère (120 Provenchérois, 697 ha dont 211 de bois) a aménagé un écomusée agricole avec produits du terroir dans une ancienne fruitière. Plus au sud, à 680 m sur le plateau au-dessus de Vaucluse, Charmoille (310 Charmoillots, 1 014 ha dont 454 de bois) est le siège de la communauté de communes Entre Dessoubre et Barbêche, qui réunit 13 communes pour seulement 2 200 hab.


Charquemont

2 490 hab. (Charquemontois), 2 144 ha dont 756 de bois, commune du département du Doubs dans le canton de Maîche, 5 km au SE du chef-lieu à 860 m d’altitude. Le finage monte à 1 043 m et domine à l’est les gorges du Doubs; il atteint le fond des gorges et la frontière suisse le long du Doubs, incluant les belvédères très appréciés de la Cendrée et des Échelles de la Mort. Ce dernier site est remarquable par trois grandes échelles métalliques permettant de descendre dans les gorges; elles remplacent d’anciennes échelles de sapin à un seul montant sur lequel était clouées des traverses, et dont se servaient les contrebandiers au péril de leur vie.

La ville est un centre d’industrie horlogère, avec de nombreux ateliers dont Fresard (composants horlogers, groupe Swatch, 120 sal.), Michel Herbellin (montres, 65 sal.), Rubis Précis (micromécanique et pièces d’horlogerie, 60 sal.), BH (cadrans, 35 sal., ex-Haenni, groupe IMI-Cheval), Saint-Honoré Paris (montres, 25 sal.), ainsi que les petits décolletages Perrenoud et Struchen (16 sal. et 12 sal.); mais TWC (Clyda) a déménagé à Morteau. À cette spécialité s'ajoute une station de ski (Combe-Saint-Pierre-Charquemont), équipée de trois remontées mécaniques et trois pistes de ski de fond (40 km); un hôtel.

La commune a perdu en 1874 le territoire de Fournet-Blancheroche au sud, devenu commune autonome; mais elle a intégré en 1972 Le Boulois, du côté des gorges du Doubs; elle avait 2 000 hab. en 1911 et a connu un maximum à près de 2 500 hab. en 1975; après un léger fléchissement, la population s'est accrue de 240 hab. entre 1999 et 2008.


Damprichard

1 830 hab. (Damprichards), 2 190 ha dont 468 de bois, commune du Doubs dans le canton de Maîche, 6 km à l’est du chef-lieu à 830 m d’altitude. Son finage monte jusqu’à 1 020 m et domine à l’est les gorges du Doubs. La bourgade est un petit foyer d’horlogerie, avec son voisin Charquemont; Burdet (140 sal.), la principale entreprise, fabrique boîtes et bracelets de montres; Y. Silvant (85 sal.) produit des pièces en inox pour la bijouterie et la maroquinerie; plusieurs autres petits ateliers de micromécanique et bijouterie dont Startech (30 sal.), Silaque (16 sal.), H. Bourgeois (boîtiers, 15 sal.); scierie Buliard (20 sal.), revêtements Previtali (20 sal.). La population communale s’est longtemps tenue autour de 1 200 hab.; elle a dépassé 2 000 en 1975 et a diminué un peu depuis.