Canton de Morteau

Morteau

6 800 hab. (Mortuaciens), 1 411 ha dont 358 de bois, chef-lieu de canton du département du Doubs dans l'arrondissement de Pontarlier, 33 km au NE de celle-ci sur la rive gauche du Doubs, à 750 m dans une petite plaine dominée par le mont Tontillon (1 160 m, table d'orientation). Incendiée en 1865 et reconstruite à neuf, Morteau propose un grand musée de l'horlogerie du Haut-Doubs (1984), au château Pertusier (renaissance et 18e s.), où se voient une grande horloge astronomique, des horloges comtoises et des automates.

Morteau accueille une grosse usine d’équipements pour automobiles Fabi (thermoplastiques et fonderie, 240 et 110 sal.) et plusieurs entreprises d’horlogerie et micromécanique comme Ambre (montres, 40 sal.), Brademont (bracelets-montre métalliques, au groupe Burdet, 80 sal.), Samep (30 sal.), LPA (25 sal.) et SDH (20 sal.), plus le négoce d'horlogerie Schwartzmann-Fisseau-Cochot (20 sal.) et d’instruments météorologiques Altitude-DBS (20 sal.); fabrique de cathéters Hexacath (20 sal.).

L’agro-alimentaire est représenté par les chocolats Klaus (55 sal.), la charcuterie Morteau Saucisse (55 sal.), la boulangerie Gaume (Au Croissant Doré, 25 sal.); installations électriques Balossi-Marguet (20 sal.), travail temporaire Adecco (125 sal.), Manpower (80 sal.), Randstad (80 sal.), nettoyage Usinet (Cofranet, 120 sal.), maçonnerie Ruggeri (40 sal.); supermarchés Carrefour (45 et 35 sal.) et Casino (20 sal.); transports par cars Gentiane RDTD (régie départementale, 20 sal.), transports TTV (25 sal.) et Pagnot (20 sal.).

Morteau a un hôpital local (20 lits), un collège public et un privé, un lycée public, un institut médico-éducatif, un centre d’aide par le travail; la commune a eu 4 000 hab. en 1900, puis a entamé à partir de 1925 une longue croissance et culminé à 6 700 hab. (sdc) en 1975; elle est restée stable de 1999 à 2008. Morteau est le siège de la communauté de communes du canton de Morteau, qui réunit 8 communes et 18 500 hab. L’unité urbaine Insee est donnée pour 9 300 hab. V. sur le logement à Morteau un article d’A. Moine https://www.mgm.fr/PUB/EG/EGInd95.pdf

Le canton a 18 400 hab. (17 400 en 1999), 7 communes et 15 097 ha dont 5 851 de bois; il s’allonge de part et d’autre de la vallée du Doubs et s’appuie sur la frontière suisse. Il se divise en une partie septentrionale sur le haut plateau jurassien, qui monte à plus de 1 000 m au-dessus de Morteau, un fossé correspondant à la petite plaine de Morteau et au cours du Doubs, et les plis jurassiens côté sud, qui atteignent 1 280 m à Montlebon. La contrée est renommée pour ses fromages et ses charcuteries (saucisse de Morteau). Le val de Morteau, plus ouvert sur la Suisse que sur l’arrière-pays comtois, a été rénové par des migrants suisses et savoyards après la guerre de Dix Ans (1635-1644), ce qui lui avait donné quelque avance dans la sélection des bovins et la fromagerie, dont il tire une certaine réputation de bonne agriculture; puis l’horlogerie a prospéré.

À côté de Morteau, Les Fins et Montlebon complètent l’agglomération et ses industries. Sur le haut plateau à l’ouest de Morteau, Les Combes (710 610 hab., 1 758 ha dont 594 de bois), à 935 m, associe des hameaux dispersés; la commune a gagné une centaine d'habiitants depuis 1999. Le Doubs y coule au fond du défilé du Coin de la Roche, emprunté par la route et la voie ferrée; une grotte y abrite la chapelle de Notre-Dame-de-Rémonot, qui contient une Vierge en bois polychrome du 14e s. et reçoit des pèlerinages.

En face, au fond de la courte mais assez large vallée du Théverot, affluent du Doubs, le village de Grand’Combe-Châteleu (1 390 hab., 2 146 ha dont 986 de bois), est à 4 km SO de Morteau; le finage va jusqu’à la frontière et culmine au mont Châteleu (1 277 m); une station de ski alpin y a été aménagée avec deux remontées mécaniques, assortie de 47 km de pistes de ski de fond; musée fermes-ateliers, travail du bois (menuiserie Reymond, 25 sal.), et petites fromageries; la commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2008. Elle s'est nommée La Grand-Combe avant 1937.

Plus enfoncés dans la montagne, Les Gras (760 Rosillards, 1 499 ha dont 763 de bois), à 880 m, où l’habitat associe fermes à tuyé et maisons-ateliers, offrent un petit passage transfrontalier vers La Brévine, et de nombreux trajets de promenades; la commune s'est également accrue de 90 hab. entre 1999 et 2008; scierie Garnache (50 sal.). Vers l’aval, Villers-le-Lac relaie Morteau à la frontière suisse, face au Locle.

Tué-tuyé, des cheminées au fumé «Le Jura est réputé depuis l'époque gallo-romaine pour ses fumés. Les fumés sont nés de l'ingéniosité des paysans qui ont su tirer le meilleur parti des abondantes ressources naturelles de leurs montagnes. C'est ainsi que les immenses forêts de la région ont été utilisées pour fumer la charcuterie, une méthode naturelle pour conserver la viande durant l'hiver. Et encore aujourd'hui, ce fumage au bois de sapin et d'épicéa, unique en France, se fait dans de grandes cheminées en bois de forme pyramidale appelées «tuyé», ce qui confère à cette charcuterie régionale son goût si particulier» (http://www.claviere.fr). Le tué, ou tuyé, est une haute cheminée qui tient une place centrale au cœur de la ferme jurassienne ancienne, et soutient même la toiture.


Fins (Les)

3 040 hab. (Finois) dont 140 à part, 2 539 ha dont 743 de bois, commune du Doubs dans le canton de Morteau, 3 km au NE du chef-lieu à 900 m d’altitude; son finage est partagé entre le plateau jurassien et le val de Morteau, où la commune atteint la rive gauche du Doubs. Son finage englobe le mont Tontillon (1 160 m, table d’orientation). Sa population a atteint 1 000 hab. en 1904, 2 000 en 1972 et croît encore; elle a augmenté de 310 hab. entre 1999 et 2008.

La commune complète l’agglomération de Morteau par ses industries. Si la fabrique de bracelets-montres HGT-Petitjean du groupe Richemont a été fermée en 2006, elle a été partiellement relayée par l'arrivée de l'horloger TWC (100 sal.); s'y ajoutent les ateliers Boillod (traitement de surfaces, 35 sal.) et VP Plast (plastiques et moules, 30 sal.); un Intermarché (80 sal.), magasin de matériaux Big Mat (20 sal.) et négoce de bois PHD (Résineux du Haut Doubs, 50 sal.); carrières Faivre-Rampant (25 sal.); transports Idoux (25 sal.). Elle y ajoute quelques équipements de service, dont un centre nautique districal et une maison familiale rurale.


Montlebon

1 970 hab. (Belmontois), 2 727 ha dont 1 142 de bois, commune du département du Doubs dans le canton de Morteau, juste au sud du chef-lieu. Le village, vers 750 m, a dans son finage une grande part de montagne et de frontière, avec un poste de douane au Gardot sur la D 48, et de pistes de ski de fond, mais sans station; industrie du bois (charpentes Simonin, 90 sal.). L'ancien couvent des minimes (17e s.) sert de mairie. Plusieurs hameaux s'éparpillent dans la montagne, qui atteint 1 180 m. La population a augmenté de 210 hab. entre 1999 et 2008.


Villers-le-Lac

4 540 hab. (Villeriers), 3 017 ha dont 1 265 de bois, commune du département du Doubs dans le canton de Morteau, 7 km à l'est de celle-ci sur la rive gauche du Doubs, à 860 m. La commune, frontalière, jouxte les villes suisses des Brenets et même du Locle, bénéficiant ainsi de l'un des principaux passages transfrontaliers du Jura. Elle s'étend en aval jusqu'au début des gorges du Doubs, dominées par le belvédère du mont Chatelard (1 027 m), au pied duquel a été édifié en 1953 le barrage-voûte du Châtelot, haut de 73 m et dont la retenue stocke 16 Mm3. Entre Villers et le barrage se trouvent ainsi deux lacs, séparés par le Saut du Doubs, spectaculaire cascade de 27 m qui reçoit plus de 300 000 visiteurs par an de part et d'autre de la frontière. Le lac de Chaillexon, en amont, est d'origine naturelle, derrière un verrou glaciaire; il autorise les activités nautiques sur une partie de ses 20 hectares; des services de vedettes panoramiques sont offerts en été jusqu'au Saut du Doubs.

Villers a un collège public et de nombreux ateliers d'horlogerie, micromécanique et décolletage, dont le nombre et la taille se réduisent sensiblement; restent FFB (Fabrique de Fournitures de Bonnetage, 100 sal., roues dentées et fraises), ISA France (80 sal., mouvements de montres à quartz), ainsi qu’un musée de la Montre (Droz-Florez); lunettes Décoprécis Magister (17 sal.); magasin Atac (45 sal.). Sur le versant de rive droite du Doubs, une station de sports d’hiver a été aménagée avec des remontées mécaniques. La commune a pris son nom en 1948; elle se nommait auparavant Lac, puis Lac-du-Villers; elle a eu un peu plus de 3 000 hab. à la fin du 19e s., est descendue à 2 700 dans les années 1930 puis sa population est montée à 4 400 en 1975 et s’est légèrement tassée depuis; mais elle a regagné 230 hab. entre 1999 et 2008.