Canton de Crozon

Crozon

7 900 hab. (Crozonnais) dont 250 à part, 8 037 ha dont 261 de bois, chef-lieu de canton du Finistère dans l’arrondissement de Châteaulin, 35 km à l’ouest de celle-ci. Crozon est Kraozon en breton, mais le terme est d’origine préceltique et certains le rattachent à l’idée de rocher, comme la Crau ou Craon, Craonne. Sa population est passée de 8 600 hab. en 1886 à 6 700 en 1962, avant de remonter. La commune, très étendue, où l’on a compté 150 villages et hameaux, occupe plus de la moitié de la presqu’île de Crozon, dont à l’ouest le grande anse et la pointe de Dinan, au SO tout le cap de la Chèvre, au nord l’île Longue (domaine militaire, rattachée au continent) et l'anse du Fret, et touche au NE l’anse de Poulmic.

Elle inclut ainsi toute la presqu’île du cap de la Chèvre où se trouvent, juste au SO du bourg, les grottes, le port de plaisance et la station balnéaire de Morgat, considérée comme l’une des mieux équipées du Finistère (centre nautique et de plongée). Plus au sud, à Saint-Hernot, s’est ouvert le musée géologique de la maison des Minéraux, relevant du Parc d’Armorique. Sur le rivage occidental, exposé aux vents et aux embruns, les pittoresques rochers dits du «château» de Dinan agrémentent la pointe de ce nom, et sont relayés au sud par la grande plage de la Palue.

Les activités de la commune sont entièrement dominées par le tourisme et le service de la population locale. Elle totalise 2 700 résidences secondaires (41% des logements), sept campings (850 places), cinq hôtels (160 chambres). Les principaux employeurs sont un centre Leclerc (180 sal.) et l’hôpital privé (120 sal.); la ville a un collège public et un privé, un petit hôpital local public (10 lits); boulangerie Yhuel (20 sal.), quincaillerie Fabien (20 sal.).

Toutefois, Crozon inclut aussi au nord le site de l’île Longue, rattachée à la péninsule et très transformé par les travaux depuis qu’elle abrite la grande base des sous-marins nucléaires français, ouverte en 1967; les installations militaires occupent 124 ha sur l’île Longue avec les ateliers liés à l’entretien des sous-marins et spécialement du combustible nucléaire, 170 ha sur le site voisin de Gwenvenez où sont entreposés les missiles, et englobent les petites îles Trébéron et aux Morts dans la baie de Roscanvel. Le potentiel actuel serait de quatre sous-marins et 288 têtes nucléaires (2 000 fois Hiroshima d’après les militants antinucléaires) et le site est évidemment surprotégé et interdit de cartographie. Le petit port du Fret, à l'est, est relié à Brest en été.

La péninsule de Crozon est l’un des détails les plus connus du visage de la France, en raison de son dessin en croix entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez. Elle a 28 km de long; située dans le prolongement tectonique des monts d’Arrée, elle se termine à l’ouest par les trois presqu’îles qui lui donnent son célèbre dessin, celles de Roscanvel au nord, de Camaret à l’ouest, de la Chèvre au sud, auxquelles s’ajoute maintenant la petite excroissance artificielle et militaire de l’île Longue dans la rade de Brest. Elle est considérée comme l’un des petits pays traditionnels de la Cornouaille, d’environ 150 km2 et 15 000 hab. La communauté de communes de la Presqu’île de Crozon siège à Crozon et correspond au canton.

Le canton de Crozon a 16 700 hab. (15 800 en 1999) et 7 communes, 19 400 ha dont 1 545 de bois; il correspond à l’ensemble de la péninsule, et à la communauté de communes de la Presqu’île de Crozon; il est en entier dans le Parc d’Armorique. Camaret-sur-Mer occupe la pointe occidentale, Telgruc-sur-Mer le sud-est. Roscanvel (990 Roscanvelistes, 908 ha) tient la presqu’île septentrionale, bardée de sept forts, qui ferme la rade de Brest et se termine devant Brest par la pointe des Espagnols, d’où se voit un large panorama mais dont l’accès est interdit à certains moments aux fins de protection des installations militaires de l’île Longue; ros est en breton la colline, Canvel, apparemment Catmaël jadis, aurait été un chef local. La commune offre un petit port de plaisance (70 bouées); elle a gagné 110 hab. entre 1999 et 2008. Elle a 380 résidences secondaires (42% des logements) et un camping.

Au nord de Crozon, sur la rade, Lanvéoc fait une enclave dominée par les militaires. À l’extrême NE à 19 km de Crozon, Landévennec (370 hab., 1 383 ha dont 359 de bois) occupe un promontoire, presque une île, entre les méandres de l’Aulne et la rade de Brest au débouché de l’Aulne. Le bourg contient les restes de l’ancienne abbaye de Saint-Guénolé, la plus ancienne de Bretagne, fondée en 440, plus un musée, relevant du Parc d’Armorique, et un monastère bénédictin. Le finage s’étire vers l’ouest le long de la rade de Brest, bordée par la forêt domaniale de Landévennec; il enregistre 160 résidences secondaires (40% des logements) et accueille un petit camping. La population de la commune avait dépassé le millier d’habitants autour de 1900. Le nom vient de Tévennec, qui est le même que Guénolé.

Un peu plus au sud, la commune d’Argol (850 Argoliens, 3 173 ha dont 627 de bois), riche d’un enclos paroissial, d’un musée des vieux métiers vivants relevant du Parc d’Armorique, d’un musée du cidre à Kermarzin, d’un parc de jeux bretons, dispose d’une forêt communale au pied du Menez Hom. Le territoire atteint de justesse au sud le rivage de la baie de Douarnenez et comporte au NO une petite enclave sur le rivage de la rade de Brest, entre les finages de Crozon et de Landévennec. Elle a près de 200 résidences secondaires (34% des logements). Sa population, qui avait atteint 1 500 hab. vers 1900, a diminué jusqu’en 1990; Argol évoque en breton le coudrier.


Camaret-sur-Mer

2 640 hab. (Camarétois), 1 164 ha, commune du Finistère dans le canton de Crozon, à l'extrémité de la péninsule; Kameled en breton, nom d'origine obscure si ce n'est que led, ou red, évoquerait un courant. La mention «sur mer» est de 1892. Camaret avait alors 2 000 habitants, puis est montée à 3 600 en 1936 et encore dans les années 1960, avant de baisser; elle n'a cependant perdu que 90 hab. entre 1999 et 2008. Le bourg, «village de charme» aux ruelles appréciées, est sur la côte nord, qui dessine l'anse de Camaret; le port est protégé par un sillon de galets naturel. Il fut jadis très actif, en partie comme escale, en partie comme refuge, sinon de contrebande, vivant ensuite de la pêche à la sardine au 19e s., puis de la langouste dans la première moitié du 20e s.: il en était encore le premier d'Europe en 1960, mais a cessé en 1990.

Enfin il a laissé la principale place au tourisme, assorti de l'accueil d'artistes et artisans d'art. Des bateaux réguliers le relient à Sein, Ouessant et Molène; le Club nautique Léo-Lagrange relève du Parc d'Armorique. La commune a un collège public, deux ports de plaisance, des clubs nautiques et de plongée, un golf et offre de nombreux autres attraits: Maison du patrimoine maritime (histoire de la sardine et de la langouste), musée mémorial de la bataille de l'Atlantique, chapelle Notre-Dame de Rocamadour de 1527, tour de Vauban (1690) au crépi rouge, cimetière de bateaux classé.

L'alignement mégalithique de Lagatjar (ou Lagat Yar), daté de 2 500 avant notre ère, est riche de 143 blocs mais en avait quatre fois plus vers 1900; ce nom, qui signifie «l'œil de la poule», évoquerait la constellation de la Pléiade, nommée ar Yar (la poule) en breton, et qui se trouve dans l'axe de l'alignement à un moment défini de l'année. À l'ouest, la pointe la plus avancée est celle du Toulinguet au nord, avec phare et ancien fort; au SO, lui répond la célèbre pointe de Pen Hir, montant à 63 m, prolongée par les îlots rocheux des Tas de Pois et devenue réserve ornithologique; elle abrite la belle plage de l'anse de Pen Hir à l'est. La commune compte une station de salmoniculture de l'Ifremer et des viviers de crustacés, un supermarché U (35 sal.). Elle a 770 résidences secondaires (36% des logements), 2 campings (430 places) dont un quatre étoiles, trois petits hôtels.


Lanvéoc

2 260 hab. (Lanvéociens) dont 590 à part, 1 921 ha, commune du Finistère dans le canton de Crozon, sur la rade de Brest à 5 km NNE de Crozon. Sa création, à partir du finage de Crozon, est de 1872 et son nom se prononce Lanvo; il viendrait de saint Méoc. Lanvéoc est devenue le site clé de la Marine. L'École navale de Brest y a été transférée en 1945 sur le rivage de l'anse du Poulmic, près de la base maritime et aérienne (hélicoptères anti-sous-marins) de l'aérodrome militaire de Poulmic (LFRL), apparu en 1936. Elle s'accompagne d'une série d'autres établissements: école de survie-sauvetage et école de pilotage, Institut de recherche de l'École navale, École de manœuvre et de navigation sont tous à Poulmic. Le bourg a un fort du 18e s. sur la rade, des remparts; petit port de pêche et de plaisance; chantier naval Bopp Treuils (50 sal.). restauration collective Compass (50 sal.), transports par cars de la CAT (Armoricaine, 25 sal.). La population est à peu près stable depuis les années 1960; elle a baissé de 100 hab. entre 1999 et 2008.


Telgruc-sur-Mer

2 100 hab. (Telgruciens), 2 829 ha, commune du Finistère dans le canton de Crozon, 12 km ESE du chef-lieu. Le nom est Terrug en breton. La commune associe un bourg intérieur et une petite station balnéaire sur les plages de l’anse du Caon, Trez-Bellec et Trez-Bihan; 360 résidences secondaires (27% des logements), 5 campings (570 places) dont un de luxe (200 places). La population, assez stable, s'est néanmoins accrue de 200 hab. entre 1999 et 2008; mais elle avait dépassé 2 400 hab. en 1866 et 1930.