Canton d'Ouessant

Ouessant

880 hab. (Ouessantins), 1 558 ha, île, commune et chef-lieu de canton du Finistère dans l'arrondissement de Brest, formant la partie la plus occidentale de la France métropolitaine; canton, commune et île sont identiques, à ceci près que l'île, d'environ 7 km sur 4, est entourée de nombreux îlots inhabités. Les Celtes l'avaient nommée Uxisama, «la plus haute»; elle est Enez Eusa en breton. Son relief est en effet assez élevé (60 m au NE) et son dessin en forme de pince de crabe, la baie de Lampaul s'ouvrant largement vers le SO entre les promontoires terminés par les pointes de Pern au nord-ouest et de Viler (Penn ar-Viler) au sud-ouest. D'abord propriété seigneuriale, elle fut achetée par le roi de France en 1764.

Ses abords sont très dangereux, en raison des tempêtes et de la puissance des courants de marée, le Fromrust au NO et surtout le Fromveur au SE. Entourée de toute une série de phares, elle sert surtout à la surveillance de la circulation maritime: 30 000 à 50 000 navires passent dans les parages chaque année. Le phare de la Jument, au SO, installé en 1911 dans le prolongement de Viler, est réputé avoir l'abord le plus redoutable; celui de Kéréon, au SE, édifié en 1916, haut de 47 m, a été le dernier habité, jusqu'en 2004; celui de Nividic (1936) au-delà de Pern est le plus occidental, mais il est proche de l'île. Non loin se trouve celui de Créac'h (1863), sur l'île, qui abrite le musée des phares et balises (Parc d'Armorique). Le phare du Stiff, sur le promontoire élevé du NE, peut se visiter, comme celui de Créac'h; il est le plus ancien (1695), mais il est flanqué d'une très haute tour radar.

Jadis les hommes s'engageaient dans la marine et les femmes récupéraient les épaves et travaillaient la terre, morcelée en minuscules parcelles aux murs de pierre - l'île en aurait compté jusqu'à 75 000; elles cultivaient surtout les pommes de terre et quelques légumes et élevaient des volailles et une race de moutons noirs, en fait originaire des landes bretonnes; il en subsiste quelques dizaines dans l'île, contre 2 500 brebis en France, le siège du groupement d'éleveurs étant à Sautron (Loire-Atlantique); les mérinos sont plus nombreux sur place. Ce passé ne survit qu'en réduction, les principaux revenus venant des pensions et du tourisme.

L'île est accessible par bateau de Brest et du Conquet en toute saison, et de Camaret en été; uune liaison aérienne existe avec Brest, assurant deux liaisons quotidiennes par Finistair (6 500 passagers en 2010) par deux Cessna appartenant au Conseil Général, mais son avenir est incertain. Ouessant a 360 résidences secondaires (38% des logements), un camping (100 places), deux petits hôtels… et une trentaine de restaurants. Elle a des commerces de base, mais aucune entreprise n'atteint dix salariés, la mieux étoffée s'occupant de chimie des algues (7 sal.), devant les deux hôtels et une supérette Huit à Huit. La statistique enregistre bien une centaine d'exploitations agricoles, pour moins de 200 ha, mais aucune «professionnelle».

Le bourg, «village de charme», est abrité au fond de la baie de Lampaul, ce qui le met au centre de l'île. Celle-ci offre un équipement d'accueil assez complet, qui comporte, outre le musée de Créac'h, un Centre d'étude du milieu et l'écomusée du Parc d'Armorique au hameau du Niou et un moulin à vent restauré. Un petit atelier Algues et Mer fournit des extraits pour la pharmacie. La pêche n'a jamais eu beaucoup de place. Le dépeuplement est rapide, surtout depuis les années 1960: l'île-commune avait 3 000 hab. en 1911, 2 100 en 1954 et 1 800 en 1968, 1 200 en 1982. Elle a encore perdu 70 hab. de 1999 à 2008.