Canton de Bagnères-de-Luchon

Bagnères-de-Luchon

2 770 hab. (Luchonnais) dont 150 à part, 5 280 ha dont 2 166 de bois, chef-lieu de canton de la Haute-Garonne dans l'arrondissement de Saint-Gaudens, 40 km au SSO de celle-ci, à 630 m. C'est la principale station thermale des Pyrénées tout entières, et de la région Midi-Pyrénées. Son nom fut d'abord simplement Bagnères; on la nomme habituellement Luchon tout court, alors que Bagnères-de-Bigorre est volontiers Bagnères tout court. Elle a eu son maximum de population en pleine mode balnéaire (4 300 hab. en 1881), un creux à 3 300 vingt ans après, un maximum secondaire à 4 100 hab. en 1968 et elle s'est assez nettement dépeuplée ensuite; elle a encore perdu 270 hab. de 1999 à 2009, passant nettement au-dessous des 3 000 hab.

Ses eaux, qui sortent entre 30 et 60°C, étaient appréciées des Romains, qui avaient créé la station d'Ilixon en 25 avant notre ère. Le site et ses environs ont été occupés et aménagés par les hospitaliers. C'est l'intendant d'Étigny qui relança le thermalisme en 1759, ouvrant à Luchon les grandes allées plantées de tilleuls qui portent son nom; le succès fut grand au 19e s. et ne s'est guère démenti, la qualité du paysage montagnard aidant; environ 30 000 personnes sont présentes en été, multipliant par dix la population locale. La commune offre 23 hôtels (630 chambres) dont un de luxe (50 chambres), un petit camping, 3 200 résidences secondaires (pour 1 800 principales.). Luchon enregistre 16 000 curistes par an, qui assurent près de 300 000 nuitées, soit plus de deux fois la fréquentation de Bagnères-de-Bigorre. Les thermes ont été complétés en 1973 par un vaporarium, dans une grotte à 45°C; le casino (indépendant) est de rang très modeste (170e en France).

La ville est située dans la vallée de la Pique, au confluent de l'One qui vient de l'ouest; elle donne accès à la fois au Louron et à la vallée d'Aure par le col de Peyresourde (1 569 m), côté ouest, et à l'Espagne en val d'Aran, côté est, par le col du Portillon (1 293 m). Elle est dotée d'un collège et d'un lycée publics, d'un hôpital public, et offre aux visiteurs un musée du Vieux Luchon et le vaste parc des Quinconces; un aérodrome (code LFCB) a été aménagé dans la plaine en aval de la ville avec une piste gazonnée de 800 m et un aéroclub, des liaisons avec Superbagnères; Altiservices gère les remontées mécaniques (40 sal.), les thermes emploient 25 sal., le casino 20.

La commune est très étendue. Elle va au SE jusqu'aux sources de la Pique. Dans la haute vallée a été établi à 1 407 m l'Hospice de France, un ancien établissement des hospitaliers sur le chemin d'Espagne, devenu un refuge de montagne. Plus haut, trois cirques glaciaires sculptent la crête frontière; le plus connu est au centre: c'est celui qui mène au port de Venasque, l'un des cols frontaliers les plus fréquentés jadis, ouvert à 2 444 m entre le pic de la Mine (2 708) à l'est et le pic de Sauvegarde (2 738) à l'ouest; de petits lacs agrémentent les abords du haut refuge de Venasque; le Boum du Port y frôle les 10 ha, à 2 248 m. Le cirque oriental est dominé par le pic de la Mine et le sommet de l'Escalette (2 466 m), à partir duquel la frontière rebrousse vers le nord par les pics de la Montjoie (2 164 m) et de Pouylané (2 219 m). Le cirque occidental est celui de la Glère, entre les pics de Sauvegarde et Sacroux (2 676 m); le col de la Glère est plus bas que celui de Venasque (2 367 m), mais d'accès plus difficile; le lac de la Montagnette (7 ha, à 2 332 m) est sous le pic de Sauvegarde.

Luchon a su se doter aussi d'une station de sports d'hiver, qui a pris le nom de Superbagnères et qui occupe le plateau qui domine la ville au sud-ouest; mais elle n'est pas sur le territoire de la commune: il faut dire que le dessin des limites communales, très dépendant des anciennes rivalités et des compromis pour les pâturages de montagne, est ici extraordinairement compliqué. Superbagnères est née avec la construction du Grand Hôtel de la Compagnie ferroviaire du Midi en 1922; repris plus tard puis abandonné en 1977 par Club Méditerranée, l'hôtel a été rouvert en 1985 comme hôtel de rang modeste (deux étoiles) et relève depuis 2006 des Villages-Clubs du Soleil, avec 450 chambres; la station a 26 pistes, 15 remontées mécaniques et un téléphérique, et organise un festival international du film en février. Le site est partagé entre Bagnères-de-Luchon et surtout Saint-Aventin et Castillon-de-Larboust, dont les finages étroits prennent en écharpe la montagne du nord au sud jusqu'à la crête frontière.

Le canton a 5 700 hab., 31 communes, 29 474 ha dont 8441 de bois; il forme un quadrilatère balisé aux angles par le sommet de l'Escalette (SE), le pic des Gourgs Blancs (3 129) au SO, le mont Né (2 147) au NO, le Bacanère (2 193) au NE; c'est à peu près le Luchonnais, dont trois ou quatre vallées seulement sont peuplées: celle de la Pique en aval de Luchon et celle du Lis en amont, le Larboust et son annexe Astau à l'ouest, la vallée d'Oueil au nord-ouest (v. ces noms). Les pentes de la montagne sont divisées entre de nombreuses communes, dont certaines n'ont que de minuscules finages de vallée, tandis que d'autres ont de vastes estives, au prix de dessins contournés et qui semblent indifférents au relief.

C'est ainsi que la commune de Saint-Aventin, dont le village est dans la vallée du Larboust à 6 km ONO de Luchon, possède la plus grande partie du site de Superbagnères et s'étend vers le sud bien au-delà, atteignant en pointe la crête frontière au Sacroux. Au contraire, les communes de la soulane du Larboust n'ont que de petits finages. De petites stations de sports d'hiver ont été aménagées sur les territoires de Bourg-d'Oueil, de Garin (Peyragudes) et de Gouaux-de-Larboust (les Agudes).

Une dizaine de communes se partagent les deux versants de la Pique à la hauteur et en aval de Luchon. Saint-Mamet (610 hab., 1 116 ha dont 772 de bois), à 645 m, accueille la route du col du Portillon; cascade à Montauban-de-Luchon (480 Montalbanais, 602 ha dont 293 de bois), juste face à la station à 640 m. Moustajon (180 hab., 230 ha dont 151 de bois), 3 km en aval de Luchon rive gauche, conserve une tour à signaux; Intermarché (60 sal.). La première a gagné 90 hab. de 1999 à 2009, la deuxième en a perdu 80.