Canton d'Éguzon-Chantôme

Éguzon-Chantôme

1 400 hab. (Éguzonnais), 3 644 ha dont 655 de bois, chef-lieu de canton de l'Indre dans l'arrondissement de La Châtre, 20 km au SSE d'Argenton-sur-Creuse, sur le massif ancien. La commune a une gare sur la ligne Paris-Toulouse, un collège public. Elle résulte d'une fusion de 1974, Chantôme, au sud-ouest, ayant alors 120 hab. Éguzon est un ancien village fortifié, qui a gardé quelques restes de remparts et s'est doté d'un musée de la Creuse; des vestiges du château (12e, 15e, 17e et 18e s.) se voient au village; supermarché U (30 sal.); plats cuisinés exotiques Prodisal (Délices d'Orient, 45 sal.); maison de retraite, village de vacances (VVF).

La commune est connue pour son barrage-poids sur la Creuse, avec centrale électrique, mis en service en 1926: il a 58 m de haut, 300 m de long. Le lac du Chambon, qu'il retient, s'étend sur 312 ha; ses abords ont été équipés pour le tourisme et les sports et la commune est «station verte de vacances»; base nautique avec club de voile, forêt du Faisseau (parfois Faisceau) au sud-ouest. La population communale a culminé à 1 800 hab. en 1906 et 1926 puis a décliné jusqu'en 1999. La bourgade compte plus de 300 résidences secondaires (650 principales); elle est le siège de la communauté de communes du pays d'Éguzon-Val de Creuse, qui correspond au canton.

Le canton a 4 500 hab., 8 communes et 14 482 ha dont 1 861 de bois; il est presque entièrement dans le Massif Central, de part et d'autre de la vallée très encaissée de la Creuse. En aval du barrage au-dessus de la rive droite, Cuzion (470 hab., 1 845 ha) a sur son territoire les ruines du château fort de Châteaubrun (14e s.), un ancien moulin, et un site de loisirs au pont des Piles. Son territoire occupe le plateau de rive droite de la Creuse, où sont le grand poste d'interconnexion électrique et plusieurs hameaux, dont Bonnu au sud, perché au-dessus du lac de Chambon, Châteaubrun et Cuzion-le-Vieux un peu au nord du barrage. Cuzion avait encore plus de 1 000 hab. en 1931 et s'est dépeuplée constamment depuis, perdant encore une quarantaine d'habitants de 1999 à 2006; elle a près de 200 résidences secondaires pour 240 principales.

Plus au nord, à 11 km d'Argenton (14 km d'Éguzon), la commune de Gargilesse-Dampierre (330 Gargilessois, 1 572 ha dont 285 de bois), faite de plusieurs hameaux épars sur le plateau, dont Dampierre à l'est, est classée parmi les «plus beaux villages de France». Elle cultive les souvenirs de George Sand (maison classée); on y visite aussi une église du 11e s. à 120 chapiteaux sculptés, avec crypte à peintures murales, du 12e s., et un musée d'arts et traditions; église de Dampierre (12e et 13e s.), château des 13e-14e s. et 16e-18e s., barrage de la Roche au Moine en amont. La fusion de Gargilesse et de Dampierre est de 1823 mais le nom n'a été doublé qu'en 1947; la population communale avait atteint 900 hab. en 1896.

Juste au nord de Gargilesse, la petite commune de Badecon-le-Pin (740 hab., 988 ha) a une entreprise de bâtiment et transports (Gallaud, 30 sal.), une maison de retraite (50 sal.); elle se nommait Le Pin jusqu'en 1947 mais résulte d'une fusion des années 1790; elle a eu jusqu'à 1 200 hab. au milieu du 19e s. mais sa population conserve le même niveau depuis 1920, avec une tendance à la reprise depuis le creux de 1982 (520 hab.).

La commune de Ceaulmont (720 hab., 1 738 ha) est face à Gargilesse sur le plateau à l'ouest de la Creuse et domine le petit barrage de la Roche-Bat-l'Aigue; église du 13e s., château ruiné de la Prune au Pot (13e s.) au hameau de ce nom; entreprise de bâtiment et transports Guignard (70 sal.). Ceaulmont a dépassé 1 100 hab. de 1830 à 1900, mais ne perd plus d'habitant depuis les années 1980 et en a même repris une cinquantaine de 1999 à 2007. Bazaiges (240 hab., 1 837 ha), 10 km NNO d'Éguzon, a un autre transporteur (TMF, 30 sal.). Tout cet ensemble est l'un des hauts lieux touristiques de la région, le seul qui soit vraiment du Massif Central.