Canton de Loches

Loches

7 100 hab. (Lochois) dont 650 à part, 2 706 ha dont 512 de bois, sous-préfecture d'Indre-et-Loire, 40 km au SE de Tours sur le versant gauche de la vallée de l'Indre. Le nom originel était Lucca, Lucas ou Loccae, probablement d'origine gauloise. «Ville d'art et d'histoire» en forme d'acropole, Loches eut trois ceintures de remparts et conserve l'aspect de ce qui fut une redoutable place forte. Le centre-ville est dominé par une puissante forteresse-citadelle, incluant toute une cité médiévale des 10e-13e s. avec des places, un haut donjon carré de 32 m de haut, une église et le château à son extrémité nord, dont le Logis royal des Valois, et une puissante porte d'accès fortifiée dite aussi porte Royale. Le donjon et le Logis royal reçoivent 72 000 visiteurs par an.

La vieille ville se tasse au pied, et a gardé de nombreuses maisons anciennes dont la maison renaissance de la Chancellerie (18 000 visiteurs par an) et l'hôtel de ville renaissance (vers 1540), un clocher-beffroi renaissance de 52 m de haut (tour Saint-Antoine, vers 1550) et des portes d'enceinte, plus une vieille tour perchée au sud de la ville. Loches offre aussi une vaste église collégiale romane (11e-12e s.), le musée Lansyer avec jardin (art et orientalisme), de beaux parcs, un festival d'art lyrique, la carrière troglodytique de Vignemont avec parcours aménagé. Le finage de Loches s'étend sur le plateau au sud-ouest de la ville et comporte plusieurs châteaux, dont ceux du Fretay (18e-19e s.), de Bussière (15e, 16e et 19e s.), de la Berthellière (16e et 18e s.) et de Sansac (16e s.), deux centres de vacances, dont un du Crédit Lyonnais, plus une résidence du groupe Pierre et Vacances.

Hors du tourisme, les activités sont celles d'une assez modeste sous-préfecture, qui compte toutefois 1 300 salariés dans 5 zones d'activités; centre hospitalier public (80 sal.), collège public et collège privé, lycée public et lycée privé, lycée professionnel public, maison familiale rurale, deux maisons de retraite, centre d'aide par le travail; transports par autocars Coudert (130 sal.) et Keolis (70 sal.).

Les principaux ateliers sont ceux des emballages plastiques Orep (110 sal.), des transformateurs et régulateurs électriques Merot Sodex (60 sal.); radioprotection et mesures nucléaires (Canberra, 55 sal.), traitements de surfaces Stin (40 sal.), mécanique (Colin, 35 sal.), confection (Dimo, 20 sal.); installations électriques Vigilec Pauly (40 sal.), maçonnerie Vernat (20 sal.). Dans le commerce, supermarchés U (60 sal.) et Simply (30 sal.), négoces d'équipements pour automobiles Chollet (150 sal.) et de matériel agricole (Coullaré, 35 sal.); ambulances Harmonie (40 sal.).

La population communale a été voisine de 5 100 hab. entre 1846 et 1910, a un peu faibli ensuite puis atteint 5 500 dans les années 1950 et a culminé à 6 800 en 1982 (sdc), avant de baisser un peu; elle a repris plus de 100 hab. de 1999 à 2008. Alfred de Vigny est né à Loches en 1797. Le maire est Jean-Jacques Descamps (UMP), ancien député et ancien secrétaire d'État, ingénieur et cadre d'entreprise, dont la carrière politique avait commencé dans le Nord. La communauté de communes Loches Développement réunit 20 communes et 20 900 hab. et siège à Loches, ainsi que le pays Touraine-Côté Sud. L'unité urbaine Insee est donnée pour 10 300 hab., mais curieusement l'Insee n'a pas su lui trouver une «aire urbaine». L'arrondissement a 50 200 hab. (46 800 en 1999), 6 cantons, 67 communes, 180 339 ha.

Le canton a 19 000 hab. (17 800 en 1999), 17 communes et 40 946 ha dont 8 533 de bois; étendu entre Champeigne et Gâtines de l'Indre, et relativement boisé, il a pour axe la vallée de l'Indre, qui reçoit au nord, sur sa droite, l'Indrois. La forêt domaniale de Loches, à l'est de la ville sur le plateau entre Indre et Indrois, occupe 3 586 ha; elle est séparée du finage de Loches et jalonnée par quatre pyramides repères édifiées au 18e siècle pour les rendez-vous de chasse à courre. La N 143 et la voie ferrée de Tours à Châteauroux suivent cet axe.

Face à Loches sur la rive droite de l'Indre, Beaulieu-lès-Loches (1 770 Bellilociens, 388 ha) était la ville de l'abbaye; le monastère bénédictin fut fondé par Foulques Nerra et inauguré en 1007; il reste des vestiges de plusieurs époques, surtout du 15e s.; la commune conserve aussi un cromlech, une tour et des maisons anciennes, un clocher-beffroi ajouré du 13e s., mais son territoire est exigu. L'usine Aérazur (Newco, 170 sal.), au groupe Zodiac, fabrique des faisceaux électriques pour trains d'atterrissage d'avions, mais se transfère à Loches; durites Avon (35 sal.); institut médico-éducatif de 50 places. Beaulieu n'a complété son nom qu'en 1957; sa population est relativement stable depuis les années 1960, au-dessus des années 1920 et 1930 (1 400 hab.). Ferrière-sur-Beaulieu (680 hab., 1 963 ha dont 1 171 de bois) est juste à l'est de Beaulieu et son territoire s'étend en éventail vers l'est; les quatre pyramides de la forêt de Loches, alignées du NO au SE en 1770, lui appartiennent ou sont à sa limite; église du 11e s.; la population augmente depuis les 240 hab. de 1968; elle a gagné 110 hab. entre 1999 et 2008.

À 6 km au nord-ouest de Loches, Chanceaux-près-Loches (150 Chancellois, 1 458 ha dont 792 de bois), au milieu des bois dans la petite vallée de la Chanteraine dont le nom évoque les grenouilles, a trois châteaux du 19e s., de grosses fermes à cour carrée et un gros massif forestier; la famille Mame des imprimeurs de Tours posséda la plus grande partie du finage et des bois. La commune organise une fête des Peintres et une «Forêt des Livres»en un festival plus orienté vers le vedettariat que vers la littérature; traitement de déchets (Coved, 40 sal.). Une belle éolienne Bollée de 1897, restaurée, se voit à Dolus-le-Sec (680 hab.), 2 727 ha dont 208 de bois), 5 km au NO de Chanceaux, qui se nommait Dolus jusqu'en 1920; manoir du Puy (16e-17e s.) et château de l'Épinay (18e s.); la commune a gagné 130 habitants de 1999 à 2008. La petite Saint-Bauld (200 hab., 411 ha), au bord de l'Échandon, conserve au sud les restes de l'ancien château fort de Fontenay, entourés de maisons.

À l'extrême NO du canton, Tauxigny (1 270 Tauxignois, 3 683 ha dont 443 de bois), 20 km au NO de Loches dans la petite vallée de l'Échandon, a un observatoire astronomique; négoces de jouets Partner-Jouet (330 sal.), de matériel électronique Avidsen (30 sal.) et Metronic (50 sal.), de matériel électrique Reals (25 sal.); centre d'appels (Laser Contact, 30 sal.), conditionnement de corps gras pour l'industrie cosmétique (AMI, 30 sal.); transports Trans Loc Services (20 sal.). Le groupe français HF Company (ex-Metronic, Y. Bouget) et l'Université de Tours y créent en commun un laboratoire d'applications numériques (LAN) sur un parc d'activités dénommé Node Park (20 ha, 500 emplois); le groupe emploie 400 personnes, dont la moitié en Touraine, à la production d'éléments de réception TV. Tauxigny a une église du 12e s.; château de Pont-Long (16e-17e s.). La population augmente depuis 1975 (800 hab.) et a gagné 160 hab. de 1999 à 2008; mais elle elle avait frôlé 1 400 hab. en 1846.

Reignac-sur-Indre (1 230 hab., 2 244 ha dont 482 de bois), à 15 km NO de Loches, a un château du 18e s. et un parc à labyrinthe végétal (Labyrinthus de Touraine, 12 ha); transports Lheureux (40 sal.). Le nom de Reignac a été précisé en 1920; à l'origine, la commune était désignée comme Brixis, évoluant vers Braye; elle a changé de nom autour de 1700 quand le comte de Reignac (en Saintonge) en devint le seigneur; elle fut un moment Val-d'Indre en 1793. Sa population croît depuis 1970 (640 hab.) et a augmenté 140 hab. de 1999 à 2008.

Azay-sur-Indre (390 Azéens, 1 389 ha), 4 km en amont, est au confluent de l'Indre et de l'Indrois; château de la Folaine (15e-16e s.). La commune se nomma Azay-le-Chétif (le pauvre) au 16e et au 18e s. Chambourg-sur-Indre (1 330 Chambourgeois, 2 839 ha dont 275 de bois), plus en amont, est à 8 km NNO de Loches dans la vallée; elle a un pont dit romain, des restes de fours à chaux et tuileries; fabrique de panneaux de signalisation routière et mobilier urbain SES (Sécurité et Signalisation, 110 sal.), nettoyage C&G (40 sal.). Le nom de Chambourg a été précisé en 1920; la population augmente depuis 1975 (780 hab.) et s'est accrue de 110 hab. entre 1999 et 2008.

Deux villages de la basse vallée de l'Indrois se partagent le nord-est du canton et l'extrémité de la forêt de Loches: Saint-Quentin-sur-Indrois (460 hab., 2 723 ha dont 710 de bois) à 12 km NNE de Loches, Chédigny (560 hab., 2 317 ha dont 352 de bois) juste en aval. La première conserve une église en partie du 12e s., une haute et étroite tour ronde issue de son ancien château fort, dite de la Belle Agnès, et le château des Roches (14e au 16e s.); son nom a été allongé en 1961. La seconde est réputée comme village des roses, très fleuri (trois fleurs) et qui soigne sa réputation par des fêtes; elle accueille un négoce de fournitures d'horlogerie et bijouterie (Laval, 75 sal.) et un village de vacances (Belambra ex-VVF) au château de la Saulaie, qui a un grand parc; elle a gagné 120 hab. de 1999 à 2008.

Le sud du canton est un peu moins peuplé. Perrusson (1 570 hab., 2 894 ha dont 247 de bois) est à 4 km au sud de Loches sur la rive gauche de l'Indre; elle sert de village-centre à cette partie du canton et son équipement en commerces de base est assez complet; son finage s'étend des deux côtés de l'Indre et jusqu'aux portes de Loches; un ancien prieuré (11e et 15e s.) est juste au sud. La firme d'articles de voyage Savebag (120 sal., au groupe Lee Cooper) y a son siège depuis 1963 et produit un million de pièces par an; un hypermarché Leclerc (115 sal.) complète l'équipement de l'agglomération de Loches; travaux publics Viano (20 sal.). La population communale croît depuis la dernière guerre, où elle avoisinait 800 hab.; elle a gagné une centaine d'habitants après 1999.

Saint-Jean-Saint-Germain (720 hab., 2 134 ha dont 288 de bois) lui succède 3 km en amont; elle conserve le château de Saint-Germain (15e-16e s.). Le nom de la commune résulte d'une fusion ancienne (1834) entre deux villages, Saint-Jean sur la rive gauche de l'Indre et Saint-Germain sur la rive droite plus en amont, mais elle comporte trois petites agglomérations, la troisième étant les Fourneaux sur la route de Loches; sa population augmente depuis 1980 (550 hab.) et a gagné une centaine d'habitants de plus entre 1999 et 2008. Saint-Hippolyte (600 hab., 3 299 ha dont 645 de bois), sur la rive droite, est déjà à 13 km au sud-est de Loches; son finage prend une partie du grand bois de Beaugerais à l'est; sa population avait tendance à baisser depuis les années 1920 où elle était un peu supérieure à 1 000 hab., mais elle est stabilisée depuis les années 1990. Sennevières (230 hab., 2 354 ha dont 604 de bois) est sur le plateau à 9 km ESE de Loches et contient une partie de la forêt de Loches; église des 11e-12e s.

De l'autre côté de la vallée de l'Indre sur le plateau, à 10 km au SE de Loches, le village de Verneuil-sur-Indre (550 hab., 3 963 ha dont 1 573 de bois) est en fait à 3 km de la rivière, qui toutefois coule à la limite orientale de son finage. La commune abrite plusieurs châteaux anciens dont un au village (15e et 18e s.), propriété des Orphelins d'Auteuil et doté d'un centre d'horticulture, et une laiterie coopérative (Coopérative laitière de la région Lochoise, 115 sal.) créée en 1909, travaillant le lait de chèvre (65 fournisseurs, 53 000 hl/an) et le lait de vache (300 exploitants, 650 000 hl) et produisant sous la marque Verneuil. Au sud-ouest, s'étend la forêt de Verneuil. De 800 hab. en 1954, Verneuil s'est dépeuplée jusqu'en 1990; elle reprend quelques habitants depuis (15 entre 1999 et 2006). Enfin Bridoré (530 Bridoréens, 1 454 ha), à la limite du département à 6 km au SE de Verneuil, conserve un beau château fort à donjon, classé, et abrite un établissement pour handicapés (centre d'aide par le travail) ainsi que les constructions métalliques Piot (40 sal.).