Canton de Poligny

Poligny

4 580 hab. (Polinois) dont 580 à part, 5 022 ha dont 3 796 de bois, chef-lieu de canton du Jura dans l'arrondissement de Lons-le-Saunier, 30 km au NNE de celle-ci. La ville est située au pied de l'escarpement jurassien du Vignoble, juste au débouché de la culée de Vaux. Le finage communal comporte deux parties distinctes: le site même de Poligny; le vaste secteur de la forêt de Poligny sur le plateau, dont la ville est séparée par les petits finages des communes voisines. Le bourg a conservé des tours, un hôtel-Dieu et des collections de statues polychromes bourguignonnes; église gothique, promenades; un collège et un lycée publics, gare sur la voie ferrée de Lyon à Besançon par Lons-le-Saunier.

Poligny, qui a un peu oublié son ancien vignoble, bien que l'on y trouve plusieurs caveaux de dégustation et 58 ha de vignes, s'affiche comme capitale de l'industrie laitière; elle a une École nationale de laiterie (Enilbio) et passe pour le chef-lieu du fromage d'appellation comté, avec une Maison du comté, le Comité technique du comté, cinq caves d'affinage et des fromageries dont Juragruyère (45 sal.) et Arnaud (30 sal.). Toutefois, les principaux employeurs industriels sont dans d’autres domaines: Thirode (TGCP) fabrique des cuisines pour professionnels et collectivités (240 sal.); Diager est un spécialiste des forets à béton et d'outillages (70 sal.); mécanique GMA (35 sal.); mais L’Amy a fermé sa lunetterie. La firme Solvay exploite encore une saline pour les besoins de Tavaux. Les principales entreprises du tertiaire sont le négoce de matériel pour fromageries Sogebul (35 sal.), les transports des Messageries Jurassiennes (35 sal.), le magasin Intermarché (55 sal.); production de films Apicius (45 sal.), travail temporaire Adecco (55 sal.), travaux publics Eurovia (25 sal.).

La population communale n’a pas beaucoup changé en deux siècles: 5 500 hab. en 1806, 4 100 en 1900, 4 100 encore en 1954, un maximum récent à 4 700 en 1990; Poligny a perdu 500 hab. entre 1999 et 2008. La ville est le siège de la communauté de communes du comté de Grimont, qui réunit 27 communes et 9 700 hab., soit pratiquement le canton; elle est également le siège du pays du Revermont.

Le canton a 9 400 hab., 28 communes et 26 574 ha dont 11 656 de bois; très étendu dans le sens SE-NO, il est divisé presque également entre plateau du Jura et plaine. Le premier porte la grande forêt de Poligny et atteint la crête de la forêt de l’Heute (754 m) au SE; à Molain (120 hab., 1 150 ha dont 598 de bois), 10 km à l’est de Poligny, se trouve la grotte des Moidons, aménagée en 1989, réputée pour ses concrétions (spectacle Son et lumière).

Au sud, la limite cantonale suit la longue crête de l’Heute, qui domine un plateau où quatre petits villages sont en position de clairières: du nord au sud Besain (170 hab., 1 284 ha dont 655 de bois), Picarreau (90 hab., 896 ha dont 407 de bois), Fay-en-Montagne (80 Montis-Fagussins, 626 ha) et Bonnefontaine (100 Bonnefontois, 880 ha dont 491 de bois) qui est juste sous le sommet de l’Heute. Ces trois dernières ont pu avoir 300 et même 400 hab. au 19e siècle, et Besain 500. Bonnefontaine est le siège de la communauté de communes du Premier Plateau, qui rassemble 8 communes (1 700 hab.).

Le plateau se termine à l’ouest par un escarpement vigoureux et rectiligne de 230 m de commandement. Vaux-sur-Poligny (190 Vauxois dont 90 130 à part, 126 ha) est juste au SE de Poligny, au fond de la culée de Vaux qui échancre cet escarpement; une ancienne abbaye bénédictine y est devenue collège et petit séminaire au 19e s.; elle conserve de beaux bâtiments classés (17e, 18e et 19e s.) et abrite un collège privé avec internat; château classé du 19e s.; minoterie Mignot (35 sal.). La commune a perdu 50 hab. après 1999; elle en avait 370 vers 1870.

La plaine au pied du Jura est drainée par l’Orain, petit affluent du Doubs dont les sources sont à Poligny, et traversée par l’A 39 et la voie ferrée. Grozon (480 Grozonnais, 1 425 ha dont 274 de bois), 7 km au nord de Poligny, a gagné 70 hab. de 1999 à 2008; elle a deux sites archéologiques gallo-romains; après le sel, on y extrait encore du gypse. À Bersaillin (370 hab., 1 390 ha dont 515 de bois), 10 km à l’ouest de Poligny, se trouve un échangeur autoroutier; fabrique d'outillages pour charcuteries Dadaux (45 sal.); deux châteaus, dont un avec donjon du 16e s. et centre culturel. La commune s'est agrandie en 2007 en absorbant Le Bouchaud au sud-ouest et Le Viseney au nord sur les bords de l'Orain; elle s'étend à l'est dans la forêt de Boichat, que traverse l'A 39.

Colonne (270 hab., 1 113 ha dont 347 de bois) est à 4 km au NO de Barsaillin au bord de l'Orain, dont la vallée est empruntée par l'A 39, qui a une aire de repos dans la commune au sud-est du village. Biefmorin (80 hab., 1 125 ha dont 768 de bois), à 2 km NO de Colonne, a un finage qui s'étend vers l'ouest parmi bois et étangs de la Bresse, comme ses voisines Le Châteley (90 hab., 467 ha dont 280 de bois), Champrougier (100 hab., 873 ha dont 563 de bois), Chemenot (40 hab., 474 ha dont 312 de bois) où est la forêt d'Amont-Aval.

Au nord du couloir formé par la vallée de l’Orain, qu’emprunte l’A 39, Villers-les-Bois (200 Villerbotins, 1 050 ha dont 485 de bois) et Oussières (220 Oussièrois, 754 ha dont 289 de bois), sur la rive droite de la rivière à 14 et 13 km au NO de Poligny, relèvent également de la Bresse. Oussières a une entreprise de maçonnerie (OBTP, 40 sal.) et une petite fromagerie.

Aumont (410 Aumoniers, 797 ha dont 243 de bois) et Montholier (320 Baroucahins, 799 ha dont 120 de bois) sont au nord du canton, sur la D 905 (ex-N 5) à 12 et 10 km NO de Poligny; Tourmont (500 Tourmoniers, 973 ha dont 198 de bois) est plus près de la ville (4 km) sur la même route, ce qui lui a permis de gagner encore 40 hab. après 1999; elle croît depuis son minimum de 1975 à 300 hab.; mais elle avait dépassé 700 hab. dans les années 1820.