Canton de Gabarret

Gabarret

1 400 hab. (Gabardans) dont 140 à part, 1 690 ha dont 685 de bois, chef-lieu de canton des Landes dans l’arrondissement de Mont-de-Marsan à 45 km NE de la ville. La bourgade, dont la population est assez stable depuis près de 150 ans, mais qui aurait perdu une centaine d'habitants de 1999 à 2008, a un petit noyau, entouré d'un poussière de maisons éparses. Elle propose un musée du vigneron, dans une vieille maison à colombage du Gabardan (1456) restaurée; lavoir couvert, parc touristique de la Chêneraie, label «station verte de vacances»; collège public, collège et lycée professionnel privés, arènes (2 000 places). Quelques collines rehaussent un peu le relief à l'ouest, au sud, au nord-est. Le nom vient de gabarro, ajonc en gascon.

Le canton a 3 600 hab. (15 communes, 44 080 ha dont 27 631 de forêt); limitrophe du Lot-et-Garonne et du Gers, il est le plus oriental des Landes et se situe presque entièrement dans la forêt landaise; plusieurs étangs collinaires y ont été aménagés. La route spéciale d’acheminement de l’Airbus 380 traverse le canton et passe par Gabarret. Le canton est tout entier dans la communauté de communes du Gabardan. Le nord-est du canton, très dépeuplé, n’a plus que de minuscules villages dans la forêt landaise. Rimbez-et-Baudiets (100 hab., 3 284 ha dont 3 020 de bois), commune résultant d'une fusion de 1825, est à 10 km NNE de Gabarret dans une petite clairière, avec une église romane inscrite (12e et 15e s.); le bas plateau y est entaillé par le Rimbez, qui coule vers le sud-est en direction de la Géilise, qu'il rejoint à Sos.

Baudignan (48 hab., 2 330 ha dont 1 938 de bois) est 4 km plus au nord; le minuscule village est dans une microclairière; celle du château, au sud-ouest, est bien plus étendue; église des 12e-13e s. (inscrite), à peintures des années 1940; grand domaine agricole au nord-ouest (Routgé). Arx (67 hab., 2 418 ha dont 1 633 de bois), 4 km au-delà, tient l'angle nord-est du canton et a aussi un domaine agricole à l'ouest (la Sanguine), quelques maions éparses dans la forêt. Lubbon (110 hab., 1 774 ha dont 4 000 de bois) est à 18 km au NNO de Gabarret, en plusieurs petits hameaux; la mairie est au carrefour routier, l'église 1 km à l'ouest; quelques domaines de culture au nord et à l'ouest.

Losse (270 Lossais, 10 269 ha dont 7 750 de bois) occupe l'angle nord-ouest du canton. Son village, à 18 km au NO de Gabarret sur la N 524, est plus étoffé, sert de petit centre de commerces et reste un lieu de foires; il accueille une usine agro-alimentaire du groupe breton Coopagri (volailles fermières Ronsard, 220 sal.), un négoce de métaux AMS (30 sal.). Estampon et Lapeyrolle sont de gros hameaux au sud-est. La N 524 fait partie de l'itinéraire à grand gabarit emprunté par les pièces de l'Airbus A 380 entre Langon et Toulouse: la voie contourne le village et se détrourne ensuite vers Lapeyrolle puis Gabarret. De grands domaines agricoles sont ouverts au nord et à l'est, plusieurs élevages avicoles se dispersent dans le finage, notamment autour du hameau de Lussolle au sud-ouest. La partie nord-est de ce grand finage est constellée de petites lagunes de géométrie très variable, ici nommées bourn. Au sud, le cours de l'Estampon, qui coule vers l'ONO avant de rejoindre la Douze, fixe la limite communale. Losse a eu 1 200 hab. en 1896; elle en a encore perdu entre 1999 et 2007.

Estigarde (80 hab., 2 965 ha dont 2 161 de bois), 12 km au ONO du chef-lieu, a quelques petites lagunes et un site de loisirs au Moulin Bleu. Son finage est drainé par le Launet, qui rejoint plus loin l'Estampon; domaines agricoles au nord et à l'est. Herré (140 Herréquois, 2 314 ha dont 1 070 de bois), 4 km au nord-ouest de Gabarret, est un tout petit village proche de la N 524, qui traverse tout son finage. L'habitat est très dispersé en «brasseries», terme qui désigne d'anciennes maisons de «brassiers», c'est-à-dire d'ouvriers agricoles ne possédant guère que leurs bras; grands domaines agricoles à l'est et plus encore à l'ouest à l'Aygue Clare («légumes, melons, racines et tubercules») qui occupe le nord-ouest du finage et déborde sur Estigarde.

Le sud-ouest du canton est un peu plus ouvert et relève des confins de l’Armagnac, dont quatre communes ont repris le nom. Deux sont à cheval sur les campagnes d'Armagnac au sud et la forêt landaise au nord. Saint-Julien-d’Armagnac (120 hab., 1 464 ha dont 603 de bois), qui avait complété son nom dès 1903, est à 13 km à l'ouest de Gabarret, au nord de Mauvezin et de Betbèzer. Son petit village est sur une butte à motte féodale; réseaux électriques Bubola (50 sal.). Créon-d’Armagnac (310 hab., 2 126 ha dont 1 200 de bois), plus au nord, a attendu 1910 pour compléter son nom. Elle est l'une des communes du canton, avec les quatre suivantes, à avoir gagné quelques habitants après 1999.

Betbezer-d’Armagnac (140 Betbézois, 810 ha), à l’extrémité du canton, ne s’y est mise qu'en 1983; son nom signifie «belle vue»: le village est juché sur une colline qui domine de 40 ma la plaine de Labastide-d'Armagnac, et que longe la Douze. Deux lacs collinaires l'encadrent dans des vallons affluents de la Douze; château de Juliac à côté du village, 69 ha de vignes. Mauvezin-d’Armagnac (100 hab., 468 ha dont 150 de bois), 15 km OSO de Gabarret à la limite du Gers et non loin de Cazaubon, a complété son nom plus tôt, en 1926. Le village est sur une très basse colline au bord de la Douze, rive droite. Le petit finage se partage entre la plaine de la douze au sud et le plateau au nord, où est le beau château classé de Briat (16e-17e s.), qui vient des Albret et où séjourna Henri de Béarn, futur Henri IV; 41 ha de vignes.

Leur voisine Lagrange (210 Grangers, 2 113 ha dont 786 de bois et 114 de vignes), 10 km à l’ouest de Gabarret, n’a pas changé de nom mais elle est la commune la plus viticole (114 ha) de ce secteur, et alimente de surcroît en eaux thermales la station gersoise de Barbotan, dont elle est voisine. L'habitat y est totalement dispersé; l'église romane (11e-12e s., inscrite), à la limite nord-ouest du finage, est à côté d'un lac collinaire de belle taille partagé avec Créon. La Douze fixe la limite méridionale du finage; à l'est, la limite suit le cours du ruisseau de Sablé, qui descend vers la Douze; château de Séridos au sud-ouest.

Tout près de Gabarret à l’est, Escalans (260 Escalanais contre 700 en 1920, 3 031 ha dont 1 700 de bois) a quelques lacs collinaires dans les vallons encaissés, le principal étant, au sud, le lac du Jouandet dans un vallon affluent de la Gélise; une église à grosse tour fortifiée et plusieurs châteaux, dont celui de Caumale (16e-17e s.), à plusieurs tours et éléments du 11e s. La «ganadería de toros» de Buros y occupe au nord-ouest un domaine de 130 ha orné d’un château de 1895, avec hippodrome, parc de 6 ha et golf, écomusée vivant de la course landaise,et des arènes installées en 1996. Buros est dans une clairière, comme le hameau proche de Sainte-Meille, où sont le château Jourdan et la mairie d'Escalans: là commence la forêt landaise, qui occupe tout le nord de la commune.

Au sud de Gabarret, de l’autre côté de Cazaubon et de la station thermale de Barbotan, Parleboscq (520 hab., 4 019 ha dont 780 de bois) est une vaste commune d'habitat totalement dispersé. Elle est la première commune viticole des Landes (497 ha de vignes), car elle appartient aussi à l’Armagnac sans le dire, et son finage, que borde à l’est la vallée encaissée de la Gélise, est profondément enfoncé dans le département du Gers. La N 524 à grand gabarit la longe à l'ouest en l'évitant, en se détournant vers l'ouest par Barbotan. Réunissant sept anciennes paroisses, la commune en a conservé les églises, dont certaines sont inscrites au patrimoine, et le château Lacaze du 16e s. avec donjon du 14e, restauré, ainsi que le château viticole de Laballe tout au sud; deux grands lacs collinaires y ont été aménagés, outre celui de Jouandet, qu'elle partage tout au nord avec Escalans. Mais sa population n’arrête pas de diminuer depuis les 1 300 hab. de la fin du 19e siècle.