Canton de Fumel

Fumel

5 300 hab. (Fumélois), 2 266 ha, chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne dans l’arrondissement de Villeneuve-sur-Lot, 23 km à l’est de celle-ci. Fumel est la seule cité industrielle au bord du Lot. Une fonderie y avait été établie en 1847, traitant le fer sidérolithique local par le charbon de Decazeville et occupant jusqu’à 3 000 personnes; elle est passée à Pont-à-Mousson en 1970 et avait encore 2 000 salariés en 1980. L’actuelle fonderie de précision Metaltemple (215 sal.), succédant à Fumel Technologies, qu'avait précédé la Sadefa, est spécialisée dans les pièces moulées pour l’automobile.

La ville s'étend sur le plateau de rive droite et le coteau qui domine le Lot; l'usine est sur la petite plaine alluviale qui apparaît juste en aval. Le finage est limité à l'ouest par le cours de la Lémance. Il s'étend vers le nord sur le plateau, et largement vers l'est où il englobe la large vallée encaissée de la Thèze, des collines au-delà, et une autre plaine alluviale d'amont, plus large que celle de l'usine; le gros hameau de Condat est au pied du coteau, juste à l'ouest du confluent de la Thèze et du Lot.

Fumel d’assez nombreux commerces et services; collège, lycée général et lycée professionnel publics; hôpital local; belle mairie dans un ancien château; barrage avec usine hydroélectriqu.; supermarché casino (35 sal.) Une laiterie du groupe Lactalis est parfois signalée à Fumel, mais elle est sur le territoire de sa voisine Montayral, ainsi d’ailleurs que l’aérodrome. La commune avait 3 000 hab. en 1856, 4 500 n 1926, et a culmulé à 7 l00 hab. en 1988, avant de se dépeupler; elle a encore perdu 300 hab. de 1999 à 2008. Elle est le siège de la communauté de communes du Fumélois-Lémance, qui groupe 12 communes et 16 700 hab.

Le canton de Fumel, limitrophe du département du Lot, a 10 700 hab. (11 000 en 1999, 7 communes, 15 080 ha dont 6 771 de bois. Il est situé entièrement au nord du cours du Lot. Il correspond en partie au pays de Lémance (v. ce nom), connu surtout pour le château de Bonaguil. Monsempron-Libos continue l'agglomération de Fumel vers l'ouest. Au-delà, Condezaygues (900 hab., 1 081 ha dont 202 de bois) a un finage étiré vers le nord-ouest, qui a pour limite méridionale la rive droite du Lot; la plaine alluviale porte la zone d'activité des Cipières et le lotissement de Cazals Redouns; le village est plus au nord sur le plateau et a une église à clocher-mur du 12e s.; transports de voyageurs Cars Évasion (20 sal.).

Cuzorn (870 hab. et 2 334 ha, dont 1 091 de bois), est au nord de Fumel. Son village est dans la vallée encaissée de Lémance, à 6 km au nord de Fumel, juste avant que la vallée ne s'élargisse en plaine; église et restes d'un château, tous deux du 11e s. Le finage a un lac collinaire à l'ouest, quelques gros hameaux, comme Tesque au sud; il accueille un négoce de vaisselle (Hycodis, 25 sal.) et, surtout, une grosse entreprise de parquets Marty, passée de 520 à 230 sal., appartenant à un groupe suédo-helvétique Hag-Nordic; elle est située dans la vallée au nord du village aux Prés de Ratier, et déborde sur la commune voisine de Saint-Front. Fumel forme avec ces communes, plus Saint-Vite et Montayral qui sont sur la rive gauche et dans le canton de Tournon-d’Agenais, une agglomération de 13 000 hab.

Saint-Front-sur-Lémance (580 Saint-Frontais, 1 958 ha dont 1 027 de bois) est à 13 km au nord du chef-lieu; elle a absorbé en 1824, juste à la limite du département du Lot, la commune de Bonaguil où s’élance le célèbre château de Bonaguil, fort de ses 13 tours et d’un donjon profilé pour résister aux boulets de canon (1480-1520, remanié au 17e s.); il s’y tient un festival annuel de théâtre réputé, qui a succédé en 1997 à un festival de musique de 1962 progressivement ouvert au théâtre. Le village est au confluent des Vallées de la Lémance et de la Briolance, qui vient du nord. Bonaguil est à l'extrême pointe sud du finage, qui contient aussi le hameau de Lastreilles (église du 16e s.). La commune a eu 1 200 hab. en 1846 et sa population a diminué jusqu'en 1999; le nom a été complété en 1919.

Sauveterre-la-Lémance (600 Sauveterrois., 2 346 ha dont 1 415 de bois), à 16 km de Fumel, se nommait Sauveterre-de-Fumel avant 1890. Le village est en amont de Saint-Front, 4 km au nord-est dans la vallée de la Lémance. Son ancien château (13e-14e s.) domine le village au bout d'un éperon de plateau de rive gauche; église fortifiée, en partie du 11e et du 15e s., gisement préhistorique du Martinet un peu au nord du village, et musée du Mésolithique; l'atelier de ganterie Rigaudy (50 sal.) a fermé en 2006 mais le bâtiment et le site sont classés; usine des Chaux du Périgord (25 sal.) et plusieurs anciennes usines à chaux. Le finage s'étend surtout vers l'est sur le plateau que divise l'étroite vallée encaissée du Sendroux, affluent de gauche de la Lémance. La population était de 1 600 hab. vers 1830 et a diminué jusqu'en 1936, puis à partir de 1962 (980 hab.) après une petite reprise dans l'après-guerre.

Blanquefort-sur-Briolance (520 hab., 4 193 ha dont 2 868 de bois) est au nord de Saint-Front et à l'ouest de Sauveterre; le village est au fond de la vallée de la Briolance, avec un château des 12e, 13e et 15e s., tandis que l'église (du 12e s.) est sur une butte juste au-dessus. Le finage s'étend largement vers le nord et l'ouest sur le plateau très boisé, où est le point culminant du département à 275 m; à l'extrême nord s'ouvre la clairière d'Aigueparse; au nord-ouest, Saint-Chaliès a une église et un cimetière. Au sud-ouest, la Sauvetat de Blanquefort se présente comme un village plus étoffé, avec également un cimetière; elle fut nommée la Sauvetat des Monges en raison de la présence de deux prieurés de bénédictines et bénédictins, qui furent les fondateurs de la sauveté et dont il reste des chapelles du 12e s. et de bâtiments du 17e-18e s. Le château de Nougarède est à mi-chemin de la Sauvetat et du village-centre de Blanquefort. Le nom de la commune a été complété en 1919. Sa population avait atteint 1 800 hab. en 1846 et a diminué jusqu'en 1990.

L'usine de Fumel.

Fumel est en Aquitaine une exception et s'est presque toujours trouvée en position de fragilité. L'usine est née de peu: un premier haut fourneau en 1847, sur une tradition de récolte de fer dans les sables sidérolithiques des environs, et de travail au charbon de bois. On y entretient une ancienne machine de Watt, qui se visite. C'est la construction des voies ferrées qui lui donne de l'élan, et elle est rapidement propriété de la Compagnie Paris-Orléans des Pereire. Dans les années 1870 elle passe à la Société Métallurgique du Périgord, qui l'oriente vers les tuyaux de fonte, dont elle devient un spécialiste, et les plaques d'égouts, profitant de l'équipement progressif des villes en adduction d'eau. Le rapprochement avec le groupe Pont-à-Mousson ouvre ses marchés; un barrage hydroélectrique est construit sur le Lot, un four électrique installé en 1945, Pont-à-Mousson intègre l'usine en 1970, époque faste où les besoins de Parentis et de Lacq, comme l'irrigation des Coteaux de Gascogne, élargissent encore ses marchés. Mais cette dépendance porte ses dangers: la firme se reconcentre en Lorraine, le dernier haut fourneau s'arrête en 1987, l'usine s'oriente vers la fonderie pour automobiles. Elle devient en 1988 Société aquitaine de fonderie automobile (Sadefa), et elle est cédée en 1988 au groupe Valfond, qui dépend de l'UBS (Union des banques suisses); celle-ci met l'usine en liquidation en 2003; la lutte syndicale et le soutien du Conseil régional permettent aux salariés de reprendre et remettre en fonction l'usine, mais avec 380 emplois seulement, sous le nom de Fumel Technologies et sous l’autorité d’un cadre de chez Peugeot. De nouvelles difficultés font qu'elle est attribuée en 2007 au groupe ukrainien Motor Detal et devient Fumel D. Sans succès: menacée de liquidation en avril 2009, elle est alors reprise par l'italien B4, dans l'ensemble Metaltemple que B4 avait racheté l'année précédente en Maurienne, mais n'a plus que 215 salariés. Metaltemple appartient à B4 Trading UK, italien mais domicilié à Wickford dans l'Essex…


Monsempron-Libos

2 100 hab. (Monsempronnais), 905 ha, commune du Lot-et-Garonne dans le canton de Fumel juste en aval du chef-lieu, dans la vallée du Lot au confluent de la Lémance. Elle est issue d’une fusion de 1958 et, auparavant, d’un ancien village fortifié sur une butte dominant la confluence, avec église romane; musée du château prieurial, collège public; usine de produits réfractaires (65 sal.) du groupe IFB Premier Réfractaires, gare et marché à Libos, qui est le village du pont au bord du Lot. La population a culminé en 1975 à 3 000 hab. (sdc); indice des difficultés du bassin de Fumel, elle s'est abaissée sans cesse depuis, et encore de 70 hab. entre 1999 et 2008.