Canton de Mézin

Mézin

1 600 hab. (Mézinais), 3 158 ha dont 341 de bois, chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne dans l’arrondissement de Nérac, 15 km au SO de la ville, près de la limite orientale extrême de la forêt landaise. Le vieux village est assez pittoresque, tassé à l'intérieur d'une demi-lune de boulevards au-dessus d'un vallon qui ouvre à l'ouest sur la vallée de la Gélise. C'est une «station verte de vacances» avec musée du liège et collège public; armagnac, industrie du bois (CIB, 50 sal.). Le versant droit de la Gélise est très raide aux abords du village, le versant gauche en pente douce mais le territoire communal s'arrête au cours de la rivière et se déploie dans les collines à l'est, nues mais constellées de lacs collinaires. Les gros bâtiments de la coopérative agricole ont trouvé place au pied du versant raide près du village. Le château de Carboste (16e et 19e s.), qui a de grosses tours et un beau pigeonnier sur piles, est au nord du village sur une forte butte. Au sud, Mézin a jadis absorbé Trignan, dont subsistent quelques ruines, une église et une chapelle, un château du 17e s., le château de Perréou (19e s.) autour du lac de vallon de Colomé.

Mézin, qui a gagné 50 hab. entre 1999 et 2008 mais s’était dépeuplée jusqu’en 1990 (3 200 hab. en 1846, 2 700 hab. en 1901), est le siège de la communauté de communes du Mézinais, qui correspond au canton. Le canton, limitrophe des Landes et du Gers, a 4 000 hab., 7 communes, 24 550 ha dont 12 400 de forêt. La partie nord-occidentale, plate, est dans la forêt landaise; le reste est un peu plus accidenté en collines. La vallée de la Gélise, prolongée par son affluent l’Auzoue qui la rejoint à Mézin, sert de couloir N-S en direction de Marmande au nord, d’Éauze au sud. À l’est, le canton est limité par la vallée de l’Osse.

Réaup-Lisse (590 Réaupais 7 089 ha dont 6 105 de bois), à 7 km au NO de Mézin dans la forêt, a gagné également 60 hab. de 1999 à 2008. Elle est issue d'une fusion de 1972, Lisse ayant alors 110 hab. et Réaup 400. Le village est au sein d'une petite clairière dans la forêt landaise, à la tête du vallon de Cieuse qui descend vers la Gélise à l'est, et la forêt couvre la quasi-totalité du finage, sauf dans la vallée de la Gélis, devant Mézin. Le château de Réaup (17e et 20e s.) est au sud du village, le château de Conques plus au sud encore; tous deux sont séparés par le vallon encaissé du ruisseau de Turlat, où le lac de Bétous soutient la base de loisirs de Lislebonne. Le hameau de Cieuse est juste en aval de la confluence des deux vallons. Un autre vallon au nord, drainé par le Criéré, également affluent de la Gélise, a fixé le château (11e et 17e s. à tours rondes) et le hameau de Lisse au nord-est du finage. D'autres habitas sont encore au-delà, dont le hameau de Tustem et le château de Sainte-Catherine, ancien prieuré de chartreux (13e au 17e s.) dans la vallée de la Gélise à la pointe nord-est du finage. Le cours de la Gueyze fixe la limite de celui-ci au nord-ouest; aux abords, cromlech restauré des Neuf Pierres (Naou Peyros).

À 5 km OSO de Mézin, Poudenas (250 Poudenaquais, 1 724 ha dont 690 de bois) apparaît dans la liste des «villages de charme» pour son site, son pont roman et son château (13e et 17e s.), un grand relais de poste du 18e s. à couverts; ses maisons grimpent sur le versant raide de gauche de la Gélise; le finage s'étend des deux côtés de la rivière et englobe au sud le hameau d'Arbussan sur une butte, reste d'une ancienne paroisse avec église et cimetière; 36 ha de vignes.

Sos (720 Sotiates, 5 289 ha dont 4 027 de bois) est un village perché sur un ancien oppidum dominant la vallée très encaissée et sinueuse de la Gélise, 11 km à l’ouest du chef-lieu. Il a de belles maisons anciennes à couverts. Son finage s'étend largement à l'ouest et au nord dans la forêt landaise, que traverse la Gueyze en s'enfonçant auprès du village au moment de confluer avec la Gélise. Au nord dans la forêt, Meylan occupe une clairière d'habitat dispersé sur le versant gauche de la Gueyze, témoin d'une ancienne commune intégrée en 1972. Plus au nord, le château de Saint-Pau (15e-17e s.), classé, s'isole dans une autre clairière à 6 km au nord du village. Gueyze est une autre ancienne commune intégrée également en 1972; il en reste quelques maisons face à Sos, au-dessus du confluent de la Gueyze et de la Gélise. Celle-ci sert de limite au finage, où l'on n'a recensé que 30 ha de vignes. La population de Sos s’est aussi accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008, alors que le déclin était continu depuis le 19e siècle, mise à part l’absorption de Gueyze et de Meylan, qui d’ailleurs n’avait guère apporté qu’une centaine d’habitants.

Saint-Pé-Saint-Simon (220 hab., 1 746 ha dont 700 de bois) est à l'extrémité sud-occidentale du canton, à 8 km au SO de Sos sur un élément de plateau encadré par la Gélise au sud et son affluent le Rimbez à l'ouest. La partie nord est forestière, la partie sud a 106 ha de vignes. La belle église à tour octogonale (11e-12e s.) de Saint-Simon apparaît tout au sud, au fond de la vallée de la Gélise; mais ici la fusion date de 1839; pont du 16e s. sur la Gélise, château du 17e s. (Saint-Simon). Sainte-Maure-de-Peyriac (350 Peyriacais, 2 306 ha dont 512 de bois), 12 km au SO de Mézin, compte 299 ha de vignes, annonçant l’Armagnac. Elle occupe toute la section de plateau qui est bordée au nord et à l'ouest par la Gélise; au nord-ouest, le promontoire de Pouymajou se dresse fièrement face à Sos, offrant une belle vue sur le confluent de la Gélise et de la Gueyze. Mais le village est plus loin sur le plateau, au milieu d'une marqueterie de bois, de champs et de vignes, le château de Louspeyroux (14e-16e s.) à l'est; la commune de Louspeyroux avait été absorbée par fusion en 1840.

Lannes (440 Lannais, 3 240 ha) est une commune étendue au sud-est du canton, dont le village est à 5 km ESE de Mézin et conserve une église du 13e s., inscrite. Elle cultive 234 ha de vignes, et appartient donc déjà au vignoble d'Armagnac. La vallée encaissée de l'Osse lui sert de limite à l'est. Le château de Bégué (16e-17e et 19e s.) est au nord-ouest du village, celui de la Grangerie ou Lagrangerie (16e-17e s.) à l'est, issu d'un prieuré des 13e-14e s., avec des vergers et une vue étendue sur la vallée de l'Osse, comme ceux de Lassalle (17e et 19e s.) et du Lion d'Or (18e s.) au sud-est; le château de Parron (16e et 19e s.) est au contraire tout à l'ouest, sur une butte. L'angle sud-est de la commune relevait d'une paroisse de Cazaux, dont restent quelques éléments et notamment une église, inscrite, à clocher-mur. Au centre-sud, l'église survivante est celle de la Fousserie (13e s.). Au sud-ouest, Villeneuve-de-Mézins est un ancien village à 5 km au sud du chef-lieu, perché au-dessus d'un vallon débouchant à l'ouest sur la vallée de l'Auzoue, qui rejoint la Gélise à Mézin; le vallon est noyé depuis 1990 sous un grand lac de barrage de 18 ha (800 000 m3); le château de Loupillon a un parc, et vue sur le lac; un ancien castrum a laissé des traces à Villeneuve, qui a une église fortifiée du 13e s. La commune de Villeneuve-de-Mézins a disparu par absorption en 1972.