Canton de Ville-sur-Tourbe

Ville-sur-Tourbe

210 hab., 1 113 ha dont 243 de bois, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l'arrondissement de Sainte-Menehould, 15 km au NO de celle-ci au pied de la côte de Champagne. C'est l'un des chefs-lieux de canton les plus démunis de France: 8 exploitations agricoles, et presque rien d'autre; la commune avait 560 hab. en 1880, 250 en 1962 et décline toujours. La communauté de communes du canton de Ville-sur-Tourbe associe 15 communes (seulement 1 700 hab.).

Le canton a 2 400 hab., 17 communes et 30 686 ha. Il s'étire sur 36 km d'ouest en est le long de la limite du département des Ardennes, et atteint à l'est celle de la Meuse. Il englobe à l'extrême NO la commune de Sommepy-Tahure (630 Sompinards, 6 824 ha), 15 km au nord de Suippes, qui conserve des monuments et hauts lieux de la guerre de 1914-1918 et a englobé l'ancien village détruit de Tahure, dans le camp de Suippes; silos, un berger communal, lié à un groupement qui produit un millier d'agneaux par an et exploite 150 ha du camp de Suippes; un salon régional du mouton se tient à Sommepy tous les quatre ans depuis 1992. Dans la commune, qui a gagné 61 hab. entre 1999 et 2005 (11%), s'est installé en 2000 le centre de conditionnement d'œufs de la Sodine (Société de distribution du Nord-Est), associant Pycoq de Saint-Souplet-sur-Py et deux sociétés ardennaise et axonienne, et manipulant 170 millions d'œufs par an (580 000 poules), avec 55 emplois. La commune a gagné 70 hab. après 1999.

En partie dans le camp de Suippes également, Rouvroy-Ripont (1 177 ha), 8 km au NO de Ville-sur-Tourbe, a annexé l'ancien village détruit de Ripont, ce qui ne l'empêche pas d'être la commune la moins peuplée de la Marne et de la région, avec seulement 7 habitants, dits Capouillats (2 au recensement de 1999, 8 en 1990); Rouvroy et Ripont totalisaient 342 habitants en 1870, 166 en 1911; puis elles sont tombées à 16 en 1931, 12 en 1968. À l'ouest de Ville-sur-Tourbe, Massiges (50 Massigiens, 819 ha) a laissé son nom dans les annales de la Grande Guerre par les combats de la Main de Massiges, une avancée de la côte de Champagne à plusieurs digitations, d'où son nom. Un peu au SO, Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus (80 Cahourd, 2 304 ha) et Wargemoulin-Hurlus (50 Darnes, 1 517 ha) rappellent le souvenir de deux autres villages disparus de la «zone rouge», le Mesnil et les Hurlus, toujours dans le camp de Suippes.

La partie orientale du canton, traversée par la vallée de l'Aisne, s'achève en Argonne par le bois de la Gruerie, un autre haut lieu de la Grande Guerre. Vienne-le-Château (590 Viennois, 5 136 ha dont 4 314 de bois), 14 km au nord de Sainte-Menehould dans la vallée encaissée de la Biesme, est la première du département de la Marne pour la surface forestière, car son territoire s'étend très largement sur le plateau de gaize, qui monte à 251 m; mais elle est aussi une bourgade desservant les communes voisines, et un lieu d'emploi original. Jadis elle a peigné et tissé la laine pour Reims, a eu des verreries et tuileries, et fait de la bonneterie encore jusqu'en 1954. Le village a quelques commerces, services, artisans et de petites entreprises, un atelier protégé (Argonne Production, 40 sal.), une maison de retraite publique, un couvent des Sœurs de la Providence; et, surtout, la grande usine Cebal du groupe Alcan ex-Pechiney, qui a d'abord utilisé les locaux de l'ancienne bonneterie et se consacre depuis 1956 aux emballages plastiques; même après réduction, elle emploie 270 personnes.

À l'est du village, dans la vallée encaissée de la Biesme, se tapit le hameau de la Harazée, jadis village de gentilshommes-verriers, avec un rucher-école, et un grand cimetière national. Au-delà vers le nord s'étend le bois de la Gruerie, dont les massacres sont de triste mémoire; s'y voient un autre cimetière national, de nombreux monuments commémoratifs, des restes de tranchées et d'abris, ainsi que d'un camp allemand (Kaiserlager). Les troupes américaines avaient installé en 1945 un grand chantier d'exploitation forestière où travaillaient des prisonniers de guerre allemands. Vienne-le-Château a eu près de 2 000 hab. au milieu du 19e siècle, 1 350 en 1900; sa population était tombée à 460 hab. en 1954 et a un peu augmenté depuis, puis perdu 50 hab. entre 1999 et 2008.