Cantons de Châlons-en-Champagne

Châlons-en-Champagne

47 600 hab. (Châlonnais) dont 1 400 à part, 2 606 ha, préfecture de la Marne; c'était naguère Châlons-sur-Marne; le changement officiel est de 1998, mais le nom de Châlons-en-Champagne était déjà apparu en 1743. C'est le seul chef-lieu de région ayant à la fois moins de 100 000 habitants, et moins que trois autres villes de sa région, Charleville-Mézières, Troyes et surtout Reims, qui est quatre fois plus peuplée.

Cette situation unique et paradoxale selon les habitudes françaises a de profondes racines historiques. Châlons avait déjà été choisie par Richelieu comme siège de l'intendance de Champagne au détriment de Reims (1542), et promue «principale ville de Champagne» en 1589. De surcroît, Châlons et son puissant clergé avaient servi les intérêts du roi de France contre les entreprises des comtes de Champagne. Elle le doit aussi aux particularités de Reims, ville de sacre et ville marchande, alors passablement ligueuse; d'autre part et surtout à son ancienneté et à l'excellence de sa position, au milieu de ce grand glacis que représentait la Champagne pour Paris, et sur la principale voie de passage entre Paris et l'Est: deux routes nationales qui s'y croisent, la N 3 et la N 44; la voie ferrée de Paris à Nancy et Strasbourg; le canal, qui va jusqu'en Alsace. Cette situation lui permet en outre de tenir un équilibre entre les deux principaux foyers régionaux, éloignés et souvent rivaux, que sont Reims et Troyes.

La ville est d'ancienne origine; elle était déjà au centre de la tribu gauloise des Catalauni, d'où vient son nom, devenu Durocatalaunum (3e s.), puis Catalaunos (4e s.), à la convergence de plusieurs routes romaines. Elle a eu dès le 3e s. un évêque, devenu titulaire d'un comté au 11e s.; plusieurs abbayes s'y sont établies et c'est au Jard de Châlons que Bernard de Clairvaux fit le premier prêche de la deuxième croisade en 1147. Ville de clergé, Châlons a cependant été une ville de foires aux 10e et 11e s., puis une ville drapante: le «châlons» a été diffusé dans toute l'Europe jusqu'au 14e s. - mais n'a rien de commun avec le châle, d'origine asiatique et dont le nom vient de l'hindi… Puis elle s'est contentée d'être une forteresse de plaine. La Révolution, méfiante à l'égard de la ville des sacres et séduite par les arguments de l'actif député châlonnais Prieur de la Marne, a confirmé sa prééminence administrative sur Reims. Elle s'est vu ajouter au 19e s., avec le chemin de fer (1849), une nouvelle fonction militaire qui lui a valu d'immenses installations (commandement, casernes, intendance, hôpital), ainsi qu'une école des Arts et Métiers, qui subsiste en centre-ville.

Le plus surprenant est que, dotée de toutes ces faveurs royales, républicaines et impériales, Châlons n'en ait pas mieux tiré parti: c'est sans doute que son environnement l'avait alors desservie. Son site même a l'air très vulnérable: le centre urbain est au milieu de la plaine humide de la Marne, près de la rive droite de la rivière; plusieurs bras d'eau y serpentent encore, tels le Mau et le Nau. Ce centre est à la fois monumental et fragile: quantité de maisons étaient de bois et de torchis, les plus puissantes en carreaux de craie; des incendies, les guerres, la vétusté ont obligé à d'incessants réaménagements. Les grands monuments sont surtout d'origine ecclésiastique: cathédrale gothique Saint-Étienne des 12e et 13e s. (belles verrières); collégiale Notre-Dame en Vaux de 1157 avec des remaniements jusqu'au 15e s., dont le cloître a été détruit au 18e s., puis récemment rénové sous forme de musée; église Saint-Alpin, édifiée au 16e s. dans le style renaissance, sur des fondements du 12e s.; église Saint-Jean, la plus ancienne (11e s.) mais refaite au 17e ; église Saint-Loup des 14e et 15e s.; couvent Sainte-Marie, devenu le siège du Conseil général (17e s.); grand séminaire de la fin du 19e s., maintenant rénové et siège du Conseil régional. L'école des Arts et Métiers elle-même avait hérité d'un ancien séminaire et de vieux bâtiments conventuels.

Du côté civil, il reste finalement peu de chose: le sévère hôtel de ville de 1771, une sorte d'arc de triomphe dit porte Sainte-Croix, de 1769; l'hôtel de l'intendance de Champagne du 18e s., devenu logiquement préfecture; la bibliothèque municipale, établie dans un bel hôtel particulier du 17e s., dit Dubois de Crancé, ainsi que plusieurs maisons anciennes et la plus grande partie de la place de l'Hôtel de Ville. Vers le sud, Châlons a su aménager les amples promenades du Jard et leur annexe du Jard anglais, où l'on trouve un arboretum, le théâtre du Jard et, depuis 1985, le Centre national des arts du cirque, qui utilise le cirque construit en 1899.

Dans le centre urbain sont aussi quatre musées: municipal (divers), Garinet (vie bourgeoise locale), Gœthe et Schiller, Notre-Dame-en-Vaux (cloître); la scène nationale du théâtre du Muselet; l'espace Pierre-Dac, en hommage à l'humoriste né à Châlons. Parmi ses compatriotes, on doit citer Jean Talon (1626-1694), devenu le premier intendant de la Nouvelle-France à Québec; le chimiste Pierre Bayen (né en 1725); Nicolas Appert, inventeur d'un procédé de conserves (né en 1749); et le dessinateur contemporain Cabu. Les Châlonnais ont également eu un rôle décisif dans l'évolution du champagne, puisque c'est le pharmacien François qui sut mettre au point l'adjonction de liqueur sucrée favorisant la prise de mousse, et Jacquesson qui inventa le muselet.

En dépit de ces héritages brillants, le centre-ville de Châlons est plutôt décevant. Le noyau des magasins est très restreint, si grande a été l'attraction des centres commerciaux périphériques, ouverts à un moment d'atonie urbaine et de stagnation de l'emploi. Les évasions d'achat vers Reims sont sensibles, et l'animation du centre est loin d'être à la hauteur de ses abondantes fonctions administratives. Au-delà des boulevards et promenades qui marquent, assez irrégulièrement, les anciens fossés, les faubourgs avaient laissé de vastes espaces, où ont pu s'étaler successivement les installations militaires (surtout au nord, en direction du camp de Mourmelon), les entrepôts et les usines venus nombreux au cours des années 1960 et 1970, les grands ensembles alors hâtivement et massivement construits et, un peu après, les lotissements de petits pavillons.

La rocade de contournement dessinée à bonne distance pour dévier la N 44 a servi à la fois d'horizon et de nouvelle barrière à l'urbanisation, qui ne la dépasse que timidement et depuis peu. Les quartiers du Verbeau, de Croix-Dampierre et de la Croix-Jean-Robert ont été massivement construits pour l'habitation, entre 1955 et 1975 surtout. Le «Quartier rive gauche», lié à la gare, peuplé de cheminots et qui votait rouge, avait une tonalité un peu originale; outre les entrepôts ferroviaires, il comportait aussi d'anciennes industries, maintenant disparues, comme la brasserie La Comète. Sur le plateau de craie qui s'élève un peu au-dessus de la plaine a été édifié le grand ensemble de la Bidée; juste au-delà, d'autres urbanisations plus discrètes se diffusent dans les communes de Fagnières et de Compertrix.

Châlons-en-Champagne conserve un finage agricole étendu: 24 agriculteurs exploitent 1 535 ha (dont 269 en prés) et la commune fut jadis célèbre pour ses melons, au moins du côté de Saint-Memmie; elle est le centre actif d'une opulente région agricole, siège de la plus puissante firme française de déshydratation (France-Luzerne, 750 sal. dans le groupe); nombre d'organismes professionnels agricoles et d'institutions coopératives y ont également leur siège et disposent d'un vaste complexe moderne au mont Bernard, au nord de la ville. Cependant la ville reste très marquée par l'administration, les services et l'armée, qui y sont d'amples sources d'emploi; la fonction de préfecture régionale y fixe en effet de nombreux bureaux, à l'exception des services de l'enseignement puisque le rectorat et l'académie sont à Reims.

Les services à la population sont bien représentés. La ville compte quatre collèges, trois lycées et un lycée professionnel publics, plus deux collèges, deux lycées professionnels et un lycée général privés; plusieurs centres de formation professionnelle et d’aide par le travail. L’ENSAM, École nationale des Arts et Métiers, créée en 1806, ajoute 150 emplois, une spécialité de productique et un peu de vie étudiante (260 inscrits), que confortent un IUT et une Maison de l’Ingénieur, un Institut de promotion industrielle de la Chambre de commerce (100 étudiants), une branche de l’Institut de formation des maîtres (IUFM), un enseignement artistique et l’IFSI qui forme des infirmiers. Châlons a un centre hospitalier (470 lits) et la clinique Priollet (135 sal., 90 lits); institut médico-éducatif et centre d’aide par le travail, maisons de retraite dont Medica (35 sal.) et Saint-Joseph (25 sal.). L'armée est représentée par l'état-major de la Première Région militaire, le 402e régiment d'Artillerie, un établissement du génie et le commissariat à l'armée de Terre.

Il ne reste à peu près plus rien de l'activité commerciale à succursales multiples, née à la fin du 19e s. et qui avait vu la prolifération des épiceries de la firme locale Mielle-Les Écos, et l'apparition très provisoire d'un grand dépôt des Galeries Lafayette dans les années 1960; ni du passé industriel de la ville, sinon dans les papiers peints avec Grantil, 240 emplois, venu de Lorraine après 1871 et devenu en 2007 Grandeco Wallfashion NV (180 sal.), à une société belge de Tielt. En revanche, les années de haute croissance avaient amené de nombreuses implantations, en particulier d'origine allemande: bien moins que de «décentralisations», il s'agissait de prises de positions étrangères sur le marché français; certaines ont disparu; plusieurs sont encore là, mais avec des effectifs nettement réduits.

Les principaux employeurs industriels sont aujourd’hui Marwal TI Automotive (pompes et jauges pour automobiles, 550 sal., ex-Jaeger, mi-partie à l’Italien Magneti-Marelli et à l’états-unien Walbro); Mannesmann (matériel de levage Demag, 135 sal.), Air Liquide Welding (électrodes pour soudure, ex-Fresa, 105 sal.), Privé (constructions métalliques, 95 sal.); gravières Morgagni Zeimett (65 sal.). L'usine de colles Henkel, qui avait encore 400 sal. en 2005, a cessé ses productions et ne déclare plus que 20 sal. en 2011; la SAF (Soudure Autogène Française, matériel de soudure, a fermé en 2006, ainsi que Graphite et Métaux. Une vieille maison de champagne, Joseph Perrier (groupe A. Thiénot), emploie une trentaine de personnes; ses caves se visitent.

Parmi les principaux employeurs du tertiaire figurent la Caisse fédérale du Crédit Mutuel (2 900 sal.), le Crédit Agricole (175 et 50 sal.), la Banque de France (50 sal.), les assurances Geoz (50 sal.); un hypermarché Carrefour (1 000 sal.), un Intermarché (45 sal.) et quelques magasins comme Decathlon (30 sal.), Simply (30 sal.), Match (30 sal.); les négoces agricoles Champagne Céréales (240 sal.), France Luzerne (40 sal.), Coopérative agricole marnaise (35 sal.) et Desialis (luzerne déshydratée, 35 sal.), le négoce de matériel agricole France Champagne Équipement (45 sal.).

Sont également présents la SNCF (630 sal.), La Poste (360 sal.), France-Télécom (230 sal.), Alfor (170 sal., enseignement privé), Châlons-en-Champagne Habitat (140 sal.) et la Renaissance Immobilières (90 sal.); travail temporaire Adia (300 sal.) et Adecco (110 sal.), EDF-GDF (80 sal.) et distribution d'électricité C6 (55 sal.), informatique Vitarea (50 sal.), comptabilité FCN (45 sal.); discothèque Alegra (50 sal.). Dans le bâtiment, installations thermiques Conraux (50 sal.) et électriques Gay (30 sal.), peinture Nicoletta Bon (55 sal.), revêtements Ronzat (30 sal.), travaux publics Nord-Est TP (50 sal.), Colas (35 sal.). Dans les transports, outre les grands garages, se signalent STDM (autocars, 125 sal.) et Transports urbains de Châlons (Keolis, 70 sal.); Mory (60 sal.), Euro Cargo Rail (50 sal.), MBS Marne (35 sal.). Enfin, il faut mettre au compte de l’agglomération de Châlons les principales entreprises de Saint-Martin-sur-le-Pré et de Fagnières.

En dépit des atouts universitaires et scientifiques rémois, Châlons s'est fait une place dans la recherche et ses applications, avec huit «centres de compétence» et un centre spécialisé (CRITT) en productique; patrons et élus comptent tirer profit des projets de l'aéroport de fret de Vatry en assurant les échanges avec le fer et la route. La ville poursuit quelques travaux de réaménagement: au centre-ville, la rénovation des halles et une nouvelle bibliothèque «municipale à vocation régionale» de 700 places; en rive gauche, un Centre d'entreprises Jacquesson, à l'emplacement d'une ancienne maison de champagne devenue malterie et entrepôt de semences, transformée en «zone de redynamisation urbaine». Le mont Héry, au nord de la commune en direction de Reims, a reçu d'amples équipements: gendarmerie et douanes, lycée professionnel, école d'infirmières, complexe commercial, plusieurs foyers pour enfants et vieillards. La commune compte quatre «zones urbaines sensibles»: la Rive gauche (Mont-Saint-Michel, la Bidée, Frison, Gare), Schmit au nord du centre, la Vallée Saint-Pierre au nord-est et le Verbeau-Alsace au sud, qui comporte un grand ensemble des années 1960-1970.

Plutôt à gauche avant la dernière guerre, la majorité municipale est passée à droite en 1947, puis a connu un maire communiste (J. Reyssier) de 1977 à 1995 avant de revenir à droite. Le maire de Châlons est Bruno Bourg-Broc, UMP, ancien député. Châlons avait 11 000 à 12 000 habitants au début du 19e siècle, 14 000 en 1856; la croissance a été relativement rapide ensuite (env. 31 000 en 1911, 1921 et 1926, puis s'est ralentie: 36 800 hab. en 1954, 52 300 en 1975, avant de se remettre à baisser au profit d'une partie des banlieues. La population municipale de Châlons a diminué de 740 hab. entre 1999 et 2008, la population totale de près de 2 800 hab.

Châlons est la principale commune d'un district créé en 1963 et transformé en communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne en 2000, qui groupe 12 communes de rive droite et de rive gauche (63 900 hab.). L'unité urbaine de Châlons (au sens de l'Insee) a 57 800 hab. et 31 300 emplois au lieu de travail; elle a perdu des habitants depuis 1990. L'aire urbaine est évaluée à 78 600 habitants (35 900 emplois). L'arrondissement de Chalons (8 cantons, 100 communes) s'étend sur 177 834 ha, dont 137 000 de surface agricole utilisée (134 000 en labours, seulement 1 700 en herbe et 1 200 en vignes); il s'est agrandi en 1824 du canton de Vertus, jusque-là dans l'arrondissement d'Épernay; il avait 99 531 hab. en 1982, 100 100 hab. en 1999, 101 900 en 2008.

Les 4 cantons totalisent 63 700 hab. (64 900 en 1999), 16 communes et 22 415 ha. Saint-Memmie est soudée à Châlons côté est, comme Fagnières sur l'autre rive de la Marne. Côté nord, La Veuve (630 Viduens, 2 441 ha) et Les Grandes-Loges (270 Logiens, 1 282 ha), 9 et 13 km au NO de Châlons sur la route de Reims, sont occupées à exploiter le carrefour des autoroutes A 4 et A 26, mais la plate-forme logistique n’a encore accueilli que de petits établissements; La Veuve, commune qui a gagné 90 hab. après 1999, accueille Neo Log (ID Logistics, 60 sal.), les transports Antoine et Rousselle (60 sal.), Dentressangle (25 sal.), Ziegler (25 sal.), un négoce d'aliments pour animaux de compagnie (Zolux, 30 sal.), le centre de maintenance Cari (30 sal.), le traitement de déchets Aureade (25 sal.). Aux Grandes-Loges, Fame (60 sal.) est un négoce interentreprises de matériaux et fermetures.

Sur la rive droite de la Marne et jouxtant Châlons, Saint-Martin-sur-le-Pré (870 Saint-Martinais, 1 189 ha) a reçu une grande zone industrielle où se trouvent la Scapest (centrale d'achats du groupe Leclerc, 540 sal.), Poreaux (menuiserie pour bâtiment, groupe Lapeyre-Saint-Gobain, 220 sal.), Zehnder (radiateurs, 100 sal., à un groupe suisse), Essilor (lunetterie, 80 sal.), chaudronneries TCC (30 sal.) et Henripré (30 sal.), plus la fabrique d’aliments du bétail de la Coopérative agricole de la Marne (Copam Moulins Henry, 80 sal., 110 000 t/an), des sociétés d’informatique JVS Viamedia (110 sal.), Geosphere (40 sal.), Implicit (40 sal.); négoce d'équipements d'automobiles Ital-Express (45 sal.), travaux publics France-Rabotage (60 sal.), transports Walbaum (150 sal.), Dentressangle (105 sal.), Stam (85 sal.), Roy (40 sal.), Jaltrans (35 sal.) et entreposages FM (65 sal.), ainsi que des entreprises de banlieue comme le nettoyage Lustral (190 sal.), la publicité Adrexo (65 sal.) et Médiapost (40 sal.).

Sa voisine Recy (1 070 Recyots, 1 438 ha) est également une proche banlieue, mais surtout d’habitation; mais une nouvelle zone industrielle de 115 ha, partagée avec Saint-Martin, a été lancée en 2003 et accueille les transports Trans Plus Services (50 sal.), l'entreposage Entrepo Dis (40 sal.), l'exploitant de gravières Blandin (30 sal.). Recy a gagné 130 hab. de 1999 à 2008, tandis que sa voisine en perdait une trentaine. Juvigny (1 000 Juvignots, 3 137 ha), plus en aval à 11 km de Châlons, a un château ancien, refait au 17e s. et doté d’un grand parc à la manière de Le Nôtre, plus des silos; la commune a gagné 130 hab. entre 1999 et 2008.

Vraux (490 Vrautiers, 1 280 ha), 2 km à l’ouest sur le même rebord droit de la plaine de la Marne, à 13 km de Châlons, a gagné 90 hab. entre 1999 et 2008. Un peu plus loin (18 km de Châlons), Condé-sur-Marne (700 Condéens, 1 234 ha) en a gagné autant; son nom est prémonitoire (Condate, confluent), car elle est aussi à la jonction du canal de l’Aisne à la Marne et du canal latéral à la Marne; mais cela ne donne lieu qu’à un trafic très réduit. Le village a quelques commerces, une belle halle du 14e s., une église classée (12e au 16e s.) quoique très restaurée, une halte nautique; il est le siège de la communauté de communes de la région de Condé-sur-Marne, qui groupe 5 communes et 2 400 hab.

Les cantons de Châlons ne mordent que peu outre-Marne, où Fagnières tient le principal rôle. Saint-Gibrien en aval (460 Saint-Gibriennots, 404 ha) est changée par l’ouverture de l’échangeur de l’A 26 et de la N 3, et l’installation consécutive du centre de tri postal (180 sal.), assorties de la nouvelle rocade sud-ouest de Châlons; constructions Renov Habitat (25 sal.); sa population a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. En amont au sud de Châlons, Compertrix (1 260 Compertriats, 476 ha) prolonge l’habitat châlonnais; la commune n'avait encore que 380 hab. en 1950 et s'est accrue de 140 hab. entre 1999 et 2008. Coolus (230 Coolvas, 1 318 ha) a de notables installations de Champagne-Céréales avec silos, station de semences et de France-Luzerne (déshydratation). Ces communes complètent l’agglomération de Châlons.


Fagnières

4 660 hab. (Fagniérots), 1 948 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Châlons-en-Champagne-3, en banlieue ouest de Châlons sur la rive gauche de la Marne. Elle inclut, dans la plaine (Petit-Fagnières), tout l'ensemble des voies ferrées de service de Châlons, avec plusieurs centaines d'emplois: triage et embranchement vers Mourmelon et Reims, entrepôts, nombreux jardins ouvriers. Le plateau de craie porte lotissements et grands ensembles (Mont-Saint-Michel), avec collège public et piscine, centre municipal culturel et de loisirs.

La commune a reçu un hypermarché Leclerc de 260 salariés et 9 800 m2, plus Bricostore de 6 200 m2 ; coopérative de déshydratation,atelier d'architecture SECB (30 sal.), ambulances Lejeune (35 sal.). Au mont Choisy, au sud de la commune, sont l'hippodrome de Châlons et un centre aéré avec des équipements de sport. En revanche, la sucrerie de Fagnières a été fermée en 2004; elle employait plus de 100 personnes. La population communale a connu des variations accusées: 1 400 hab. en 1886, 300 en 1900, 730 en 1954; puis une croissance spectaculaire jusqu'en 1990; mais elle aurait perdu 500 hab. entre 1999 et 2008.


Saint-Memmie

5 400 hab. (Mengeots), 1 264 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Châlons-en-Champagne-4, en banlieue est de la ville et soudée à celle-ci. L’ancien village, qui avait une basilique et des foires hors les murs de Châlons, puis une abbaye, se discerne à peine, serrant ses maisons le long de la rue qui mène de cet ancien foyer religieux au centre de Châlons; le reste mêle un quartier de grands immeubles avec centre commercial, lotissements de maisons individuelles, et des espaces agricoles; maison de retraite dans l’ancien petit séminaire; un collège public. La population communale a comencé à progresser à partir de 1872; elle était de 2 000 hab. en 1962 et a fortement augmenté entre 1968 et 1975 où elle a atteint 6 600 hab. (sdc); elle diminue depuis et a perdu 400 hab. de 1999 à 2008.

Saint-Memmie, fleurie (trois fleurs), conserve une partie des exploitations maraîchères qui furent jadis connues notamment pour leurs melons, et réunit quelques petits établissements de production comme la Châlonnaise de Chaudronnerie (25 sal.) et surtout d’assez nombreux commerces et services: Brico Dépôt (75 sal.), Conforama (30 sal.), Kiabi (30 sal.), But (25 sal.), Darty (25 sal.) et le distributeur de pharmacie Alliance Santé (80 sal.), le négoce de textiles Lamy (25 sal.), les surgelés Thiriet (30 sal.); installations d'eau et gaz Driget (30 sal.) et d'électricité Cegelec (40 sal.) et Haezebrouck (35 sal.), constructions DP (20 sal.) et Bathoux (20 sal.), travaux publics (Screg, 100 sal.); nettoyage urbain Onyx (45 sal.).