Cantons de Vitry-le-François

Vitry-le-François

14 800 hab. (Vitryats) dont 570 à part, 645 ha, sous-préfecture de la Marne, 33 km au SE de la préfecture, à l'endroit même où la Marne entre dans l'auréole des collines de la craie champenoise. Le site de la ville, en plaine, est ainsi dominé à l'ouest et au nord par le talus de la côte de Champagne. Construite à partir de 1544 à la demande de François Ier pour tenir un passage stratégique, et dès lors affichant le nom du roi, Vitry a eu des foires actives, et comptait 7 000 habitants à la fin du 18e s. La ville a été reconstruite en pierre au 18e s., ce qui lui donnait une belle unité architecturale; on la renomma Vitry-sur-Marne en 1794, pour oublier le roi fondateur; elle a subi des dommages en 1814-1815, en 1914, en 1940 et a été presque entièrement détruite en 1944; après quoi elle a été reconstruite selon le plan du 16e s., mais sans les halles. Chemin de fer et canaux en ont fait un centre commercial et industriel; sa population a bien augmenté des années 1930 (9 000 hab.) à 1975 (19 400 sdc) mais diminue depuis, en raison de la contraction des emplois industriels, et aurait perdu 2 400 hab. entre 1999 et 2004 (-14%).

Les Vitry

Le nom de Vitry-en-Perthois est cité comme Victoriacum castrum au 6e s. et en 948: il évoque clairement une idée de victoire. Un premier Vitry, centre du comté du Perthois et en position clé près de l'entrée de la Marne dans les collines champenoises, avait été brûlé en 1142 par Louis VII, puis en 1420 par Jean de Luxembourg. Il fut rebâti dans un autre site, mais à nouveau incendié en 1544 par les Impériaux de Charles-Quint, ce qui montre bien la valeur de sa position stratégique. Pendant que Vitry-le-François s'édifiait non loin de là, on l'a reconstruit sur l'emplacement de l'ancien Vitry, ce pourquoi il se renomma pendant un temps Vitry-le-Brûlé. Vitry-le-François est la plus récente des villes de Champagne, puisqu'elle a été construite à la demande de François Ier, dont elle porte le nom depuis 1544, à la suite de la destruction de Vitry-en-Perthois, afin de tenir l'éventail de voies menant à la traversée des collines champenoises par la Marne. Les travaux furent menés, à l'emplacement d'un ancien village de Maucourt (Mauri Curtis au 11e s., qui a eu une commanderie annexe de templiers), selon le plan de l'Italien Geronimo Marini, qui dessina un carré de 612 m de côté à l'intérieur de remparts et de fossés à redans; les rues sont à angle droit et, au centre, se trouve une place de 117 m de côté, où fut édifiée une halle. Le nom de Vitry-la-Ville, en revanche, village à mi-chemin de Vitry-le-François et Châlons-sur-Marne dans le canton d'Écury-sur-Coole, semble avoir une autre origine: le lieu était désigné comme alleu de Vetereii villa en 1094, ce qui évoque le «Vieux» et non le «Victorieux»; puis Vitriacum villa en 1254.

La partie centrale de la ville rassemble la plupart des magasins, bureaux et administrations, mais elle est largement débordée maintenant. Vitry a un centre hospitalier public de 150 lits et une clinique de 20 lits, trois collèges dont un privé, un lycée général et un lycée professionnel publics, une maison des jeunes et de la culture, tous les commerces et services de son rang, qui en font la métropole incontestée du SE de la Marne; elle cherche à former un réseau avec Saint-Dizier et Bar-le-Duc, le Triangle.

Les principaux employeurs industriels sont l’usine de tubes Salzgitter-Mannesmann, héritière d'une usine de tubes Vallourec (640 sal.); Arcelor-Mittal (300 sal.) exploite une autre ancienne usine Vallourec de tubes et équipements pour automobiles; l'ancienne faïencerie de Sarreguemines (FSDV), installée en 1881, détruite pendant les guerres et reconstruite, devenue Sarreguemines Bâtiment en 1982 puis rachetée par une société britannique et qui produit des objets sanitaires en céramique sous le nom de Lecico (180 sal.); Hozelock-Tricoflex (tuyaux en caoutchouc et plastiques, 160 sal., firme britannique), l’usine Kadant-Lamort (au groupe états-unien ThermoElectron), spécialisée dans les machines pour papeteries (170 sal.), les instalaltions électriques Mangin Égly (180 sal.), et une bonneterie du groupe Devanlay (40 sal.); traitement de déchets Bruhat (35 sal.).

Vitry accueille aussi plusieurs entreprises de bâtiment dont La Marnaise (100 sal.) et Bailleux (peinture, 35 sal.) et de location de logements (Vitry-Habitat, 80 sal.), d’installations électriques (Mangin-Égly, 180 sal.), un hypermarché Leclerc (180 sal.) et des supermarchés (Intermarché 35 sal., Match 25 sal.) et magasins comme Bricorama (25 sal.); travail temporaire Adecco (80 sal.), Crédit Agricole (45 sal.), SNCF (75 sal.). D’autres usines sont dans les communes limitrophes, surtout à Marolles.

La ville a deux groupes de «zones urbaines sensibles», Le Hamois au nord du centre, Rome-Saint-Charles-le Désert au sud de la gare. La nouvelle communauté de communes de Vitry-le-François groupe 18 communes (23 100 hab.). L’unité urbaine de Vitry-le-François, au sens de l’Insee, compte 18 100 hab. et 9 800 emplois au lieu de travail, l’aire urbaine 34 100 hab. et 13 000 emplois. L’arrondissement a 47 800 hab. (49 000 en 1999), 6 cantons, 113 communes, 150 362 ha.

Les 2 cantons groupent 26 400 hab. (27 900 en 1999), 25 communes et 30 363 ha; la Marne en forme l’axe SE-NO; elle y reçoit l’Orconte et la Saulx grossie de l’Ornain. Marolles (840 Marollais, 438 ha) est juste au SE de Vitry, au croisement de la N 44 et de la voie ferrée Paris-Strasbourg, et à la rencontre des deux canaux de la Marne au Rhin et de la Marne à la Saône; la population de cette active banlieue industrielle s'est accrue de près de 300 hab. entre 1999 et 2008 (+53%!). Son territoire est occupé par un complexe d’usines et entrepôts, les abattoirs, une scierie et le grand ensemble que forment sur 100 ha l’hôpital et le dépôt médical (établissement central de ravitaillement sanitaire), installé en coopération avec l’armée des États-Unis. La zone industrielle de Marolles-Vitry réunit notamment l’usine de tubes Vallourec, la faïencerie Lecico ex-Sarreguemines et Tricoflex, plus à Marolles même Nobel-Plastiques (groupe étatsunien Dana, demi-produits plastiques, 450 emplois), les ateliers d’électronique JST (120 sal.), de mécanique Pêcheur-Lesage (35 sal.); les abattoirs et préparations de viandes Elivia du groupe Terrena, acquis en 2010 auprès du groupe Bigard (150 sal., 8 400 t/an), la malterie Malteurop (60 sal.) et Champagne-Céréales, les transports Liébart (65 sal.), du Perthois (35 sal.), Cilluffo (25 sal.); travaux publics Eiffage (55 sal.), nettoyage TFN (350 sal.).

Juste au sud, Frignicourt (1 860 Frignicourtois, 970 ha dont 250 de bois) au bord de la Marne, a des ateliers, silos, gravières et étangs et partage avec Vitry un magasin Super U (70 sal.); cuisines scolaires de Vitry, Maison de l’élevage, un collège; maçonnerie Thiriot (25 sal.). Luxémont-et-Villotte (500 hab., 919 ha), 6 km au SE de Vitry, a une base de loisirs au village et plusieurs transporteurs, dont Johar (150 sal.), et les entrepôts frigorifiques du groupe Intermarché (ITM, 220 sal.) sur la N 4. La commune a gagné 670 hab. de 1999 à 2008, Frignicourt 80.

À l’ouest et au nord de Vitry règne la craie. Blacy (680 Blaciats, 1 726 ha) ), juste à l’ouest de Vitry de l’autre côté de la Marne, sert de tête de pont pour les industries de Vitry, orientée vers les transports et travaux publics: Fantoni (peintures en bâtiment, 130 emplois), Eurovia-Viafrance (génie civil, 55 sal.), transports France-Route (35 sal.), plusieurs garages. Blacy a gagné une centaine d'habitants entre 1999 et 2008.

À l’ouest dans les collines de craie, Maisons-en-Champagne (490 Maisognats, 2 914 ha) en a gagné 60; la commune a un château, une église classée du 13e s. et une maison de retraite privée (Domrémy, 20 sal.); maçonnerie Babbi (45 sal.), installations thermiques Mirandel (40 sal.). Plus loin en aval toujours sur la rive gauche, à Pringy (460 Pringyais, 1 534 ha), 9 km au NO de la ville, se trouve un gros complexe agro-industriel avec silos de Champagne-Céréales, semoulerie de Champagne-Maïs (35 sal.) et malterie Malteurop près de la voie ferrée Paris-Strasbourg. Pringy a aussi gagné des habitants (+50 après 1999).

Couvrot (880 Couvrotiers, 805 ha), 5 km au NNO de Vitry au bord de la Marne, sur la rive droite, est associée à la cimenterie des Ciments Français (maintenant au groupe italien Calcia) qui y occupe 150 salariés et a transformé l’habitat en un conglomérat de petites cités ouvrières; mais la population s'est réduite de 90 hab. après 1999; mécanique Samgel (30 sal.). Juste en face, Loisy-sur-Marne (960 Loisyats, 1 407 ha dont 217 de bois) est plus agreste et surtout résidentielle et abrite le château de Montmorency; installations électriques KVEI (20 sal.)., transports Picard (50 sal.).

Sur la rive droite plus en aval, à 15 km au NO du chef-lieu, La Chaussée-sur-Marne (690 Chausséens, 2 205 ha), au confluent du Fion et de la Marne, est un village-centre assez bien pourvu, avec plan d’eau aménagé, deux églises, en partie du 12e s. et un site archéologique; maçonnerie Bena (25 sal.). Une éolienne (1,6 MW) est installée au nord sur la Côte de l'Épinette, et tout près la commune participe au parc éolien du Mont de l'Arbre, site de Dampierre-sur-Moivre dans le canton voisin de Marson, qui totalise 17 mâts (34 MW).

Dans la petite vallée du Fion, qui abrite une file de villages, Saint-Amand-sur-Fion (1 070 Godins, 2 840 ha), 12 km au nord de Vitry, figure parmi les «plus beaux villages de France», réputé pour ses belles maisons à pans de bois, nombreuses à être rénovées et entretenues, son église de craie des 12e-16e s., ses lavoirs et anciens moulins; quelques artisans, maison d’accueil pour personnes âgées, une collection d’attelages. Le curieux gentilé vient d’une ancienne extension aux habitants du nom d’une spécialité locale, le veau mâle castré à 18 mois. La population s'est accrue de 190 hab. entre 1999 et 2008 (+22%). La commune accueille une partie du parc éolien des Côtes de Champagne (23 mâts, 20 MW) qui déborde sur Bassu (canton d'Heiltz-le-Maurupt). La communauté de communes de Saint-Amand-sur-Fion associe le village à deux petits voisins (1 400 hab.).

Au SO de Vitry, quatre petites communes ont formé la communauté de communes du Mont Moret (1 100 hab.), dont le siège est situé à Courdemanges (450 Courdemangeois, 1 916 ha, jadis Curtis dominica, le domaine du seigneur). Ce «mont» est une modeste butte-témoin (157 m), frôlée par la voie ferrée de Vitry à Brienne, qui fut l’un des lieux de la bataille de la Marne le 6 septembre 1914; il domine une ferme isolée de même nom, réputée ferme pédagogique. Les autres villages de cette communauté, Huiron (340 Huironnais, 1 328 ha), Châtelraould-Saint-Louvent (240 hab., 1 691 ha) et Glannes (170 Glanniats, 1 310 hab.), se tiennent en bord de vallée, mais leur finage s’étend assez loin vers l’ouest dans la craie, sur 8 km de grands champs. Huiron a une église classée du 15e s. et a gagné 60 hab. de 1999 à 2008; Châtelraould-Saint-Louvent résulte d'une fusion de 1851 et conserve une autre église classée des 13e et 15e s.

Hors des banlieues industrielles, il ne reste que peu de place pour la plaine du Perthois à l’est du chef-lieu. Vitry-en-Perthois (840 Pavois, 1 749 ha dont 239 de bois) 4 km au NE sur la rive droite de la Saulx; elle cultive 56 ha de vignes d’AOC champagne sur les premières pentes de la côte de Champagne; gravières Roncari (25 sal.); le village est le siège de la communauté de communes Champagne et Saulx (10 communes, 2 500 hab. Merlaut (270 Merlaudiers, 504 ha), 8 km au NE de Vitry-le-François au bord de la Vière, a un moulin fabriquant des aliments du bétail (Sanders, 45 sal.) et a gagné 40 hab. après 1999.