Canton de Montmédy

Montmédy

2 380 hab. (Montmédiens) dont 90 à part, 2 349 ha dont 884 de bois, chef-lieu de canton du département de la Meuse dans l'arrondissement de Verdun, 50 km au nord de Verdun dans la vallée de la Chiers, un peu en aval du confluent avec l'Othain. Jadis Mons Mediacus, elle fut ville comtale et a été érigée en forteresse de 1221 à 1239, puis a subi bien des assauts et des occupations, dont le célèbre siège de 1657, qui dura deux mois et fut observé en personne par Louis XIV, Vauban et Mazarin. La ville haute, ancienne citadelle, est juchée sur un promontoire dominant un méandre de la Chiers et conserve ses fortifications de Charles Quint, réaménagées par Vauban, qu'un tour des remparts permet d'apprécier tout en offrant un large panorama. La ville basse au nord-est réunit les commerces; musée des fortifications, musée d'art Jules Bastien-Lepage.

Montmédy est un petit centre de services, avec collège public; usine de composants de la Meusienne d'Électronique (Meusonic, 80 sal.), supermarché U (50 sal.). La commune s'étend au sud de la Chiers, englobant l'ancien village d'Iré-les-Prés et une bonne part de la forêt de Juvigny. La voie ferrée de la Chiers passe en tunnel sous la ville. Celle-ci a eu 2 800 hab. en 1954 et s'était dépeuplée jusqu'en 1990 puis a repris un peu, mais n'a gagné que 40 hab. de 1999 à 2008; elle avait connu des maxima supérieurs à 3 000 hab. en 1841 et au cours des années 1880. La communauté de communes du pays de Montmédy correspond exactement au canton et siège au chef-lieu.

Le canton a 7 300 hab. (6 800 en 1999), 25 communes, 24 365 ha dont 6 121 de bois; il est limitrophe de la Belgique, du département des Ardennes et de la Meurthe-et-Moselle. À Chauvency-le-Château (260 hab., 882 ha dont 260 de bois), 6 km à l'ouest de Montmédy, Chauvency-les-Montagnes autour de 1800, la Chiers a presque entièrement recoupé son vaste méandre, au confluent du Loison. Juste en aval est Chauvency-Saint-Hubert (250 hab., 1 076 ha dont 360 de bois), jadis Chauvency-les-Forges, qui a gagné 40 hab. après 1999 et qui a une petite fabrique de machines-outils à bois (Bugnot-Thérion, 40 sal.). Avioth (130 Aviothois, 650 ha), 7 km au NNE de Montmédy, est célèbre pour sa grande basilique exubérante, de style gothique tirant sur le flamboyant, qu'il a fallu plus d'un siècle pour construire, durant tout le 14e, sur un site de pèlerinage plus ancien; la commune a eu jusqu'à 450 hab. au 19e s.

Juste au nord d'Avioth, Breux (260 hab., 1 299 ha dont 409 de bois), commune frontalière, est la plus septentrionale de toute la Lorraine; elle avait 800 hab. dans les années 1880;néanmoins, elle a officiellement regagné 80 hab. de 1999 à 2008 (+44%). Thonne-le-Thil (280 hab., 1 138 ha) et Thonne-la-Long (260 hab., 950 ha), celle-ci frontalière, encadrent Avioth et Braux à l'ouest et à l'est, Thonnelle (150 hab., 609 ha) au sud, et les trois sont drainées par la Thonne, qui débouche sur la Chiers entre Montmédy et… Thonne-les-Près (140 hab., 542 ha). Thonne-la-Long a gagné autant que Braux depuis 1999.

Louppy-sur-Loison (130 hab., 1 436 ha dont 699 de bois), 11 km au sud de Montmédy, se serre sur un petit lobe de méandre du Loison, qui s'encaisse dans le bas plateau de Woëvre et descend vers la Chiers; près des ruines d'un ancien château seigneurial a été édifié un beau château renaissance dans la seconde moitié du 16e siècle; la commune englobe une part de la forêt domaniale de Woëvre; elle avait plus de 500 hab. au milieu du 19e s.

Marville 580 Marvillois, 1 955 ha dont 357 de bois), 12 km au SE de Montmédy à la limite de la Meurthe-et-Moselle, est un village intéressant, jadis assez actif et qui a eu plus de 1 300 habitants au 19e s., peut-être plus de 2 000 auparavant. Il en a conservé des maisons bourgeoises des 16e et 17e s., dites «espagnoles» parce qu’alors la contrée était en effet sous domination espagnole. Marville, «station verte de vacances» avec deux hôtels et un camping, a quelques ateliers: une scierie (Sibam, 25 sal.), fabrique et négoce de pots-pourris et articles de toilette du Comptoir du Kinkiliba (ex-Père Pelletier, 45 sal.). Un peu au nord du village, une chapelle du 11e s., très remaniée par la suite, jouxte un cimetière classé, aux nombreuses tombes ornées du 14e au 17e s., avec musée d’art funéraire et un ossuaire réputé contenir 40 000 crânes. Un barrage sur l’Othain a créé un lac aménagé en base de loisirs. À l’ouest du village, un aérodrome militaire de 260 ha, construit par l’Otan pour les aviateurs canadiens (1954-1967), est doté d’une piste de 2 500 m; démilitarisé, il porte le nom d'aérodrome de Montmédy-Marville et le code LFYK et devrait être ouvert à l'aviation de loisirs. Marville a gagné 40 hab. de 1999 à 2008.