Canton de Bourbourg

Bourbourg

7 000 hab. (Bourbourgeois ou Bourbouriens), 3 849 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Dunkerque, 18 km au SO de celle-ci; le nom évoque une «cité des marais» (Broekbork). La commune est bordée à l'ouest par l'Aa, et traversée par le canal de Bourbourg qui relie Dunkerque au fleuve. La vieille ville fut une place forte et reste tassée dans sa forme ancienne mais a perdu ses remparts. L'habitat a passé le canal vers le nord en direction de la gare et de l'échangeur de l'A 16. Bourbourg a une halte fluviale avec nautisme, une église et des bâtiments classés des 18e et 19e s., dont d'anciennes brasseries.

La ville est dotée d'un collège public et un collège privé, d'un lycée agricole privé, d'une maison de retraite et offre un musée des arts et traditions. Les principaux établissements sont une chaudronnerie industrielle du groupe Ponticelli (220 sal.), une tréfilerie Betafence, firme belge de clôtures et grillages, passée de 200 à 80 sal.; la fabrique de chocolats et pâtes de fruits du Moulin d’Or (150 sal., groupe Cémoi) ; atelier d emécanique SEIM (30 sal.)magasins Intermarché (55 sal.) et Carrefour (25 sal.), séchage de chicorée. Bourbourg-Ville a absorbé en 1945 sa voisine Bourbourg-Campagne, alors plus peuplée qu’elle, et ainsi repris son nom ancien ; sa population a augmenté jusqu’en 1982 ; elle a diminué depuis mais est restée étale de 1999 à 2010.

Le canton a 18 400 hab., 12 communes, 14 142 ha dont 515 de bois; il est limitrophe du Pas-de-Calais, touche au NE à la banlieue de Dunkerque et se situe entièrement en Flandre maritime, à l'exception du mont Watten à l'extrême sud. Spycker (1 600 Spyckerois, 919 ha) est à la pointe nord-est du canton, à 10 km ENE de Bourbourg, et touche à Grande-Synthe. Son finage est borné par le canal de Bourbourg au nord, celui de Haute Colme au sud. Le nom du village dérive de spicarium, grenier à blé. Le château de l'Afgand, au sud, du 19e s., est réputé pour son parc et ses jardins; métallerie Ster (30 sal.), manutention portuaire Sama (40 sal.), peinture et vitrerie (Les Peintures modernes, 50 sal.). La population de Spycker a fait un saut de 1968 (680 hab.) à 1974 (1 650 hab.) puis a diminué lentement, mais vient de regagner 280 hab. (1999-2010).

Brouckerque (1 300 Brouckerquois, 1 191 ha), «l'église du marais», est dans la même position mais plus près du chef-lieu (7 km); son église se signale par une belle tour classée du 14e s. Sa population était tombée à moins de 700 hab. dans les années 1960 mais augmente depuis. Looberghe (1 200 Looberghois, 1 955 ha) est à 7 km au SE de Bourbourg et son finage s'étend de part et d'autre du canal de la Haute Colme; deux moulins à vent du milieu du 19e s. y sont préservés; hallekerque du 18e s. Elle a eu 1 600 hab. en 1851, et reste à peu près au même niveau depuis les années 1920; le recensement de 2007 a donné exactement le même résultat que celui de 1999… La petite Drincham (280 Drinchamois, 338 ha) est à 3 km au SE de Looberghe; sa croissance récente l'approche de son meilleur niveau du 19e s.

La commune de Bourbourg a pour voisins méridionaux Saint-Pierre-Brouck (1 000 Saint-Pierrebrouckois, 886 ha), bordée par l'Aa, et Cappelle-Brouck (1 200 Cappellebrouckois, 1 755 ha) à 6 km SSE du chef-lieu, plus étendue et limitée à l'est par le canal de la Haute Colme, au bord duquel est le hameau de Pont-l'Abbesse. Cappelle a une église du 12e s. très remaniée et un négoce de matériel agricole (Verhaegue, 50 sal.). Toutes deux ont une population en croissance récente, ainsi que Holque (950 Holquois, 381 ha), 12 km au sud de Bourbourg, qui n'a qu'un petit finage, dans l'angle formé par l'Aa et le canal de la Haute Colme; mécanique Nord-Motors (30 sal.), autocars Schoonaert (100 sal.).

De l'autre côté du canal à l'est et au sud, le canton comporte encore quatre communes. Elles se partagent inégalement les pentes du mont Watten, qui culmine à 72 m. Le TGV de Lille à Calais traverse ce territoire et mord un peu sur celui de Holque. La commune principale est Watten, qui a la dimension d'un bourg. Millam (800 Milliamois, 1 244 ha), au nord-est de Watten, a une part de l'ancien marais et une belle hallekerque du 18e s., classée; linière Vanhersecke (25 sal.). Elle vient de gagner 140 hab. entre 1999 et 2010, mais reste un peu loin du millier d'habitants de la fin du 19e s.

Wulverdinghe (290 Wulverdinghois, 290 ha) se limite aux pentes orientales du mont, où subsiste une motte féodale au Hœuweel. Saint-Momelin (420 hab., 600 ha dont 300 de bois), au sud, se serre sur la rive droite de l'Aa, mais plus au nord son finage grimpe sur les pentes méridionales du mont Watten et y englobe le bois de Ham. Sa population s'est réduite entre 1999 et 2004.


Watten

2 600 hab. (Wattenais), 732 ha dont 150 de bois, commune du département du Nord à l'extrême sud du canton de Bourbourg, sur la rive droite de l'Aa au pied du mont Watten. Elle fut le siège d'une abbaye née en 1072 et dont on visite les restes, dont une tour ruinée. Le nom est réputé signifier «le gué» et se prononce Ouatène; mais le site est celui d'un défilé entre la butte du mont Watten, dit ici «la Montagne», et la crête de la forêt d'Éperlecques de l'autre côté de l'Aa; il fait davantage penser à une «porte» (wade, gate), encore occupée par la mer au 7e siècle. Le mont Watten est une butte isolée qui monte à 72 m au-dessus de la plaine de Flandre, et porte des restes de motte féodale et un moulin-tour du 18e s. restauré et actif (moulin de la Montagne).

La ville a une église du 13e s., des restes de fortifications des 17e-18e s., un port de plaisance et son «géant» de 5 mètres, Gilles Dindin. Elle dispose de nombreux commerces, mais seulement de très petites entreprises; elle a un collège public et un privé, et une maison de retraite. La gare est sur la rive gauche de l'Aa, dans la commune d'Éperlecques et donc en Pas-de-Calais. La population communale, qui avait atteint 1 200 hab. vers 1850 et 2 100 en 1900, a crû jusqu'en 1982 (3 200 hab.); mais elle décline depuis et elle a encore perdu 330 hab. entre 1999 et 2010.