Canton de Fruges

Fruges

2 900 hab. (Frugeois) dont 410 à part, 1 890 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Montreuil, 33 km ENE de celle-ci. Le bourg est dans la petite vallée de la Traxenne, affluent de gauche de l'Aa, et sur la D 928 d'Hesdin à Saint-Omer. Il abrite le musée de l'abbé Delétoille (collections d'objets divers du 18e au 20e s.) et dispose d'un collège public, d'un centre scolaire privé avec collège et un lycée professionnel, un institut médico-éducatif (45 places), deux centres d'aide par le travail, une maison de retraite.

Les principaux employeurs sont l’atelier de traitement de viandes La Créquoise (Macquet, 150 sal.) et le négoce Macquet qui lui est associé (45 sal.), les constructions et matériaux Hochart (65 sal.) et de matériel agricole Legrand (30 sal., remorques), d'éléments en béton Penez Herman (25 sal.) ; supermarché Carrefour (30 sal.). La population communale a peu varié autour de 3 000 hab. durant tout le 19e s., puis s’est abaissée peu à peu avant de se stabiliser récemment. La ville est le siège de la communauté de communes du canton de Fruges et environs, qui correspond exactement au canton.

Le canton a 7 700 hab., 25 communes, 18 904 ha dont 2 521 de bois; il se partage entre le bassin de l'Aa au nord-est et celui de la Canche au sud-ouest. Il vient de recevoir en 2008 le plus grand parc éolien de France, muni de 70 hélices à pales de 35 m sur des colonnes de 65 m, totalisant une puissance de 140 MW, pouvant fournir 315 GWh/an et installé par l'allemand Ostwind dans 16 sites distincts dans 8 communes différentes, et pouvant monter jusqu'à 117 éoliennes. Verchin (230 Verchinois, 1 068 ha) est à 5 km au sud-est du chef-lieu au bord de l'Aa et a reçu des éoliennes; elle a un château du 19e s. avec parc et jardins de la Lys, une église flamboyante du 17e s. à clocher fortifié vrillé. Elle avait 580 hab. en 1841.

Lugy (150 Lugyois, 283 ha) est à 3 km à l'est de Fruges au confluent de la Traxenne et de l'Aa, et conserve un moulin à eau avec roue à aubes. Hézecques (120 Hézecquois, 493 ha), sa voisine 1 km en aval, également pourvue en éoliennes, et Matringhem (190 Matringhemois, 447 ha), juste au nord, se succèdent au bord de l'Aa. Vincly (160 Vinclynois, 460 ha), à l'angle nord-est du canton, domine un méandre de la rivière et a reçu des éoliennes, mais relevant d'un autre parc, celui de Haute-Lys qui est principalement à Reclinghem (canton de Fauquembergues). Mencas (75 Mencancois, 202 ha) lui fait face à l'ouest, de l'autre côté de la Lys.

Radinghem (430 Radinghemois dont 190 à part, 493 ha) et Senlis (190 Senlisois, 490 ha), à 4 km NNO et 2 km NNE de Fruges, sont dans de petits vallons. Radinghem a un lycée agricole public, doté d'un internat de 200 places et d'une exploitation de 61 ha, 50 bovins et 100 brebis, et participe au parc éolien; Senlis a une église du 13e s. (inscrite). Crépy (150 Crépynois, 691 ha dont 160 de bois) est à 8 km au sud-est de Fruges sur le plateau et domine un vallon affluent de la Ternoise, dont le bois est protégé (znieff) par le Conservatoire des sites naturels. Une rampe de lancement de V1 y fut installée durant la dernière guerre; des éoliennes y ont été dressées.

D'Ambricourt (130 Ambricourtois, 339 ha), juste à l'ouest, qui a aussi sa part d'éoliennes, descendent également plusieurs vallons vers la Ternoise. Canlers (190 Caniersois, 362 ha) et Ruisseauville (170 Ruisseauvillois, 389 ha) voisinent à 5 km au sud de Fruges, la seconde sur la route d'Hesdin, et conserve de maigres traces d'une abbaye du 12e s. Les deux sont proches de la fameuse Azincourt, qui est dans le canton du Parcq.

Coupelle-Neuve (220 Coupellois, 454 ha) est à 2 km au sud-ouest de Fruges, tandis que Coupelle-Vieille (560 Coupellois, 1 469 ha), au finage plus étendu où sont aussi les hameaux de Wailly et Monteville, et qui a reçu des éoliennes, est à la tête du vallon de la Traxenne à 3 km à l'ouest de Fruges; elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2010.

Avondance (44 Avondançois, 219 ha), Planques (110 Planquois, 618 ha) et Fressin (530 Fressinois, 1 717 ha dont 540 de bois) se succèdent du nord au sud dans la haute vallée de la Planquette à 6, 8 et 11 km SSO de Fruges. Planques, classé «village de charme», a une église des 16e, 17e et 18e s. Fressin, autre «village de charme» et fleuri (trois fleurs), a une église du 15e s. Son finage est plus grand que ceux des communes voisines et contient un grand bois. Ses ruines castrales du 15e s. sont le lieu d'animations des Nuits enchantées. La commune a eu plus de 1 000 hab. durant toute la première moitié du 19e s., et un minimum de 520 hab. en 1975; elle vient d'en reperdre une vingtaine (1999-2010). Sains-lès-Fressin (180 Sainsinois, 671 ha dont 234 de bois) est en hauteur à 3 km au NO de Fressin et contient aussi au nord un assez grand bois.

Créquy (500 Créquinois, 2 040 ha dont 563 de bois), 8 km au SO du chef-lieu, est à la tête de la petite vallée de la Créquoise, autre affluent de droite de la Canche, et conserve des traces d'un ancien château au village (12e et 15e s.); elle a quelques éoliennes du parc de Fruges. Son finage est piqueté de plusieurs hameaux, dont Préhédré sur la route de Fruges, et contient à l'ouest le grand bois de Créquy, dont il épouse les contours. L'abondance des haies a fait nommer créquier le prunellier épineux. Créquy est montée à 1 500 hab. en 1845 et n'a pas cessé de se dépeupler depuis, perdant encore près 70 hab. entre 1999 et 2010.

Torcy (160 Torcyens, 527 ha), Royon (120 Royonnais, 749 ha) et Lebiez (260 Lebiezois, 957 ha dont 237 de bois) se succèdent vers l'aval sur la Créquoise et leur finage s'étend de part et d'autre de la vallée. Lebiez est à 15 km au SO de Fruges. Un château du 19e s. avec parc à daims est à Torcy. Un autre, du 18e s., est à Royon mais il a été reconstruit après 1945 (famille de Hautecloque).

Deux communes achèvent le canton vers l'ouest, dans le vallon de l'Embrienne, affluent de la Créquoise. Rimboval (150 Rimbovalois, 707 ha) est à 13 km OSO du chef-lieu et a sa ration d'éoliennes. Embry (250 Embryens, 1 169 ha) est à 3 km au sud-ouest de Rimboval, a un château en voie de restauration, quelques commerces de proximité, et contient au nord-ouest dans les collines le hameau de Saint-Wandrille. Elle a eu 780 hab. en 1836 et sa population décline encore.