Canton d'Accous

Accous

450 hab., 6 068 ha dont 1 510 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l'arrondissement d'Oloron à 27 km au sud de la ville, à 430 m. Le village est sur la droite du gave d'Aspe, au débouché du large vallon de la Berthe qui descend du pic Permayou (2 344 m) et dominant un petit bassin à fond plat. Village-centre de la vallée d'Aspe, il fut Aspaluca en romain («roche sacrée»), et avait 1 600 hab. au milieu du 19e siècle, un millier au début du 20e et 600 au milieu; mais le déclin est arrêté et la population remonte depuis les 370 hab. de 1982.

LL’activité de la commune est marquée par la présence d’une ancienne usine d’aluminium Alcan où le japonais Toyal fabrique maintenant de la poudre d’aluminium (145 sal.); l'usine n'a été maintenue que grâce au soutien des pouvoirs publics mobilisés à la suite d'une spectaculaire grève de la faim du député centriste Jean Lassalle en 2006. Accous abrite par ailleurs un écomusée de la vallée d’Aspe, dans une ancienne fromagerie; elle offre un village de vacances, une station de vol libre. Accous est le siège de la communauté de communes de la Vallée d’Aspe, qui correspond exactement au canton.

LLa commune est formée de deux parties presque disjointes. L’une, à l’est du village, occupe le vallon de la Berthe, dont l’ombrée couverte par la forêt d’Arapoup contraste avec l’adret nu et qui atteint au sud-est le pic d'Isabe (2 458 m). L’autre, au sud, prend tout le vallon sud-nord rectiligne du r. Labadie, atteint la frontière au sud de Lescun dans le Parc national (2 177 m au Pïc Rouge) et contient les hameaux de Lhers et d’Aumet; une centrale électrique est à son extrémité aval.

Le canton d'Accous, frontalier, qui compte 2 800 hab. et 13 communes, couvre 48 940 ha (dont 17 973 ha de bois), soit toute la vallée d'Aspe; il a une fraction du Parc des Pyrénées, tout le reste du canton étant dans le Préparc. Il mène en amont au Somport. Etsaut, Urdos, Borce et Lescun (v. ces noms) sont les communes les plus montagnardes; les trois dernières ont leurs sommets dans le Parc national des Pyrénées occidentales.

Lées-Athas (300 hab., 4 481 ha dont 1 571 de bois), sur la rive gauche, est un ancien point de rassemblement des troncs d'arbres abattus pour la mâture, dont les deux hameaux-centres sont face à Accous dans la vallée du Gave, où se trouvait l'ancien port de radelage. Le finage communal atteint la frontière juste à l'ouest du pic d'Anie (2 504 m) et contient celui-ci; aux environs, le GR 10 permet d'atteindre la Pierre-Saint-Martin par le pas de l'Osque à 1 922 m. Une petite route monte au nord-ouest du village d'Athas par le vallon de Malagar jusqu'à la Pierre-Saint-Martin. La commune a eu 910 hab. en 1846 et un minimum à 240 hab. autour de 1980.

Juste au nord d'Athas, Osse-en-Aspe (340 hab., 4 303 ha dont 2 382 de bois) est connue pour sa tradition huguenote; son territoire atteint à l'ouest 1 589 m au pic Soulaing et a également accès à la route de la Pierre-Saint-Martin. La commune aurait eu 1 500 hab. au début du 19e s., plus de 900 au milieu, 600 à la fin; le minimum a été atteint en 1982 (300 hab.). De l'autre côté du gave, Bedous (550 hab., 1 164 ha, le nom évoque «les bouleaux»), ancienne rivale d'Accous, a au contraire un finage très limité; mais le village est au bord de la route et de la voie ferrée; il est le plus peuplé de la communauté de communes de la vallée d'Aspe et, pour cette raison, abrite un collège public; néanmoins, il avait 1 400 hab. en 1841 et se dépeuple encore: il a perdu 50 hab. de 1999 à 2008; moulin-écomusée. Bedous est au débouché du vallon du Gabarret, qui descend en cascade; une petite route permet d'accéder au petit village d'Aydius (100 hab., 3 472 ha dont 1 442 de bois), qui tient tout le haut vallon du Gabarret; un peu isolé, il dispose de belles estives, et d'une église intéressante; il a compté 890 hab. vers 1850 et était descendu à 67 hab. en 1982, mais regagne des habitants depuis. La crête qui le sépare de la vallée d'Ossau est dominée au nord par le Montagnon (1 973 m), au sud par le Montagnon d'Iseye (2 173 m).

Vers l'aval à 9 km au nord d'Accous, Sarrance (220 hab., 4 675 ha dont 1 585 de bois), dans les gorges, est un pittoresque «village de caractère» établi sur un verrou (d'où le nom, qui évoque une serrure), riche en maisons anciennes, avec un petit monastère et son cloître, un écomusée de la pierre et de l'eau et une belle place publique; centre d'aide par le travail, pisciculture. Son finage est restreint sur le versant gauche de l'Aspe, mais très étalé à l'est dans les deux vallons affluents portant en ombrée les bois de Gey et d'Aran. La population avait approché 1 300 hab. en 1841 et n'a guère cessé de diminuer depuis.

À l'ouest de Sarrance au fond d'un vallon perché qui descend au nord-ouest vers les gorges de Lourdios, écomusée du pastoralisme à Lourdios-Ichère (150 hab., 1 624 ha dont 500 de bois), qui a eu 660 hab. en 1841. Enfin Escot (130 hab., 2 266 ha dont 987 de bois) marque la fin du pays d'Aspe proprement dit par un étroit défilé sciant la puissante barre de roches calcaires du front des Pyrénées; la commune se cantonne à l'est du Gave dans le grand vallon du Barrescou et culmine à 1 813 m au pic de l'Ourlène; Escot fut une station thermale du 16e au 19e siècle et avait 810 hab. en 1836, son dépeuplement ayant été continu jusqu'en 1999; viaduc de l'ancienne voie ferrée (1909).


Borce

180 hab., 5 805 ha dont 2 319 de bois, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d'Accous en vallée d'Aspe. Le village est à 625 m, 10 km en amont d'Accous; il est considéré comme «village de caractère»; écomusée et chapelle restaurée (hospitalet) du chemin de Compostelle, ancienne voie romaine; belles maisons anciennes, centrale hydroélectrique et une maison d'enfants (Clair Matin).

La commune occupe tout le versant gauche de la haute vallée d'Aspe. Tout au sud au-dessus des Forges d'Abel, le vallon d'Espélunguère monte au pic de même nom (2 258 m) et a reçu la centrale électrique d'Estaens. Le reste du finage est divisé en deux grands vallons. Celui de Baralet mène au pic d'Arri (2 157 m) et abrite les centrales de Borce et du Baralet; celui de Belonce est dominé par le pic d'Aillary à la frontière (2 215 m) et mène au lac (2,6 ha) et au refuge d'Arlet à 1 986 m.


Etsaut

80 hab., 3 495 ha dont 1 800 de bois, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d'Accous en vallée d'Aspe. Le village est à 590 m d'altitude à 10 km en amont d'Accous, juste en face de Borce sur la rive droite du gave d'Aspe; musée local (maison du Parc national). Le nom équivaut à «èt saut» (saltus), le bois et ses pacages. Son finage se tient tout entier à droite du gave d'Aspe et monte à 2 626 m au pic de Sesques, au NE du village. Il est divisé en deux vallons, ceux du Sadum au nord et de Sescoué au sud.

Au débouché de ce dernier apparaît un site touristique majeur, associant le fort du Portalet, les gorges d'Enfer et le chemin de la Mâture, taillé dans la roche en 1772 sur 1 200 m pour le débardage des bois; le GR 10 l'emprunte, ainsi que toute la vallée du Sescoué, depuis le col d'Ayous (2 160 m) au SE. Le fort du Portalet n'a guère servi, sinon comme prison par Pétain qui y a fait emprisonner en 1940 les chefs de gouvernement qui l'avaient précédé et même employé, et pour Pétain à son tour en 1945; vendu à une personne privée en 1966, il est à l'abandon. On ne confond pas le fort du Portalet en vallée d'Aspe avec le col du Pourtalet, qui est en pays d'Ossau.


Lescun

180 hab. (Lescunois), 6 066 ha, dont 1 715 de bois, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d’Accous en vallée d’Aspe. «Village de caractère» à 8 km au sud d’Accous et à 900 m, il est le plus haut village du département et de la région, et un centre d’excursions fréquenté. Il avait plus de 1 400 hab. en 1876, un millier en 1900, mais n'a cessé de se dépeupler et a encore perdu des habitants après 1999. La commune occupe une longue part de la crête frontalière où trône le pic d’Ansabère (2 377 m); elle a une centrale hydroélectrique. Le finage se divise en deux grands vallons, ceux de l’Ansabère et de Lauge, séparés par un petit cirque avec lac sous le pic de Peneblanque (2 299 m) et la Table des Trois Rois (2 421). Celui de Lauge, au nord, mène au pic d’Anie (2 504 m); beau panorama au refuge de l’Abérouat où passe le GR 10. Le Parc national des Pyrénées n’inclut qu’une petite fraction de la commune au sud-est.


Urdos

70 hab., 3 627 ha dont 1 186 ha de bois, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton d’Accous en vallée d’Aspe. Le village est à 760 m, dans la vallée sur la rive droite du Gave, 15 km au sud d’Accous. La commune occupe tout le versant droit de la haute vallée d’Aspe et culmine au pic des Moines (2 349 m), au sud-est du finage, dans le Parc national — le versant gauche appartient à Borce. Elle abrite le centre PEP (pupilles de l’enseignement public) de Peyranère. En amont, hameau d’Orrax et pont de l’Arnousse au débouché du vallon de ce nom, qui descend du pic frontalier d’Arnousse (2 141 m); puis le site des Forges d’Abel, au pied du Somport et de son tunnel, dont les installations sont dans la commune. Celle-ci a eu plus de 500 hab. de 1846 (720 hab.) à 1876, 300 en 1954, et en avait encore 110 en 1999.