Canton de Laruns

Laruns

1 400 hab. (Larunsois), 24 896 ha dont 9 000 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l’arrondissement d’Oloron à 32 km SE de la ville et 15 km au sud d’Arudy. Le nom de cette très grande commune semble venir du basque lar, lande, qui en fait un équivalent de Larruna, la Rhune. La bourgade, dont les foires aux fromages sont connues, et qui dispose d’un complexe sportif polyvalent, s’est établie à 525 m, à la sortie des gorges d’Ossau, dans un ombilic glaciaire à fond plat, sur la rive gauche du Gave. Une route va en Espagne par le col du Pourtalet (1 794 m), l’autre dans les Hautes-Pyrénées par le col d’Aubisque. Laruns a eu 2 500 hab. au 19e siècle, et en avait encore 2 000 en 1962, mais sa population diminue depuis.

La commune, de loin la plus étendue du département, occupe la totalité du haut bassin, jusqu’à la frontière, y compris la station de sports d’hiver d’Artouste-Fabrèges et le lac d’Artouste au SE. Elle est dominée au sud par le pic du Midi d’Ossau (2 884 m), flanqué par les deux hautes vallées de Bious et de Brousset. À l’ouest du pic s’ouvre la vallée de Bious-Artigues, qui mène au lac de barrage de Bious-Artigues (40 ha) à 1 410 m, mis en eau en 1957 et doté d’une petite centrale de 10 MW et d’un refuge; puis aux lacs glaciaires d’Ayous (vers 1 900 m, avec refuge) et Bersau (15 ha, à 2 103 m) sous le pic frontalier des Moines (2 349 m). La vallée du Brousset mène au col routier du Pourtalet (1 784 m) et a aussi son lac (Fabrèges) et ses centrales (Camps et Artouste).

Au confluent de Bious-Brousset, le petit hameau de Gabas («les Gaves») abrite le centre d’écologie montagnarde et la Maison du Parc. En aval, le gave coule en gorge; le canyon de Bitet qui descend sur Miègebat est apprécié des amateurs de kayak. La commune inclut les hydrocentrales de Pont de Camps, Artouste, Bious, Miègebat, le Hourat et Geteu, et la petite station thermale des Eaux-Chaudes, dans les gorges à 5 km en amont du village, près du site du Pont d’Enfer; un collège public au bourg. La SHEM (Société hydroélectrique du Midi) emploie 40 sal.; maçonnerie Casadebaig (25 sal.)

Le canton, frontalier, a 3 100 hab. (8 communes) et correspond sensiblement au pays d’Ossau (v. ce nom), du moins à sa partie haute; occupant 43 210 ha (dont 15 528 de bois), il inclut le col d’Aubisque et le massif du pic du Midi d’Ossau. L’ensemble est dans le Préparc des Pyrénées et le Parc national déborde sur les hauteurs autour du pic du Midi d’Ossau. Les noms doubles de certaines communes viennent de réunions de paroisses anciennes, acquises au 18e s.

Près de Laruns (5 km SE), Eaux-Bonnes (430 Eaux-Bonnais, 3 852 ha dont 1 163 de bois), à 750 m, est une commune indépendante mais qui se nommait Aas; elle a changé de nom dès 1861 avec la mode des «eaux», perdant ainsi sa chance d’être la première commune de France, au profit d’Aast… Aas était connu pour ses bergers pratiquant le langage sifflé pour communiquer à travers monts et pacages: ils pouvaient se faire entendre à 2 km; mais l’usage s’en est perdu au milieu du 19e siècle. La commune reste une station thermale et un village bien équipé, qui reçoit chaque année environ un millier de curistes (20 000 journées). Depuis le début du 20e siècle, elle s’est doublée de la station de ski et des chalets de Gourette à 1 400 m sur l’ombrée du pic du Ger, accessible aisément par la route du col d’Aubisque; elle compte 30 pistes et 26 remontées mécaniques et de nombreux aménagements (dont une via ferrata); Belambra Clubs emploie 35 sal. Le finage communal correspond au bassin du petit Valentin, qui rejoint le gave à Laruns; il atteint 2 613 m au pic de Ger; au sud-est, il englobe les lacs d’Anglas, dominés par le Géougue d’Arre (2 619 m).

Béost (220 hab., 4 350 ha dont 1 311 de bois), hérissée de haut château refait au 16e s., fait face à Laruns au-dessus du gave d’Ossau, et son finage s’épanouit vers l’est en s’appuyant au nord sur le cours du Canceigt puis, au-delà de la crête d’interfluve des bassins d’Ossau et d’Ouzom (Hautes-Pyrénées), sur celui du Laussiès. Au lieu d’une crête, c’est donc un fond de vallée, celle de l’Ouzom, qui fixe la limite orientale de la commune, et par conséquent de la région. La commune atteint au sud-est le Grand Gabizos (2 692 m), et englobe ainsi le col d’Aubisque (1 709 m), dont le nom vient de l’aubiscou, terme local pour le carex; le col, souvent emprunté par le Tour de France cycliste, fait communiquer les deux bassins d’Ossau et d’Ouzom et, au-delà, l’Osse avec le Lavedan par le col du Soulor.

Juste en face de Béost de l’autre côté du Canceigt, à quelques dizaines de mètres à vol d’oiseau, le petit village de Louvie-Soubiron (120 hab., 2 666 ha dont 853 de bois) est aussi sur le versant droit du Gave d’Ossau; il avait 390 hab. en 1896, 190 en 1950. Son territoire s’étend loin vers l’est sur les versants d’adret du Canceigt et du Laussiès: 14 km O-E pour moins de 2 km de large; il monte au nord au Moulle de Jaut (2 050 m). En aval à 4 km au nord de Laruns, Aste-Béon (280 hab., 1 905 ha), qui associe deux hameaux du versant droit du gave d’Ossau, a un finage beaucoup plus ramassé, comportant une aire protégée de nidification de vautours avec musée et observatoire, et a gagné des habitants depuis 1990 (160 hab.); elle en avait plus de 600 vers 1850-1860.

Le versant gauche du Gave en aval de Laruns n’a que deux communes. Le petit village double de Gère-Bélesten (170 hab., 1 282 ha dont 445 de bois) fait face à Béost; son territoire, le plus exigu d’Ossau, séparé de celui de Laruns par la crête du rocher des Cinq Monts (1 882 m), va au sud-ouest jusqu’au pic Bareilles (1 834 m); la commune avait 450 hab. vers 1860. Enfin Bielle (470 hab., 2 537 ha dont 1 758 de bois), à 9 km au nord de Laruns et 6 km au sud d’Arudy, est le premier (ou le dernier) village de la vallée et son nom (la ville) indiquait sa prééminence; il accueillait les réunions des syndics (jurats) et a eu jusqu’à 900 hab.; «village de caractère», il a une église classée, de belles maisons anciennes et un château du 18e s., et a gagné quelques habitants depuis 1999. Son finage monte jusqu’au pic Montagnon (1 973 m) au sud-ouest et il est limité au nord par la barre du premier grand pli des Pyrénées (1 440 m au pic d’Escurrets).