Canton de Lembeye

Lembeye

790 hab. (Lembégeois), 839 ha, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l’arrondissement de Pau à 38 km NE de la capitale. Le village est juché sur un promontoire triangulaire qui domine le versant raide de droite du Petit Lées. Ancienne bastide royale, et un temps fief huguenot, Lembeye est un peu isolée dans les collines du piémont béarnais, et sa population a décliné lentement du 19e s. (1 200 hab.) à 1990; mais le village est considéré comme la capitale du Vic-Bilh et a un collège public; sa population a regagné 70 hab. de 1999 à 2008. Le lac de barrage de Lembeye-Corbère, au nord-est, qui a un plan d'eau de 38 ha et contient 1,7 Mm3 d'eau, sert un peu aux loisirs. Lembeye est le siège de la communauté de communes du canton de Lembeye en Vic-Bilh, qui correspond exactement au canton.

Le canton, étendu et doublement limitrophe des Hautes-Pyrénées parce qu’il touche au sud à une enclave, a 5 200 hab. (4 800 en 1999) pour 31 communes, record du département, et 22 650 ha dont 3 867 de bois. Il est sillonné de lignes de relief S-N par les vallées venant du plateau de Ger, encaissées et symétriques au début de l'éventail, puis opposant un versant long de gauche à un versant très raide de droite. La plupart des villages se tiennent sur la pouge, chemin de crête au-dessus du versant raide; mais vers le nord, les vallées s'écartant, des vallons secondaires creusent et accidentent les versants longs, démultipliant les sites d'habitat. La partie orientale du canton relève en partie du Vic-Bilh et de son vignoble.

Six communes sont sur les collines les plus orientales, à l'est du cours du Larcos. Moncaup (160 hab., 1 135 ha dont 368 de bois) est à 8 km au nord-est de Lembeye sur une colline; son territoire dépasse un peu au sud-est le cours du Louet, et contient à l'ouest , au-dessus du Larcis, le hameau du Château; il cultive 27 ha de vignes. Monpezat (90 hab., 348 ha) est juste au nordsur une croupe du versant gauche du Bergons; 23 ha de vignes. Bétracq (50 hab., 470 ha) est au nord-est, plus proche du cours du Bergons au bas du versant gauche; motte féodale; 16 ha de vignes.

Lasserre (100 hab., 423 ha), 10 km NNE de Lembeye, est au contraire sur une butte plus proche du versant raide du Larcis; motte de Langassous, 23 ha de vignes. Juste au nord à Crouseilles (150 hab., 790 ha dont 74 de vignes), 9 km NNE de Lembeye, se trouve la cave coopérative du madiran, qui traite 30 000 hl/an près d'un ancien château des 11e et 18e s. (animations et expositions). Encore plus au nord et sur la pouge dominant à l'ouest la vallée du Larcis, Arrosès (160 hab., 964 ha), 12 km au nord de Lembeye, cultive 88 ha de vignes su un territoire qui descend doucement vers l'est jusqu'au cours du Saget.

Quatre communes sont sur le versant gauche de la vallée du Larcis. Aurions-Idernes (110 hab., 632 ha) est voisine d'Arrosès, 13 km au nord de Lembeye, et son finage, issu d'une réunion de communes de 1844, occupe tout le versant long de gauche du Larcis; on y cultive 75 ha de vignes; motte féodale. Séméacq-Blachon (180 hab., 1 092 ha) est juste au sud, à 8 km au nord du chef-lieu, Séméacq étant séparé de Blachon, au sud, par un vallon pourvu d'un lac collinaire; leur réunion est antérieure à 1806; château (16e-18e s.). Le village de Corbère-Abères (110 hab., 708 ha) est juste au nord-est de Lembeye, sur les basss pentes du Larcis; juste au-dessus du petit village se tient le château Peyros (18e s.), qui a 40 ha de vignes en production, au groupe Laubade (Leda). Le finage vient de la réunion de Corbère et Abères vers 1805, puis de Domengeux en 1833, qui subsiste sous forme d'un hameau au nord-ouest, avec son ancienne église. Bassillon-Vauzé (75 hab., 496 ha) est à l'est de Lembeye; son habitat est dispersé dans les collines, Vauzé apparaissant comme un hameau au sud du finage; leur réunion est de 1833; motte féodale. Au nord-est, le grand lac de Bassillon sur le Larcis a un plan d'eau de 60 ha et contient 2,3 Mm3 d'eau; le finage atteint au nord-ouest le lac de Lembeye-Corbère.

La pouge de Lembeye est occupée vers le nord par quatre autres communes. Escurès (170 hab., 418 ha) est voisine de Lembeye au nord-ouest, son village juché sur une étroite serre et son finage très accidenté par les vallons descendant vers le Lées à l'ouest; ancien prieuré, motte de Castets. Castillon (70 hab., 472 ha) est juste au nord et a un petit lac collinaire; motte féodale. Arricau-Bordes (110 hab., 810 ha dont 200 de bois), 7 km au NNO du chef-lieu, abrite un beau château issu du 13e s. et rénové, qui fut à la famille des ducs de Montesquiou et cultive 25 ha de madiran et pacherenc; un autre château (17e s.) est à Bordes, au sud-est. La fusion des communes est des années 1860. Le finage est traversé du sud au nord par le vallon du Lisau, au fond duquel la commune partage avec ses voisines le lac de Castillon au sud, le lac de Cadillon au nord. À l'ouest, le versant raide de droite du Lées abrite le hameau de Cerisère, pourvu de deux petits lacs collinaires. Cadillon (110 hab., 537 ha) aligne ses maisons sur la pouge entre Lées et Lisau, au nord d'Arricau-Bordes; motte féodale, 22 ha de vignes, base de loisirs au lac de Cadillon partagé avec Arricau-Bordes.

Cinq communes sont dans les collines au sud de Lembeye. Samsons-Lion (75 hab., 503 ha) est la plus proche; le village de Samsons domine un promontoire au-dessus du Petit Lées face à Lembeye, Lion est plus au sud sur un lambeau de plateau étroit; leur fusion est de 1831; motte féodale. Peyrelongue-Abos (150 hab., 833 ha) est à 3 km au sud du chef-lieu dans la vallée du Petit Lées, le village principal au pied des reliefs, ainsi que celui d'Abos qui est un peu plus au sud; ils ont été réunis en 1833; la commune accueille une fabrique hydronettoyeurs HydroFrance (20 sal.); motte féodale. Le finage engobe à l'est le versant raide de droite du Petit Lées.

Luc-Armau (110 hab., 585 ha) est à 6 km au sud-est de Lembeye sur les collines entre Petit Lées et Louet; la commune est issue d'une fusion de 1831. Luc est le village principal, tout au sud du finage, Armau est un petit hameau au nord-ouest, d'où l'on voit la colline de Vauzé; restes d'une ancienne commanderie de Malte à Luc et d'un château du 17e s. à Armau. Lucarré (55 hab., 332 ha) est à 7 km SSE du chef-lieu dans la haute vallée du Petit Lées et partage avec Momy le grand réservoir du Petit Lées, dit aussi lac de Momy-Lucarré. Momy (130 Momynois, 600 ha) est la commune la plus méridionale du canton, sur la large pouge entre Lées et Petit Lées; motte féodale.

Cinq communes se tiennent dans la vallée du Lées, assez largement ouverte. Anoye (150 hab., 965 ha dont 262 de bois) est au sud, à la latitude de Momy 3 km à l'ouest, au fond d'un profond vallon qui débouche sur le Lées à gauche. Son territoire associe le coteau raide de rive droite du Lées, le fond de vallée et le vallon, et une large portion du plateau de Ger. Maspie-Lalonquère-Juillacq (280 hab., 1 076 ha) est à 6 km au sud-ouest de Lembeye. Le village principal, au centre, est au bas du versant du plateau de Ger dominant la vallée du Lées; il en est de même pour les hameaux de Lalonquère au sud, et de Juillacq au nord. La commune conserve des restes d'ensembles fortifiés (les Mottes). Les fusions datent de 1841 et 1842.

Simacourbe (360 hab., 1 708 ha dont 400 de bois), 6 km à l'ouest de Lembeye, a au contraire son village sur l'étroit lambeau de plateau entre Grand Lées à l'ouest et Lées à l'est; église du 11e s., motte féodale. Lespielle (140 hab., 711 ha), 6 km nord-ouest du chef-lieu, est une commune atypique: le village est sur la rive droite du Lées au pied du versant raise, a une route de fond de vallée (D 143) et des hameaux dispersés sur le versant long de rive gauche, dont Lannegrasse au sud-ouest. Gayon (70 hab., 395 ha) a pour centre l'un des nombreux hameaux du versant long du Lées; son territoire est limité à l'est par le cours du Lées, à l'ouest par une crête secondaire dominant le vallon du Larrigan, qui descend vers le Lées; château des 13e et 16e s., motte, 26 ha de vignes.

Les autres communes sont à l'ouest du canton autour de la vallée du Grand Lées. Lalongue (220 hab., 794 ha), 5 km NNO de Simacourbe, est sur la pouge entre les deux Lées, rétrécie à cet endroit par le vallon du Larrigan; château du 18e s., motte. Le petit village de Lannecaube (170 hab., 867 ha) est à 14 km au nord-ouest de Lembeye, à la hauteur de Lalongue mais près de la rivière, au bas du versant gauche; église du 12e s., motte féodale. Le finage s'étend sur les collines à l'ouest. Celui de Coslédaà-Lube-Boast (350 hab., 1 392 ha) ne descend pas jusqu'au Lées mais se limite aux collines, tout en descendant à l'ouest dans la plaine de la Palu. Le village principal est à 15 km à l'ouest de Lembeye; Boast, intégrée en 1843, est sur la même crête au sud; Lube (réuni en 1833) est sur une autre crête à l'est. Les trois églises sont des 11e-12e s.

Lussagnet-Lusson (180 hab., 674 ha) est à 10 km OSO du chef-lieu, associant depuis 1833 deux villages au pied du versant gauche du Grand Lées, presque aussi vigoureux ici que le versant droit, sur lequel monte la limite orientale de la commune; Lusson est au nord du village principal; motte féodale. Monassut-Audiracq (320 hab., 992 ha) est à 10 km au SO de Lembeye dans un site de même nature; Audiracq, annxée en 1833, est à l'ouest sur le rebord du plateau qui domine le cours du Lasset. Gerderest (130 hab., 656 ha) est sur un croupe du plateau à l'est du Grand Lées, entre deux vallons encaissés; motte féodale.