Canton d'Arreau

Arreau

820 hab. (Aurois), 1 112 ha dont 538 de bois, à 704 m, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées dans l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 26 km au SE de Bagnères et 25 km au sud de Lannemezan. C'est un vieux chef-lieu de la vallée d'Aure, dans un secteur étroit de la vallée. Elle fut ainsi un lieu de foires, et de fabrication de draps. Il lui en reste des maisons anciennes, surtout du 16e siècle, une belle halle-mairie, et des ruines du château de Ségure (15e s.); un collège public; volerie des Aigles d'Aure, petit musée des Cagots, consacré à ces minorités de pauvres considérés comme des parias ou des intouchables, peut-être lépreux à l'origine, réfugiés au Moyen Âge dans quelques hameaux isolés (v. cagots sur le site Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Cagots, ainsi que http://www.originepyrenees.com/mag/hist/).

Le village est pourvu de commerces et services; une entreprise Mecamont Hydro s'occupe de l'entretien et de l'ingénierie de remontées mécaniques (30 sal.); constructions Pierre et Bois (25 sal.). Arreau figure parmi les «villages de charme» et offre deux hôtels, deux campings (150 places), plus de 400 résidences secondaires sur 840 logements. Elle a eu 1 500 hab. autour de 1850; après avoir bien décliné, la population est assez stable depuis 1980. Arreau est le siège de la communauté de communes d’Aure, qui réunit 9 communes et 1 900 hab. sur 9 000 ha.

Le canton a 3 400 hab., 19 communes, 20 217 ha dont 4 744 de bois; il a pour axe sud-nord la vallée d’Aure et la plupart des villages se tiennent dans la vallée ou à ses abords immédiats. Il n’a pas d’issue vers l’est; en revanche, trois routes en sortent vers l’ouest en convergeant vers la vallée de Payolle, la principale étant, de loin, celle du col d’Aspin (1 489 m) qui fait partie de la Route des Cols. Presque la moitié des logements (45%) sont des résidences secondaires.

Guchen (380 Guchenois, 555 ha dont 270 de bois), 6 km en amont d’Arreau à 770 m, a une usine hydroélectrique (6 MW), une vieille porte et des maisons anciennes (16e s.), une maison de retraite, une maison de santé spécialisée pour enfants, un camping de 100 places. Au-dessus de Guchen, Aulon (80 Aulonais, 2 884 ha dont 207 de bois), à 1 200 m, occupe la courte mais ample vallée du Lavedan, dominée par l’Arbizon, qui monte à 2 831 m et qui donne à l’ouest sur le Néouvielle; un petit barrage au-dessus du village alimente l’usine de Guchen; foire annuelle en montagne aux granges de Lurgues, au bout de la route près du barrage.

Ancizan (330 Ancizanois, 3 997 ha dont 739 de bois), 1 km au nord de Guchen à 720 m, fut l’un des «quatre véziaux», fortifié, doté de foires et d’une corporation des tisserands, et avait 1 000 hab. en 1841; il en reste quelques belles maisons anciennes, mais une crue a affecté le village en 1953. Un musée de la vallée d’Aure lui vaut des visites; Intermarché (20 sal.). Le finage s’étend très largement en direction du NO sur l’ombrée de l’Arbizon et une route passe d’Ancizan dans la vallée de Campan par le col de la Hourquette d’Ancizan (1 538 m), où a été reconstitué un village médiéval pour les besoins d’un téléfilm historique préparé par Georges Duby. La commune a gagné 70 hab. (+27%) depuis 1999.

Cadéac (250 hab., 615 ha dont 365 de bois), 2 km en aval d’Ancizan à 730 m, conserve un donjon du 13e s.; les Romains avaient utilisé une source thermale à Cadéac; maçonnerie Bernad (30 sal.). Barrancoueu (32 Barrancouais., 380 ha dont 203 de bois) occupe un vallon à 900 m, au-dessus d’Arreau, côté ouest. De l’autre côté de la vallée d’Aure, Bazus-Aure (140 Bazusaurois, 195 ha, à 780 m), Gouaux (70 Gouaussiens, 602 ha dont 486 de bois) au-dessus à 940 m, qui a un camping de 130 places, et Grézian (100 Grézianais, 198 ha) à 750 m font, comme les précédentes, partie de la communauté de communes des Quatre-Véziaux, qui siège à Grézian; il en est de même, un peu au NE, de Lançon (34 hab., 280 ha dont 162 de bois), village perché à la hauteur du mont Gaillard (1 078 m). Au NO d’Arreau, Aspin-Aure (56 Aspinaurois, 1 227 ha dont 622 de bois) est un village en montagne à 900 m, sous la route du col d’Aspin.

La partie septentrionale du canton est centrée sur l’agglomération de Sarrancolin. Sa voisine d'amont Beyrède-Jumet (220 hab., 1 590 ha dont 785 de bois), 6 km au nord d'Arreau, a une fabrique d'abrasifs PEM (110 sal.) et la boulangerie Grange (20 sal.); son finage s'étend vers l'ouest dans le grand vallon du ruisseau de Beyrède, montant jusqu'au col de Beyrède que franchit à 1 417 m une petite route, et jusqu'au signal de Bassia (1 921 m), d’où l’on a une vue étendue, au nord vers les Baronnies, au sud sur la haute chaîne pyrénéenne. Beyrède et Jumet ont été réunies dans les années 1790. Jumet subsiste comme hameau de soulane au sud de Beyrède, sur le relief (874 m). La commune a eu 650 hab. en 1831; sa population ne diminue plus. Des grottes ont livré des restes de l’époque du Bronze à Beyrède, mais ne sont pas accessibles; centrale hydroélectrique de 10 MW, installée dès 1911, ancienne carrière de marbre.


Sarrancolin

630 Sarrancolinois, 3 210 ha dont 1 987 de bois, commune des Hautes-Pyrénées au nord du canton d’Arreau, à 7 km en aval d’Arreau dans la vallée de la Neste, à 630 m. Elle forme une petite agglomération avec Beyrède-Jumet (220 hab., 1 590 ha dont 785 de bois) et Ilhet (140 hab., 802 ha dont 271 de bois): les trois villages se touchent. Le site a été connu pour ses carrières de marbre, dont les pierres ont été utilisées jusqu’à Versailles; plusieurs sont encore en activité mais au ralenti, la moins menue à Ilhet. Le principal employeur est l’usine PEM (Pechiney ÉlectroMétallurgie) de Beyrède, spécialisée dans les produits abrasifs (corindon) et réfractaires, qui emploie 110 personnes dans une usine créée en 1906 par le groupe Pechiney, intégrée ensuite à Alcan et donc à Rio Tinto . Beyrède accueille aussi la boulangerie Grange (20 sal.).

Sarrancolin est issue d’un prieuré bénédictin de 1032 et conserve de vieilles rues, des maisons à encorbellement, une église romane en forme de croix grecque et des restes de fortifications (une porte, une tour carrée). Une petite filature de laine maintient une tradition et se visite; maçonnerie Mur (20 sal.); le canal de la Neste part de Sarrancolin en direction des coteaux de Gascogne. La commune a eu deux pics de population, l’un vers 1 500 hab. en 1820, l’autre à 1 000 dans les années 1960; elle perd quelques habitants depuis (-70 entre 1999 et 2009).

Son territoire s’étend de part et d’autre de la vallée, et entoure complètement vers l’est celui d’Ilhet; il atteint ainsi le pic du mont Aspet (1 849 m) qui domine la Barousse; une petite station de ski dite de Nistos-cap Nestès a été aménagée sur cette partie orientale du territoire de Sarrancolin, mais son accès se fait par Nistos.