Canton de Prats-de-Mollo-la-Preste

Prats-de-Mollo-la-Preste

1 150 hab. (Pratéens), 14 509 ha dont 6 000 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Céret, 60 km OSO de Perpignan au fond de la vallée du Tech, au-delà du défilé de la Baillanouse. Cette grande commune frontalière, la plus étendue du département, occupe le fond du Vallespir. Le village-centre est une ancienne place forte située à une convergence de vallons, à 735 m d'altitude. Il reste des remparts de la place fortifiée, dont les défenses ont été renforcées par le fort Lagarde, construit au-dessus du village sur les indications de Vauban et muni d'un donjon en étoile; des spectacles historiques y sont donnés en été. Prats fait partie des «villages de charme», proposant une fête de l'Ours et des sardanes.

Le second noyau de peuplement est à 10 km en amont, à 1 030 m, autour des thermes de La Preste; les sources sulfatées bicarbonatées sodiques, déjà mentionnées pour les bains en 1302, y sortent à plus de 44 °C et soignent les troubles urinaires; l'établissement thermal (70 sal.) appartient depuis 1981 à la Chaîne thermale du Soleil. Il reçoit 2 500 curistes par an (45 000 nuitées), soit moins que Molitg. La commune enregistre 8 hôtels (180 chambres), deux campings (120 places), 560 résidences secondaires (46% des logements). Le succès relatif de la Preste a fait ajouter son nom à celui de la commune en 1956; toutes les lettres de Prats («les prés») se prononcent et, bien entendu, les deux ll de Mollo sont mouillées: on dit Pratse de Moïo.

Le territoire communal va à l'ouest jusqu'au roc Colom (2 507 m) et au Costabonne (2 465 m); il est dominé par la longue crête des Esquerdes de Rotja, qui court sur 13 km vers le NE en direction du Canigou et dont le versant est devenu réserve naturelle. Au nord, la commune atteint le puig Roja (ou Rotja) à 2 724 m, juste un peu au sud du Canigou; une route forestière traverse la crête par la collade de Roques Blanches (2 252 m) et aboutit au col de Mantet et à Py dans le canton d'Olette. Une autre petite route monte vers le nord le long du Parcigoule, une tête du Tech, jusqu'à la serre Vernet.

Côté sud, une bonne route franchit la crête frontière au col d'Ares (1 513 m), passe en Espagne et atteint la vallée du Ter à Camprodon; elle donne accès dans le finage de Prats à un «parc aventure» de 5 ha au nom transparent de Mont Oz'Arbres, avec parcours dans les branchages, via ferrata et une tyrolienne de 400 m de long. Non loin, à 1 540 m, la tour à signaux de Mir était déjà en place au 14e s. La commune avait largement dépassé les 3 000 hab. au début du 19e siècle; mais elle a cédé le territoire du Tech en 1862 et s'est dépeuplée depuis, passant par 2 800 hab. en 1911 et 1 600 en 1954; elle aurait repris 50 hab. de 1999 à 2009. Elle est le siège de la communauté de communes du Haut-Vallespir (14 communes, 10 200 hab.).

Le canton a 2 900 hab., 6 communes, 27 908 ha dont 12 761 de bois; il s'étire d'ouest en est sur 30 km le long de la frontière espagnole. Un peu en aval de Prats (7 km) et du défilé de la Baillanouse, Le Tech (El Tec, 90 Téchois, 2 518 ha dont 869 de bois, à 520 m) est la seule commune non frontalière; son finage grimpe le long de l'étroite vallée de la Coumelade, vers le NO, jusqu'au puig dels Tres Vents (2 731 m) qui est très près du Canigou; une centrale électrique a été installée sur la Coumelade, une autre sur le Tech. L'accès aux autres communes part un peu en aval. Une petite route mène vers le sud à Serralongue, puis à Lamanère, toutes deux dans le petit bassin de la Lamanère, affluent de rive droite du Tech.

Lamanère (60 Lamanérois, 2 383 ha dont 1 299 de bois), à 777 m, est assez isolée dans son haut bassin, mais se flatte d'être la commune la plus méridionale de France, du moins de la France continentale, dont le point extrême est en effet sur la crête frontière à la Coume Nègre (1 558 m). La commune a eu jusqu'à 800 hab. au 19e siècle et en avait encore 280 en 1954: c'est dire l'ampleur de l'abandon; elle a 80 résidences secondaires sur moins de 120 logements.

Serralongue (Serralonga, 250 Serralonguais, 2 304 ha dont 1 157 de bois, à 710 m), qui eut jusqu'à 900 hab. en 1851, reste un peu plus étoffée. Le village tasse ses vieilles maisons autour d'une église fortifiée. Il est dominé au sud par le mont Nègre (1 425 m) et par les tours de Cabreus, un bel ensemble avec des restes d'un château du 10e siècle, une tour défensive du 11e et une tour à signaux du 14e., qui formaient le repaire du seigneur des lieux; la commune contient un village naturiste et a 150 résidences secondaires sur moins de 300 logements. À l'extrême SE en montagne et au ras de la frontière, la forêt de Falgos abrite un golf, dépendance de Saint-Laurent-de-Cerdans.


Saint-Laurent-de-Cerdans

1 290 hab. (Laurentins), 4 508 ha dont 2 295 de bois, commune des Pyrénées-Orientales dans le canton de Prats-de-Mollo-la-Preste; Sant Llorenç de Cerdans en catalan. Ce village est un point fort du canton, après Prats et La Preste. Une route y mène directement d'Arles-sur-Tech, mais non sans détours (17 km) tandis que le village est à 24 km de Prats. Saint-Laurent fut un actif centre d'industrie: d'abord minier et forgeron jusqu'au milieu du 19e s., avant que des plantations de châtaigniers n'en fassent un lieu de fabrication de piquets de vignes et de douelles de tonneaux; surtout, apparurent en 1860 le tissage de toiles résistantes et la fabrication d'espadrilles, apportées de Vich par la famille Sans, d'où leur nom de vigatanes.

Leur fabrication employa jusqu'à 1 000 personnes et la population de Saint-Laurent put dépasser 3 000 habitants en 1911. Mode et concurrence ont eu raison de cette spécialité; la plupart des entreprises disparurent dans les années 1970, la dernière, toujours Sans, fermant en 1994. Deux artisans ont repris un discret flambeau en profitant de la demande touristique: l'un pour des toiles colorées (Toiles du Soleil, 30 sal.), l’autre pour des espadrilles (Villespir-Sandales, 25 sal.), mais avec quelques employés seulement.

La population n’a cessé de diminuer juqu’en 1999, passant sous les 2 000 hab. en 1968, et aurait regagné une cinquantaine d’habitants entre 1999 et 2009. C’est du tourisme que vit maintenant ce qui reste du village, à 675 m; on y soigne le carnaval et la fête de l’Ours, un musée d’arts et traditions et de l’espadrille, un autre village naturiste (le Clols), le golf de Falgos (avec hôtellerie). Un peu au nord, le mas de Crémadells avait été transformé en château au 18e s. La commune a deux campings (100 places) et 300 résidences secondaires sur 950 logements.

Saint-Laurent bénéficie aussi d’une entrée en Espagne par la commune voisine de Coustouges (110 Coustougiens, 1 686 ha dont 1 141 de bois, à 830 m), avec laquelle elle forme une «station verte de vacances». Celle-ci a la particularité de déborder de la crête frontière pour descendre jusqu’aux cours de la Muga au sud, et de son affluent le riou Majou (rio Mayor) à l’est, que traverse la D 3 pour passer en Espagne. Le petit village pittoresque est près du col au centre-nord de la commune, orné d’une belle église romane à tour-clocher fortifiée et carrée, sous le roc del Bau qui monte à 1 030 m. La commune compte un autre hameau plus à l’ouest, Vilaroja; elle a eu 587 hab. en 1851 et n'a cessé de se dépeupler, perdant encore 30 hab. depuis 1999; un logement sur deux est résidence secondaire. Son nom, Costoja en catalan, désigne un poste de garde exposé. Village et col virent passer des milliers de Républicains fuyant en 1939 l’Espagne devenue franquiste.