Canton de Péronne

Péronne

8 600 hab. (Péronnais) dont 580 à part, 1 416 ha, sous-préfecture de la Somme, 52 km à l'est d'Amiens dans la vallée de la Somme au confluent de la Cologne. Déjà «ville royale» en 551, cette ancienne place forte des confins du domaine royal est restée célèbre pour l'entrevue de 1468, où Charles le Téméraire crut bon d'humilier le roi Louis XI. Elle eut à subir maintes guerres; il lui reste des remparts, une porte, un château fort où a pris place l'Historial de la Grande Guerre en 1992, qui a l'originalité de présenter des visions croisées des anciens belligérants. Un autre musée, surtout archéologique et historique, est aménagé dans l'hôtel de ville, belle construction du 18e s. Péronne a aussi une église du gothique flamboyant (16e s.), un théâtre de verdure et une promenade autour de l'étang du Cam.

La ville, qui se veut fleurie, a un centre hospitalier (100 lits), un collège et deux lycées publics dont un professionnel, un collège et deux lycées privés dont un professionnel; il s'y tient chaque année un salon du livre. Elle bénéficie d'un port de plaisance, de la N 17 et du canal du Nord; l'autoroute Paris-Lille passe à 6 km à l'ouest. L’industrie y est présente, mais son plus prestigieux atelier, la Filature française de Mohair du groupe Dewavrin, issue d'une usine de 1842, a fermé en 2009. En 2004, l’usine de chips Flodor, créée en 1958 et devenue propriété italienne en 1991 (société Unichips), qui avait encore 200 salariés après en avoir employé dans les années 1990, a fermé subrepticement en 2004 en déménageant une partie des machines, dans des conditions hâtives et vivement critiquées.

Péronne a néanmoins deux zones d’activité, une pépinière d’entreprises. Le groupe états-unien Exide (60 sal.) fabrique des bacs en plastique pour batteries, le pétrolier britannique BP des lubrifiants (Castrol, 80 sal.). De moindre ampleur sont les ateliers Chantelle (lingerie féminine, 35 sal.), Vannier (agencements métalliques pour grands magasins, groupe Hermes Métal, 40 sal.) ou Erea (Études et réalisations aérauliques, 35 sal., filtration et ventilation). Dans le domaine tertiaire, figurent les transports par autocars Perdigeon (110 sal.), les transports De Rijke (50 sal.), Lucas (50 sal.) et Delaigle (35 sal.), deux supermarchés, Simply (75 sal.) et Intermarché (50 sal.), un Bricomarché (25 sal.), les négoces de pharmacie OCP (85 sal.), matériaux Gedimat (30 sal.), de matériel agricole Manuland (20 sal.), d'alimentation Saint-Bernard (20 sal.). Le canal Seine-Nord-Europe apportera à Péronne une nouvelle plate-forme d'activités, ainsi qu'un pont-canal sur la Somme.

Péronne a également été dotée du lycée agricole de Haute-Somme, partagé avec Ribemont-sur-Ancre, une maison de retraite Orpea (50 sal.). La commune de Péronne a absorbé en 1963 celle de Mont-Saint-Quentin au nord, en 1965 celle de Sainte-Radegonde à l’ouest, où se tient le village de Halles près du canal du Nord. Longtemps stable autour de 4 500 hab., Péronne a pu ainsi passer à 7 000 hab. en 1968, et à un maximum de 9 100 (sdc) en 1982, mais se dépeuple un peu depuis; elle a perdu 350 hab. de 1999 à 2008. Le maire de Péronne est Valérie Kumm, socialiste; elle a succédé en 2008 à un maire de droite (UMP), lui-même successeur d'un communiste. La ville est le siège de la communauté de communes de la Haute-Somme (22 communes, 16 700 hab.). L’unité urbaine Insee est donnée pour 9 800 hab., l’aire urbaine pour 13 600. L’arrondissement a 80 000 hab. (78 900 en 1999), 8 cantons, 169 communes, 119 954 ha.

Le canton a 16 600 hab. (17 100 en 1999), 21 communes, 19 088 ha. Il est traversé par la vallée de la Somme qui, venant du sud, tourne vers l’ouest à Péronne. Le canal du Nord le traverse du nord au sud, empruntant la haute vallée de la Somme et, au nord de Péronne, la petite vallée affluente de la Tortille. Moislains (1 350 Moislainois, 2 062 ha dont 257 de bois), 7 km NNE de Péronne, a perdu sa dernière fabrique de tissu éponge (passée de Descamps au groupe italien Bassetti), et a un centre d’aide par le travail; des phosphates avaient été exploités dans les environs jusqu’en 1955; une nécropole nationale est entretenue sur une butte boisée au nord du village; la population a diminué de 80 hab. entre 1999 et 2008. Moislains est au partage des eaux du futur canal Seine-Nord-Europe et, ce titre, en recevra une écluse et un quai céréalier. Nurlu (390 Nurlusiens, 653 ha), à la pointe NE du canton à 11 km de Péronne et 5 km de Moislains, a reçu en 2010 quatre éoliennes Gamesa (8 MW) pour Iberdrola.

Bouchavesnes-Bergen (340 Bouchavesnois, 1 009 ha dont 261 de bois), 5 km à l'ouest de Moislains, a reçu au nord de son finage une nécropole nationale et un cimetière allemand, et y conserve un grand bois; «Bergen» est une addition de 1920, en reconnaissance de l'aide apportée à la reconstruction du village par un armateur norvégien et la ville de Bergen. Il en est de même pour Allaines (450 Allainois, 836 ha), 4 km au nord de Péronne, qui est au bord du canal du Nord et comprend à l'ouest le hameau de Feuillaucourt; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2008. Allaines et Bouchavesnes partageront le lac-réservoir de Louette, futur pourvoyeur du canal Seine-Nord-Europe, qui offrira aussi un port de plaisance à Allaines.

Cléry-sur-Somme (560 hab., 1 878 ha), 7 km au NO de Péronne, est sur la rive droite du fleuve, élargi par l'étang du Haut, mais son finage s'étend en partie au sud de la vallée, où se tient le hameau d'Omécourt-lès-Cléry, sur un pédoncoule de méandre recoupé par le canal de la Somme pourvu de l'écluse de Sormont; cimetière militaire du Bois des Ouvrages à l'ouest, non loin d'un accès de l'A 1 avec péage. Cléry a gagné 40 hab. depuis 1999. Le canal Seine-Nord-Europe devrait lui apporter un quai céréalier.

Buire-Courcelles (270 hab., 776 ha), 7 km à l’est de Péronne dans la vallée de la Cologne, conserve une usine d’entoilage Intissel (ex-Lainière de Picardie, 120 sal., groupe Chargeurs) et un négoce textile Aunde (20 sal.); la commune est issue d'une fusion des années 1790. Cartigny (710 hab., 1 515 ha) est au sud-ouest de Buire de l'autre côté de la vallée de la Cologne. En aval tout près de Péronne, Doingt (1 380 hab., 861 ha) conserve un menhir nommé le Doigt de Gargantua, plus pudiquement que ses homologues de l’Oise et de l’Aisne, et inclut la banlieue péronnaise de Flamicourt; informatique Linux (20 sal.), travaux publics Eiffage (50 sal.). La population communale décroît depuis 1975 malgré la proximité de Péronne, et a encore perdu 90 hab. entre 1999 et 2008.

Au sud-est du canton, la commune d’Estrées-Mons (590 hab., 1 530 ha), 9 km SE de Péronne, qui a perdu 40 hab. dans le même temps, abrite une partie de l’aérodrome de Péronne-Saint-Quentin (code LFAG), pourvu d'une piste bitumée de 2440 m; elle est formée par les deux villoages d’Estrées-en-Chaussée et Mons-en-Chaussée, anciennes communes fusionnées en 1972 et dont les noms disent leur situation sur l’ancienne voie romaine d’Amiens à Saint-Quentin — l’une des «chaussées Brunehaut», dont la rectiligne N 29 a repris le tracé. C’est près du croisement de la N 17 et non loin de l’aérodrome que la firme nordiste Bonduelle a choisi d’installer deux grosses unités de production, l’une de surgelés (BSI, 400 sal., 95 000 t/an), l’autre de conserves de légumes (BCI, 350 sal., 130 000 t/an), occupant ensemble 50 ha. En outre, le britannique Brake a dans la commune un centre de distribution de produits surgelés (70 sal.). Brie (360 Briois, 689 ha), 9 km au sud de Péronne sur la rive droite de la Somme, accueille les transports Locatelli (50 sal.) et a gagné 50 hab. depuis 1999.

Biaches (420 Biachois, 652 ha), sur la rive gauche de la Somme face à Péronne, a une nécropole nationale; son terriroire doit être traversé par le canal Seine-Nord-Europe, qui traversera la Somme sur un grand pont-canal. Villers-Carbonnel (310 hab., 766 ha), 7 km SSO de Péronne sur le plateau, au croisement de la N 29 et de la N 17, conserve les ruines du château d’Happlincourt au-dessus de la vallée de la Somme, et une nécropole nationale; fabrique de produits chmiques de base Overchem (25 sal.), atelier de mécanique Hydro 80 (25 sal.), transports Karwicki (20 sal.); la commune avait intégré vers 1790 Happlincourt (ou Appleincourt) à l'est et Horgny à l'ouest; Pont-de-Brie est un hameau au bout du pont de la D 1029 ex-N 29, au bord de la Somme face à Brie. Des fouilles entreprises à l'occasion de la réalisation du canal Seine-Nord-Est (en cours) ont livré en 2011 des fragments d'une petite statue (21 cm) de femme callipyge datée d'environ 4 000 ans avant notre ère (culture chasséenne).

Éterpigny (190 hab., 405 ha) sur la rive gauche de la Somme, Barleux (300 Barleusiens, 746 ha) juste à l'ouest à 5 km SO de Péronne, Flaucourt (330 hab., 736 ha) longé par l'A 1 et Feuillères (150 hab., 589 ha) tout en aval sur la rive gauche de la Somme à 11 km à l'ouest de Péronne complètent la partie du canton d'outre-Somme. Feuillères a une aire de repos de l'A 1. Le canal Seine-Nord-Europe pasera également à Barleux et Villers-Carbonnel.